Historique


Contributions : octobre 2017 – octobre 2018

Contributions personnelles des académiciens depuis octobre 2017

Nicole Bertin

  • Publication de son « blog » sur la culture, le patrimoine et l’actualité en Charente-Maritime.

Jacques Bouineau

  • Direction d’ouvrages :
    • Dieux et hommes. Modèles et héritages antiques, L’Harmattan
    • L’Avenir se prépare de loin, Les Belles Lettres.
  • Interventions :
    • « L’ eunomia : une clef pour mieux vivre ensemble ? » (colloque Rabat)
    • « Charles XI de Suède en quête de modèles politiques » (CEIR)
    • « William Godwin : ni propriété, ni Antiquité » (colloque Toulouse)
    • « Bonaventure des Périers et l’Antiquité » (colloque Blagoevgrad)
    • « Rapport de synthèse » (colloque Moncton)
    • « Conférence d’ouverture » (journée d’étude Rennes)
    • « Femmes et islam » (Soroptimist – La Rochelle).
  • Divers :
    • supervision de l’organisation du colloque de Blagoevgrad (Bulgarie) et des états généraux de l’Antiquité (Sorbonne).

Alain Braastad

  • Transcription des lettres (1742/1743) du négociant cognaçais Jean Martell l’Aîné, pour publication dans le tome 64 de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis.

Didier Colus

  • Recueil annoté des lettres d’émigration inédites de la grande famille saintaise de Bremond d’Ars à Pierre de Bremond d’Ars, député à l’Assemblée nationale, émigré de 1791 à 1800 ; en cours de constitution.
  • Couverture photo du colloque international annuel de Méditerranées, à Blagoevgrad/Sofia, Bulgarie.
  • Aide à la mise en forme de la thèse de doctorat en droit d’A. Djelida : « Les institutions du royaume siculo-normand », soutenue à l’université de La Rochelle.
  • Correction et mise en forme des articles du volume Dieux et hommes. Modèles et héritages antiques (L’Harmattan).

Roselyne Coutant-Bénier

  • Réception des quinze artistes « Veilleurs de Vent » en résidence à la Réserve Régionale de la Massonne, du 8 au 22 octobre 2017.
  • Communication pour la sauvegarde de l’église de la Gripperie Saint-Symphorien.

Pierre Dumousseau

  • Publication d’un nouveau livre « jeunesse », au Croît Vif : Frissons-Frissons (3 contes horrifiques de la côte atlantique).
  • Écriture d’un conte théâtralisé : Les Deux aveugles (à partir de la pièce La Fontaine aux Saints de J. M. Synge) avec Laure Huselstein de l’Ilôt Théâtre, et présentation dans le cadre de la semaine du handicap dans l’île de Ré.
  • Participation au spectacle « Jour de Fête au Village », avec l’Association des Passeurs de Temps de Fléac s/ Seugne, à Pons.
  • Participation au Festival des Amuse-Gueules, à La Rochelle.
  • Tournées en Poitou-Charentes avec les spectacles « Libertins-Libertines » (La Fontaine) ; « La Chanson du Gâs qu’a mal tourné » (Gaston Couté) ; « J’vous ai apporté des chansons » (J. Brel).
  • Diverses balades contées et veillées contes en régions saintongeaise et parisienne.

Pascal Even

  • « Sources de l’histoire des réfugiés et des étrangers dans les archives du ministère des Affaires étrangères : les dossiers de la série Guerre Vichy 1939-1945 relatifs aux étrangers et aux réfugiés », dans Réfugiés et apatrides. Administrer l’asile en France (1920-1960), Presses universitaires de Rennes, 2017.
  • « Deux diplomates et un consul. Les premiers représentants de la France aux ÉtatsUnis », dans Versailles et l’indépendance américaine, École normale supérieure d’architecture de Versailles, 2016.
  • « Le commerce rochelais et la transportation des pauvres dans les colonies sous l’Ancien Régime », Revue de la Saintonge et de l’Aunis, 2016.
  • La correspondance de l’assesseur au présidial de Saintes Dusault adressée à la Cour au tournant du XVIIIe s. », Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, 2018.
  • « Deux marchés pour la décoration de l’église Sainte-Catherine de La Flotte en 1683-1684 » [avec M. Le Hénaff], Mémoire du médecin Guillaume Martin Destrapières sur la topographie médicale de l’Aunis, 1777.

Marc Fardet

  • Conférence sur Cavelier de La Salle et La Belle (Association des Amis de la Compagnie des Indes).
  • Comme président du Comité Rochefortais de Documentation Historique de la Marine, organisation de conférences d’histoire maritime, dont une sur l’histoire de la Louisiane française par Howard Margot, et publication de deux conférences : Louisbourg dans l’Ile Royale, par É. Lem, et Que sont devenus les francophones du Canada depuis le traité de Paris de 1763 ? par J.-M. Lacroix.
  • Comme délégué de Sites et Monuments 17, participation à la Commission Départementale de la Nature, des Paysages et des sites, à la commission du secteur sauvegardé de Rochefort.
  • Membre du Comité du mémorial de la Nouvelle-France à Brouage.
  • Poursuite de l’étude sur les canons de marine en vue de leur mise en valeur.

