Françoise Mamolar et Marc Jouanny pour leur film Louisbourg, un rêve d’Amérique

Françoise Mamolar et Marc Jouanny pour leur film Louisbourg, un rêve d’Amérique

Rapport Marc Fardet

 

Au traité d’Utrecht (1713), la France perd l’Acadie péninsulaire (Nouvelle-Ecosse) mais conserve St-Pierre et Miquelon, des droits de pêche à Terre-Neuve, l’île St-Jean (Prince-Edouard) et l’île Royale (actuelle île du Cap Breton) où le gouvernement royal fait construire la ville-forteresse de Louisbourg. Marc Jouanny et Françoise Mamolar nous font revivre dans ce documentaire l’histoire mouvementée de cette enclave française au Canada, soutenue par le port de Rochefort. Chargée de défendre la ville de Québec contre une attaque navale des Britanniques, elle est le premier accostage pour les navires venant de France, de Rochefort quand on est au service du Roi, plutôt de La Rochelle, Bordeaux ou St-Jean-de-Luz quand on est commerçant ou pêcheur. Elle compte jusqu’à 10.000 habitants. En 1718, elle devient la capitale de l’île Royale. Mais les Britanniques s’en emparent en 1745, la restituent en 1748, l’occupent à nouveau en 1758 et la détruisent en 1760 (après la prise de Québec 1759) c’est la fin du Canada français. Louisbourg tombe dans l’oubli pendant près de deux siècles.
Grâce à leurs recherches très approfondies en vue de retrouver la véritable identité de Louisbourg, Katharine Mc Lennan et son père John participent à la genèse du projet de reconstruction de cette forteresse qui retrouve pleinement sa place au cœur des préoccupations sociales, économiques et culturelles des Canadiens. Deux siècles après sa destruction, le gouvernement fédéral finance la reconstruction d’environ le quart de la forteresse.
Avec le concours notamment de l’archéologue Bruce Fry et du maître d’œuvre et principal restaurateur Yyon Leblanc, elle est édifiée de 1961 à 1981. 225 mineurs sans emploi deviennent maçons ou charpentiers. C’est une reconstitution très fidèle. Tout doit être fini à la main. Une soixantaine de personnes la font revivre et elle reçoit 100.000 visiteurs par an. Ironie du sort : ceux qui ont agi en faveur de sa renaissance sont originaires de la Nouvelle-Angleterre, terre qui précipita sa destruction.Mamolar-Jouanny

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