Jacqueline Fortin

  • Avec la SEFCO : promotion de la langue, des coutumes en Poitou-Charentes Vendée.
    • Présence à Blanzac : foire aux pirons
    • Matinées : Goulbenéze, Comandon, Chapelot et Monteau
    • Journée langue à Parthenay le 24 février 2018
    • Festival de théâtre patois le 18 mars à St Jean D’Angély
    • Exposition sur le Subiet sorti en 1901 à Matha pour le bicentenaire
    • Animation pour le centre de loisirs de St-Jean d’Angély
    • Exposition « Fil en fête » à St-Jean, thème « La Noce »
  • Avec MPF :
    • Journées du patrimoine le 16 et 17 juin à Neuvicq-le-Château thème « L’homme et l’animal »
    • Participation à l’édition d’un livret sur les pigeonniers
  • Autres associations :
    • Musée de l’École de Vergné
    • Défense et promotion des Musées non classés : création d’une Fondation

Jean-François Cirard

  • Activités de Conseiller spécial en Santé publique auprès d’un projet de redressement des indicateurs de santé de la population d’un territoire très défavorisé dans la Région des Hauts de France.

Francette Joanne

  • Recherches sur l’histoire rurale en Saintonge au XVIIe siècle pour compléter la transcription du Censif de Gémozac de 1547.

Alain Michaud

  • Poursuite de la coordination des recherches et des reconnaissances de terrain en vue de la brochure Voies romaines de Saintonge pour la Société d’archéologie et d’histoire de la CharenteMaritime (SahCM) et coordination d’articles pour le Bulletin 2017 de la SahCM.
  • Poursuite de la participation à la brochure sur les Monastères et couvents disparus de Saintes ( id. ).
  • Article « À la recherche de la léproserie des Saintes », Bulletin de la SahCM 2017.
  • Publication de deux documents des XVIIe et XVIIIe s., sur un retable des Dominicains saintais et sur l’état des murailles de la ville en 1727 (Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, tome 68).

Marie-Dominique Montel

Trois nouveaux films, coréalisés avec Christopher Jones :

  • Lénine et Marcel – Un jeune français chez les Soviets (France 3/Histoire) présenté aux Rendez-vous de l’Histoire à Blois, au festival de la Courtine, au colloque d’histoire sociale de Clermont-Ferrand, le film a fait l’objet de grands articles dans Le Monde et Télérama.
  • Le mystère des Romanov (sur Histoire) et Claudia Cardinale (sur Ciné+) programmés fin 2018.
  • Datant de l’an dernier, Camille Guérin et le BCG (France 3) a été sélectionné aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois, et fait l’objet d’un événement au Palais de la Découverte à Paris, en juin.
Autres contributions :

  • Une conférence Filmer le passé sur notre travail de réalisateurs, devant l’Académie de La Rochelle.
  • Élue au Comité de surveillance de la SCAM, Société civile des auteurs multimédia.

Bernard Mounier

  • Conception, réalisation et coordination éditoriale de la Petite Encyclopédie de Talmont sur Gironde, aux éditions Inventaires des territoires.
  • Ecriture de Talmont 1917 Voilà les Américains ! pour le Grand Livre de l’association « Patrimoine vivant entre terres et estuaires ».
  • Nombreuses projections du film Talmont des deux presqu’îles.

Didier Néraudeau

  • En collaboration : « Albian flora from Archingeay (Charente-Maritime) : comparaison and synthesis of Cretaceous meso- and macroremains from the Aquitaine Basin (southwestern France) », Géodiversitas, 39(4)
  • « A review of the Late Jurassic-Early Cretaceous charophytes from the northern Aquitaine Basin in south-west France », Cretaceous Research, 79.
  • « Re-examination of the palynological content of the Lower Cretaceous deposits of Angeac, Charente, south-west France : age, palaeoenvironment and taxonomic déterminations », ibid.
  • Conférence « Témoignages fossiles de l’origine de la Vie terrestre », Barbezieux pour l’Association Fossiles & Minéraux des 2 Charentes.

Christine de Ponchalon

  • Publication d’articles techniques et d’information cynégétique dans le journal Chasseur en Nouvelle Aquitaine.
  • Secrétaire de l’Académie depuis 2016, en charge de la brochure annuelle remise lors de la cérémonie des prix, le premier dimanche d’octobre.
  • Contribue à la réalisation du diaporama illustrant cette même cérémonie.
  • Gère l’organisation pratique des réunions trimestrielles.

Alain Quella-Villéger

A notamment publié :

  • Ailleurs et libre, errant. Poèmes, lieux et ripopées (Le Carrelet, novembre 2017).
  • Loti en Amérique. De la Terre de Feu à New York (Bleu autour/Le Carrelet, mai 2018).
Autres contributions :

  • A préfacé Du Havre à Monaco par fleuves et canaux. Été 1948, par Göran Schildt (Bleu autour/Le Carrelet, mai 2018).
  • Recevra le 6 décembre prochain, avec Bruno Vercier, le prix Émile-Faguet 2018 décerné par l’Académie française pour leur édition critique intégrale du Journal intime de Pierre Loti (Indes savantes, 5 volumes, 2006-2017).

Philippe Ravon

  • Participation à une table ronde à l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA) sur la contribution des Amis des Musées à l’histoire de l’art, avec E. de Chassey, Ph. Préval, M.C. Mansencal.
  • Rédaction de catalogues de collections de peintures.
  • Expertises en tant que président, pour la région NouvelleAquitaine, de la Chambre Nationale des experts spécialisés (CNES).

Marc Seguin

  • Présidence de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis.
  • Participation au vol. LXVIII de ladite société :
    • « Enquête contre Jean Giraud, notaire et capitaine du château d’AllasBocage (1583)
    • « A propos des garnisons des châteaux saintongeais sous Henri III »
    • « Enquête relative à la haute justice de la commanderie de Civrac (1602) ».
  • Dans le Bulletin de la Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime n°44 :
    • « La maladrerie de Jonzac »
    • « La mort du ‘‘Sathan’’ de Germignac (1486) ».
  • Dans la Revue de la Saintonge et de l’Aunis, n° 42 : « La contruction navale en Saintonge au XVIe s. ».
  • Participation au colloque des Sociétés Savantes de CharenteMaritime, consacré à l’année 1517 : « Le clergé de la cathédrale de Saintes vers 1517 ».
  • Participation aux ouvrages collectifs Les Huguenots, et L’Exploitation traditionnelle de la pierre des Charentes.

Événements

Une année de l’Académie, octobre 2017- septembre 2018

Les Prix de l’Académie de Saintonge 2017
L’Académie de Saintonge qui fêtait en 2017 son soixantième anniversaire s’était attachée tout au long de l’année, fidèle en cela à sa vocation, à repérer, puis sélectionner parmi les acteurs de la vie culturelle charentaise, les 14 lauréats du palmarès 2017.
La cérémonie des Prix de l’Académie de Saintonge, le 2 octobre à Royan, a couronné ces lauréats dans un auditorium du Palais des Congrès rénové ou l’acoustique, le confort et l’esthétique avaient été les grands bénéficiaires des travaux entrepris.
Cette cuvée d’anniversaire des Prix de l’Académie de Saintonge, enrichie de projections de films et d’interventions passionnantes des lauréats, s’est achevée sur une jolie page musicale proposée par le quatuor de saxophones Bocalise, chaudement applaudi. Très émouvante et solennelle aussi, la réception officielle de deux nouveaux académiciens, Didier Colus, reçu par notre collègue Jacques Bouineau et Philippe Ravon, reçu par notre collègue Alain Michaud. En clôture, le traditionnel verre de l’amitié a réuni l’ensemble des participants face à l’océan.

Un bon « audimat »
Le succès d’une telle manifestation se mesure aux applaudissements mais aussi au nombre de sièges occupés et le nouvel auditorium du Palais des congrès nous a paru impressionnant. En réalité, il s’est bien rempli et le pointage a dénombré environ 250 spectateurs dont, comme chaque année de nombreux élus de la région. La brochure de l’Académie, offerte par l’imprimerie Rochelaise, a été tirée à 250 exemplaires qui n’ont pas été superflus. Cette revue qui réunit la présentation des lauréats, les discours des académiciens et les activités de l’Académie et de ses membres est déposée aussi à la bibliothèque nationale et aux archives de Charente Maritime à Jonzac.
Dans la presse, Les Prix 2017 de l’Académie de Saintonge ont été cités par le journal Sud-Ouest dans plusieurs de ses éditions, La Charente libre, L’Actualité Nouvelle Aquitaine, La Haute Saintonge, le blog de Nicole Bertin, le journal de Royan et, dans les medias audio-visuels et les radios, par France bleu, Radio terre marine, Demoiselles FM, RCF, etc.

L’Académie poursuit sa politique d’assemblées itinérantes de manière à entretenir ses liens avec les municipalités et les établissements culturels de la région
En novembre 2017, l’Assemblée générale de l’Académie de Saintonge s’est tenue à PontL’abbé d’Arnoult, après une visite des grandes fresques réalisées par le peintre Jean-Michel Benier dans l’église de Saint Symphorien, afin de promouvoir la restauration de ce très bel édifice. La réunion de travail et le déjeuner académique étaient organisés par notre collègue Christine de Ponchalon.
En mars 2018, l’Académie s’est réunie à l’Abbaye de Sablonceaux. Après une visite rappelant l’histoire de l’édifice religieux et de ses dépendances, le déjeuner avait été préparé par les membres de la communauté de l’Abbaye. La réunion proprement dite s’est tenue dans une propriété vinicole voisine, à l’initiative de Pierre Dumousseau qui avait veillé à l’organisation de cette journée. C’était l’occasion de faire plus amplement connaissance avec notre nouveau collègue Pascal Ferchaud et de procéder au premier tour de table pour le Palmarès de l’année. En mai 2018, c’est à Taillebourg que s’est déroulée notre dernière réunion de la saison, consacrée au deuxième tour de scrutin et aux dernières mises au point du Palmarès 2018. Dans la matinée, Alain Michaud nous avait entrainés, en compagnie des experts de la Société d’Archéologie, à la découverte des exceptionnels vestiges de l’Aqueduc Romain à Vénérand et aux alentours.

Un nouvel académicien, Pascal Ferchaud élu au 21e siège
Lors de l’assemblée générale de novembre 2017, l’Académie a procédé à l’élection d’un nouvel académicien. Monsieur Pascal Ferchaud, professeur agrégé d’Économie, historien de la vallée de la Seudre (primé par l’académie en 2014) et maire de Saujon ; il a été élu au 21e siège en remplacement de notre ami Jean-Louis Lucet, ancien ambassadeur de France et gendre de l’écrivain et académicien Pierre-Henri Simon, qui a demandé à devenir membre honoraire.

La Secrétaire perpétuelle de l’Académie française filmée par la directrice de notre Académie
Madame Hélène Carrère d’Encausse avait fait l’objet il y a quelques années d’un portrait filmé réalisé pour la chaine France 5 par Marie-Dominique Montel et Christopher Jones. Cette année, la grande historienne spécialiste de la Russie était à nouveau devant leurs caméras pour parler de la révolution d’octobre dans un film destiné à France 3, Lénine et Marcel. Entre deux prises de vue, notre directrice a pu s’entretenir des activités de l’Académie de Saintonge avec la secrétaire perpétuelle de l’Académie Française et lui remettre nos dernières brochures.

Un académicien de Saintonge distingué par l’Académie Française et le Président de la République
L’Académie française a décerné son prix Émile-Faguet 2018 à Alain Quella-Villéger, directeur adjoint de notre Académie, et à Bruno Vercier pour leur édition critique intégrale du Journal intime de Pierre Loti, parue en 5 volumes entre 2006 et 2017 aux éditions des Indes savantes : tomes I (1868-1878), II (1879-1886), III (1887-1895), IV (1896-1902) et V (1903-1913) ; au total près de 3 700 pages. Alain Quella-Villéger était parmi les personnalités présentes lorsque le président de la République Emmanuel Macron est venu annoncer à Rochefort que le futur Loto du patrimoine bénéficierait en premier lieu à la Maison de Pierre Loti.

Rapprochement inter-académique
L’Académie des Belles Lettres de La Rochelle a invité en juin, Marie-Dominique Montel, directrice de notre Académie, et Christopher Jones à prononcer une conférence sur leur métier de réalisateurs de documentaires historiques. À l’issue de cette conférence intitulée « filmer le passé », Pascal Even, président de l’Académie de La Rochelle et Marie-Dominique Montel ont décidé d’organiser en 2018-2019 un déjeuner inter-académique qui réunira les membres des deux Académies.

Réception de Pascal Ferchaud au 21e siège de l’Académie

Discours de présentation par Bernard Mounier

Bernard Mounier Pascal Ferchaud est un élu de la République, conseiller municipal de Saujon en 1973, maire depuis 2001, Vice Président de la Communauté d’Agglomération Royan Atlantique depuis 2002, Conseiller départemental depuis 2004. Mais ces titres prestigieux n’eussent pas suffit pour qu’il soit sollicité afin de rejoindre l’Académie. Déjà, en 2014, il reçoit le Prix de la Haute Saintonge pour son livre « Ribérou, baillage royal et port de mer », salué en ces termes par notre collègue Pascal Even : « L’auteur… a heureusement gardé le goût de l’histoire lorsqu’il s’est lancé dans la vie politique et c’est donc à la fois un historien et un élu que l’Académie souhaite honorer… ». Ces paroles sont à prendre à la lettre.

Pascal Ferchaud, né en 1958 à Royan, grandit dans le village de Chalons, près du Gua. Marié et père de famille, il habite depuis 1987 dans le village de L’Illate, sur la commune de Saujon.

Études secondaires techniques, faculté des sciences économiques à Poitiers, maitrise de gestion, puis agrégation en économie et gestion, il commence une carrière d’enseignant au Lycée Marguerite de Valois à Angoulême et la poursuit au lycée Jean-Hippolyte de Jonzac. Il enseigne depuis 1987 au Lycée Cordouan de Royan dans la section BTS Tourisme qu’il a contribué à fonder. En août 2017, il est promu au grade de Chevalier des Palmes Académiques. Malgré la charge de ses mandats électifs, il continue d’assurer au Lycée de Cordouan 8 heures de présence par semaine afin, dit-il, « de ne pas rompre avec la vraie vie ! ».

Sa « vrai vie » lui vaut également d’être passionné d’histoire, celle de la Saintonge notamment, celle de son canton assurément. Il fonde, en 1979, avec Jacques Andréoli, la Société d’histoire et d’archéologie en Saintonge Maritime, qu’il préside jusqu’en 2001, lorsqu’il fut élu maire. Il suit de près la vie de cette association, laquelle fait preuve d’une intense activité plurielle : ainsi, dans le numéro 2018 de son bulletin, elle traite aussi bien de « Luther et la liberté de conscience » que de la Saliculture et des Halles de Saint Jean d’Angle.

C’est d’abord dans ce cadre que Pascal Ferchaud écrit et publie divers ouvrages souvent cités par les historiens généralistes : L’Ilatte, ancienne paroisse, histoire d’une communauté villageoise des origines à nos jours ; Saujon – Le Gua 1789 an III, la Révolution dans deux cantons ruraux ; L’Épisode tragique du Vengeur , le combat naval du 13 prairial an II ; Le Château de Saujon, grandeur et décadence. Puis il édite pour son propre compte : Saujon et son canton, mémoires en images (Éd. Alan Sutton) ; Ribérou, baillage royal et port de mer (Éditions Bonne Anse, 2012, Prix de l’Académie de Saintonge en 2014).

Pour l’heure, lui qui pourrait couler, parfois, quelques jours tranquilles dans sa mairie, à l’ombre des toiles du peintre Gaston Balande, un enfant du pays, il est confronté à un problème de quota de logements. La loi dite SRU pour « Solidarité et Renouvellement Urbain », impose aux communes de plus de 3 500 habitants (Saujon en a 7 200) de construire un minimum de 25% de logements sociaux. Le maire a besoin de 50 hectares pour y souscrire. L’affaire se complique quand on sait que les terrains éventuellement disponibles sont situés soit en zone inondable soit dépendants de la loi Littoral, c’est-à-dire tous déclarés inconstructibles ! Ne pouvant répondre au quota SRU, sans dérogation possible, la commune se voit condamnée par le Préfet à une amende de 229 000 € pour 2018, l’équivalent du budget annuel de la voirie. Après avoir relu les mots d’Albert Camus « J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre… » son tempérament fougueux allié à un profond sens de l’humour, lui permet d’interpeller le Préfet en séance du Conseil Départemental et de faire une absurde proposition répondant à une situation absurde : « Afin d’échapper au quota qui m’est imposé, je propose de créer 3 communes de 2 400 habitants chacune, sur le modèle des 3 anciennes paroisses réunies à la Révolution, puis en 1893, pour constituer la ville actuelle. » Le Préfet a cru bon de répondre par une autre citation de Camus « Croire, c’est donner une forme à son destin ! » Ce qui semblerait augurer de bonnes intentions… À suivre… Dans l’immédiat, l’affaire fait « le buzz sur la toile », comme on dit en saintongeais en parlant des araignées !

Pour son amour de la Petite histoire qui fait la Grande, pour son dévouement inébranlable au service des citoyens, pour son sens radical de l’humour, nous sommes heureux et fiers d’accueillir Pascal Ferchaud parmi nous.

Discours de réponse de Pascal Ferchaud

Pascal Ferchaud Chers collègues, Mesdames, Messieurs,

Comme s’il ne suffisait pas d’être impressionné par le seul fait de mon admission à rejoindre les rangs de l’Académie, le sort veut que je sois amené à m’asseoir sur un siège précédemment occupé par une éminente personnalité : JeanLouis Lucet, lequel a sollicité et obtenu l’Honorariat. Jean-Louis Lucet, ambassadeur de France à Dakar, Tel Aviv, au Vatican, après avoir occupé de hautes fonctions diplomatiques à Washington, Londres, Le Caire…

Comme si cela ne suffisait pas pour que je sois impressionné par une telle personnalité, j’ai appris, Monsieur Lucet, que vous apparteniez, par votre mariage, à la famille de Pierre-Henri Simon, un écrivain admirable, qui fut membre de l’Académie Française et directeur de notre Académie. Chantre de la Saintonge je lui dois une part littéraire de mon intérêt pour notre territoire, tel qu’il est évoqué dans la trilogie Figures à Cordouan.

Monsieur Lucet, je vous salue avec respect et vous remercie de m’avoir donné l’occasion de relire et de faire mien le passage d’une conférence de Pierre-Henri Simon, dans lequel il parle ainsi de la Saintonge : « Pays de vieille race, classique et latine, de mesure et non de passion, pays suffisamment marqué par le voisinage de l’Océan pour être tenté par le rêve et par l’aventure, par un certain romantisme qui se modère de lui- même et qui éclate en mélancolie lucide plutôt qu’en lyrisme exalté, un pays de juste milieu, de bon sens paysan, de positivisme non exclusif d’imagination et de spiritualité… ».

En ce pays si bien compris et décrit, je me sens « beunèze », comme on dit en notre langage au point d’avoir adopté celui-ci. Né à Royan, habitant L’îlatte, près de Saujon, mes racines saintongeaises sont avérées depuis une dizaine de générations.

Permettez-moi aujourd’hui de saisir l’occasion qu’il m’est donné de parler d’un cours d’eau comptant beaucoup pour moi, un fleuve aussi discret et sauvage dans son amont qu’il est généreux en son embouchure : La Seudre.

La Seudre évoque d’abord des souvenirs d’enfance. Une enfance marquée par la présence de mes deux grands pères, tous deux nés à Saujon et dont mes parents ont eu la bonne idée de rajouter leurs deux prénoms au mien : Pascal, Maurice, Octave. Maurice, amateur de la pêche aux anguilles « à la vormée », dans le fossé de Chantegrenouille. Octave, grand pêcheur de pibales dans la « ch’nau  » de Chalons ou de la pêche « aux chancres » dans les marais de Souhe. Mon enfance au bord de la Seudre, c’est aussi l’image de mon père relevant son carrelet, près du moulin de Chalons, dans lequel des « meuilles » argentés se débattaient.

Ce sont les vacances mémorables chez ma tante Linette et mon oncle Roger, ostréiculteur à Bourcefranc et ces départs tôt le matin pour des sorties à « la marée ». Ce sont des promenades à vélo, avec mon ami Jacques trop tôt disparu, dans les marais de Saint-Martin, à la découverte des « cabirottes », ces curieuses constructions, à proximité de la demeure du Contre-amiral Renaudin, commandant du vaisseau Le Vengeur. Ce vaisseau dont les marins, pour un grand nombre, originaires des villages de la Seudre, menèrent un combat héroïque face à la flotte anglaise lors de la fameuse journée de Prairial an II, que j’ai eu grand intérêt à raconter dans un ouvrage.

La Seudre, c’est le reflet de lieux magiques comme Beauregard, le bien nommé, point de vue remarquable sur la commune de Chaillevette depuis le Train des Mouettes, L’Ile de Paradis à Étaules ou le port du même nom, Paradis, à Nieulle, rappelant l’exode des protestants persécutés, depuis l’estuaire de la Seudre vers des lieux moins hostiles.

La Seudre c’est aussi Artouan, Souhe, L’Ilatte, autant de lieux rappelant que l’estuaire de cette rivière qui, en réalité, est un fleuve puisqu’il n’est affluent d’aucun autre et se jette directement dans la mer, que son estuaire était jalonné d’un chapelet d’îlots. Ce sont les anciennes paroisses de Monsanson avec sa colline dominant le marais ou celle de Dercie avec un port d’où partaient des navires pour Terre Neuve au XVIe siècle. Ce sont également les beaux noms de Pélard, Margot, Liman, Recoulaine, autant de chenaux dans lesquels on venait charger le sel dont la production a si joliment façonné ce territoire, au fil des siècles et dont la vision aérienne est tellement extraordinaire, comme celle d’une autre planète…

La Seudre c’est enfin bien évidemment, pour moi, le port de Ribérou, ancien bailliage royal et port de mer dont j’ai tant éprouvé de plaisir à écrire l’histoire. Le port de Ribérou c’est enfin le port duquel nous partons le plus souvent possible avec Marie mon épouse, à bord d’une petite embarcation pour un resto caché sur le port de La Grève à La Tremblade avant d’accoster un moment sur les quais de la « perle de la Seudre » qu’est le bourg de Mornac.

La Seudre, ma Seudre, c’est, vous l’avez compris, une partie de moi-même. Et ce qui m’enchante encore davantage, c’est d’en avoir transmis l’amour à mes enfants. Comme j’espère l’avoir un peu transmis à vous-mêmes aujourd’hui, chers collègues, mesdames, messieurs !

Panorama de l’année culturelle Saintongeaise en 2018

Discours d’ouverture des Prix de l’Académie de Saintonge 2018 : Marie-Dominique Montel

Directrice de l’Académie de Saintonge

01 montel Mes chers collègues de l’Académie, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs les représentants des institutions culturelles et de la presse, mes chers amis, je suis heureuse de vous retrouver à Royan pour notre Cérémonie des prix 2018 de l’Académie de Saintonge. Je tiens à exprimer notre reconnaissance à la Ville de Royan et à son maire M. Patrick Marengo pour leur soutien généreux et fidèle depuis de longues années et leur accueil dans cette salle Jean-Gabin. Je voudrais également remercier le département de la Charente-Maritime, à nos côtés depuis toujours, pour nous aider à organiser cette cérémonie.

Les lauréats que nous allons couronner dans quelques instants se verront décerner des prix qui portent le nom des mécènes qui les ont fondés. Il y a, parmi eux, des collectivités et des particuliers. Et je voudrais ici remercier comme ils le méritent ces mécènes qui financent nos prix de l’Académie et sans qui ils n’existeraient pas. Il s’agit de la Ville de Marennes, la Ville de Rochefort, la Ville de Royan, la Ville de Saintes, la Communauté d’agglomération Royan-Atlantique, la Communauté de communes de la Haute-Saintonge, le Mémorial de la NouvelleFrance qui finance le prix Champlain, l’Aquarium de La Rochelle qui finance le prix de la Mer, monsieur Patrice Roquefeuil pour le prix Dangibeaud et le prix Jehan Delatour de Geay, madame Christine Sébert-Badois pour le prix Jacques et Marie-Jeanne Badois, madame Francette Joanne pour le prix Louis Joanne, madame Roselyne Coutant pour le prix de l’innovation René Coutant. Et la liste n’est pas close. Permettez-moi d’en profiter pour vous dire que si certaines collectivités locales ou certaines personnes présentes ici souhaitent financer un prix de l’Académie et sont uniquement retenues par une bien compréhensible timidité naturelle, je les encourage chaleureusement à la surmonter !

Établir un palmarès qui se monte cette année à treize prix, tout en restant d’une exigence extrême sur la qualité des travaux récompensés, cela demande beaucoup de travail. Ce serait une erreur monumentale de penser que l’Académie de Saintonge n’est qu’une sorte de club d’amis érudits et sympathiques, bien que l’amitié y tienne sa part, que l’érudition soit requise et que les académiciens soient extrêmement sympathiques. En réalité l’Académie rassemble des talents et des sommités dans leurs domaines qui sont variés pour nous permettre de couvrir les champs de la connaissance, de la recherche, de la création. Il y a des scientifiques, des historiens, des hommes et femmes de lettres, des experts en art, en archéologie, des spécialistes du patrimoine, des personnalités de l’audiovisuel ou de la diplomatie. Ils ont comme mission de surveiller en permanence ce qui se fait de mieux dans leur champ d’expertise, mais ce sont aussi des gens d’ici, particulièrement au fait des créations et des travaux entrepris par les hommes et des femmes de la région. Chaque année, c’est un travail méticuleux et de longue haleine, chaque membre de l’Académie recense et signale aux autres les personnalités qui, dans son domaine, mériteraient d’être primées…

Ainsi vingt-cinq personnes se mobilisent à chaque saison, enquêtent chacune de leur côté avant de se réunir à plusieurs reprises pour examiner les propositions, retenir les plus valables, élire enfin les lauréats de l’année. Il faut également écrire et faire réaliser la brochure que vous avez entre les mains, monter et organiser cette cérémonie des prix, faire fabriquer et graver les médailles, rester en communication avec nos généreux mécènes. Je salue particulièrement le travail d’Alain Quella-Villéger, notre directeur adjoint, et de Christine de Ponchalon, notre secrétaire, et de tous nos collègues qui ne ménagent pas leurs efforts pour faire fonctionner l’Académie.

Et ça marche depuis plus de soixante ans ! Cela ne tient pas seulement du miracle, cela tient à beaucoup de compétences, d’enthousiasme, pas mal de générosité et beaucoup de travail. Et je vous demanderai de ne pas ménager vos bravos aux membres de l’Académie de Saintonge à qui je vais demander de se lever… sous vos applaudissements.

Nous allons procéder tout à l’heure à la réception d’un nouvel académicien, Pascal Ferchaud, professeur agrégé d’économie, auteur de plusieurs ouvrages d’histoire régionale en particulier sur la Seudre et Saujon dont il est le maire. Notre collègue, l’ancien ambassadeur de France Jean-Louis Lucet ayant demandé à devenir membre honoraire, Pascal Ferchaud a été élu à son siège, le 21e de l’Académie. Il a été élu au mois de décembre, il a déjà assisté à nos réunions, il devient officiellement académicien à partir d’aujourd’hui.

À ce propos, pour ceux qui se demandent encore pourquoi les membres de l’Académie de Saintonge sont titulaires de simples sièges tandis que ceux de l’Académie française ont des fauteuils, je rappellerai l’histoire. Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française et avec qui je parle de temps en temps de notre Académie de Saintonge, m’a expliqué le fin mot de l’affaire. Jadis les académiciens français eux aussi avaient de modestes sièges. Tous semblables. Jusqu’au jour où ils élurent parmi eux un prince très cultivé, mais un prince du sang tout de même qui décida, eu égard à son rang, d’apporter à l’Académie pour son propre usage un très beau fauteuil. L’Académie qui était égalitaire s’en émut un peu. Le roi fut informé. C’était Louis XV, un roi qui avait de l’esprit. Il fit livrer illico trente-neuf fauteuils identiques !

J’en reviens à l’Académie de Saintonge, nous ne sommes pas quarante, mais vingt-cinq : dix-sept académiciens et huit académiciennes que l’on reconnaît, comme on dit, à leur plumage chatoyant. Et je me suis aperçu en dressant la liste de leurs professions qu’il y en avait une qui ne figurait plus dans notre cénacle, que d’ailleurs on n’enseigne guère à l’université et qui avait disparu sans qu’on s’en émeuve sur le curriculum vitæ et les cartes de visite, alors que c’était comme l’ostréiculture, le cognac, la construction navale, l’une des spécialités reconnues et appréciées de notre région, une sorte d’artisanat local qui faisait notre renommée.

Je veux parler du beau métier d’explorateur. Un métier exercé par Jules Champlain, natif de Brouage parti au Canada ; par Aimé Bonpland de La Rochelle, en Amérique du Sud ; les frères Lesson de Rochefort, dans le Pacifique ; René Caillié de Mauzé-sur-le-Mignon, à Tombouctou ; Henri Coudreau né à Sonnac, en Amazonie avec sa femme Octavie ; Nicolas Baudin de Saint-Martin-de-Ré, en Australie ; Jean-Constant Quoy de Saint-Jean-de-Liversay, en Océanie ; François Fresneau de Marennes, en Guyane d’où il rapporta le caoutchouc et la pomme de terre dont Parmentier sut si bien faire la publicité. Notre Académie, dans son jeune temps, a été dirigée par l’arrière-arrière-petit-fils de ce François Fresneau : François de Chasseloup-Laubat, explorateur dans les jungles de Malaisie en 1928, dans le Pérak et le Pahang, puis au Sahara et dans le Hoggar en 1935 jusqu’au lac Tchad, dont il effectue la première traversée de Fort-Lamy à Nguigmi. Ses précieux résultats scientifiques lui valent la médaille d’honneur de l’Institut Pasteur. Il fut l’un des fondateurs de l’Académie de Saintonge et devint son directeur dans les années 60.

Si le métier d’explorateur se rencontre moins, est-ce que le moule est cassé ? Pour peu que nous réfléchissions, force nous est d’admettre que nous venons tous de loin. Chacun de nous est héritier d’une longue lignée, faite de générations qu’il ne connait pas et chacun a été déterminé par des enchaînements d’événements inextricables qu’il n’avait, pour la plupart, pas choisis. Rien de tout cela n’impliquait que nous puissions avoir l’envie et la capacité d’être là ensemble aujourd’hui. Rien, sinon peut être une petite étincelle que nous avons en commun, un attrait pour les découvertes, cette étonnante disposition de l’esprit qui fait… les explorateurs.

Le palmarès 2018 de l’Académie de Saintonge

medaille_academie_nb

Dominique Chartier, pour son œuvre dans le domaine du théâtre et du spectacle vivant

Prix Madeleine La Bruyère

Dominique Chartier, pour son œuvre dans le domaine du théâtre et du spectacle vivant

Rapport : Pierre Dumousseau

Dominique Chartier Pur produit de notre Saintonge, Dominique Chartier est né à Saintes il y a 71 ans et il y réside depuis plusieurs décennies. Professeur d’histoire-géo au collège Quinet, tous ses loisirs et ses passions s’y sont épanouis en une multitude d’actions et d’engagements pour la « cause théâtrale ».

D‘abord au sein de l’Amicale laïque -où déjà son père occupait la scène- dont il fréquenta le groupe « Jeunes » et où il connut son premier rôle dans l’Alouette d’Anouilh ; il en prit rapidement la responsabilité dès 1972, à la fois président, comédien et metteur-en-scène. En 1978 la troupe prend le nom de « Théâtre de l’Ombre » ; il en demeurera l’animateur jusqu’à ces dernières années où il cède peu à peu les rênes à de « jeunes » metteurs-enscène, mais continue à œuvrer comme acteur (cf. le rôle de Priam dans la Guerre de Troie).

Passionné de théâtre, il eut surtout le besoin de faire partager cette passion au plus grand nombre ; c’est dans cet esprit de partage qu’on trouve l’origine de « Théâtre en été », un festival de troupes de théâtre amateur incluant sur la semaine un spectacle professionnel ; puis les « Rencontres départementales de Théâtre Amateur », se déroulant sur Saintes ou Jonzac ; pour aboutir enfin à l’action « Théâtre à Saintes », menée de 1978 à 1987 et axée sur la diffusion de spectacles professionnels qui anticipèrent le projet théâtral de l’Abbaye-aux-Dames… dont il devint inévitablement président de 1988 à 2003. Cette année-là l’Association Gallia a été créée, prenant alors en charge la programmation théâtrale de la ville de Saintes. Dominique fut président du Gallia de 2003 à 2015, travaillant en étroite collaboration avec le directeur : Michel Roudier.

Dans ses choix théâtraux Dominique a toujours eu à cœur de se mettre au service de grands textes d’auteurs prestigieux (Giraudoux, Anouilh, Roblès, Grumberg, Frisch, Brecht, Ribes, Vaclav Havel, Vinaver, etc), restant dans un théâtre populaire mais jamais démagogique, ni « facile », ni élitiste. Pour les multiples facettes de ses activités au service du spectacle vivant, l’Académie de Saintonge lui remet le prix Madeleine La Bruyère, aïeule de notre ancien Directeur qui succéda un temps à Dominique à la présidence de l’Abbaye-aux-Dames.

François Baudin, photographe des rallyes automobiles

Prix de la Haute Saintonge

François Baudin, photographe des rallyes automobiles

Rapport : Nicole Bertin

François Baudin Parmi les grands photographes que compte la région, le Pontois François Baudin est spécialiste des rallyes automobiles internationaux et, en fin d’année dernière, il a remporté en Australie le prix ‘‘WRC (World Rallye Championship) photographer of the Year 2017 », avec un cliché de Sébastien Ogier en action lors du rallye de Suède. Cette photo a fait de lui le photographe de l’année.

Comment a-t-il commencé ? « J’ai toujours aimé les courses de voitures. Dans les années 1980, avec deux copains, nous nous sommes lancés dans l’aventure », se souvient-il. Mais François Baudin a un autre projet. Les photographes ne sont pas très nombreux sur les grands rallyes internationaux. Il a donc une place à prendre. Le voilà sur les starting-blocks ! Son premier grand déplacement professionnel a lieu en 1987 en Jordanie où il rencontre le futur Roi Abdallah. À cette époque, il travaille avec un Nikon argentique qui précède les appareils numériques et les transmissions par Internet.

Il s’inscrit chez SIPA-Press, puis à l’agence DPPI média avant de créer sa propre société, l’agence Austral. François Baudin a suivi 400 rallyes dans le monde, de la Nouvelle-Zélande à Monte-Carlo en passant par le Portugal, l’Argentine, la Grèce, l’Australie, le Mexique, la Corse et le Ballon d’Alsace ! S’y ajoutent des grands prix de Formule 1 et des Paris-Dakar. En octobre prochain, il sera présent aux rallyes d’Angleterre et d’Espagne. On retrouve ses photographies dans les grands magazines, Échappement, Auto-Hebdo, Sport-Auto, L’Équipe, L’Équipe-Magazine, Le Figaro, Autopista, Speedweek, Autosport, Chasseur d’Images, Profession Photographe, etc…

S’il a fait de sacrées rencontres, Sébastien Loeb ou Sébastien Ogier en particulier, il n’en reste pas moins attaché à ses racines saintongeaises. Il a réalisé plusieurs expos dans la région dont la dernière en date « Vitesse lente » a été présentée en juillet dernier au donjon de Pons.

Xavier Bertin, géologue CNRS, pour ses travaux sur l’érosion et la protection des rivages

Prix de l’innovation / René Coutant

Xavier Bertin, géologue CNRS, pour ses travaux sur l’érosion et la protection des rivages

Rapport : Jean-François Girard

Xavier Bertin Xavier Bertin est rochelais, chercheur au CNRS et passionné par les relations entre la terre et l’océan, le long des côtes. Il a toujours été fidèle à la Charente-Maritime : il est né à La Rochelle puis a grandi à Saintes avant de faire de brillantes études à l’Université de La Rochelle où il a soutenu sa thèse de géologie marine/océanographie puis obtenu son habilitation à diriger les recherches. Après trois ou quatre ans passés au Laboratoire National d’Ingénierie civile du Portugal, il entre au CNRS et alors qu’il n’a pas quarante ans, il est déjà promu directeur de recherche et dirige l’Equipe de recherche ‘’Dynamique physique du Littoral » à l’Unité mixte de recherche dénommée ‘’Littoral Environnement et Sociétés » et associant l’Université de La Rochelle et le CNRS.

Ainsi armé, Xavier Bertin concentre ses recherches sur les processus physiques contrôlant la dynamique hydro-sédimentaire des côtes, les variations spatio-temporelles des forces liées aux marées et aux vagues et enfin – cela nous parle à nous tous – Xavier Bertin travaille sur l’hydrodynamique des zones littorales pendant les événements extrêmes. Vous l’avez compris : Xavier Bertin construit des recherches qui puisent dans les mathématiques et la physique pour comprendre les phénomènes complexes qui caractérisent la vie de nos côtes.

Mais Xavier Bertin ne s’arrête pas là. Il veut nous faire comprendre le résultat de ses recherches et les conclusions que l’action publique peut en tirer. Lisez ses articles dans Sud-Ouest. Ne ratez pas ses conférences publiques. Vous comprendrez que l’intelligence humaine est à l’œuvre pour faire face à l’affrontement entre la terre et l’océan.

L’association « L’Écriture prend le large », pour l’organisation du Salon du livre de Thénac

Prix Louis Joanne

L’association « L’Écriture prend le large », pour l’organisation du Salon du livre de Thénac (Françoise Souan)

Rapport : Didier Colus

Association L'Ecriture prend le large Nous vivons des temps difficiles. Temps où l’obscurantisme tend à empiéter sur les Lumières, temps de l’éphémère, du superficiel, de l’anecdotique. Temps de publicité, d’argent fou, d’ignorance érigée en vertu. Temps, que l’on croyait disparu à jamais, où la barbarie ronge comme une taupe les racines de l’humanisme. Dans ce contexte à peine noirci, les résistants ont beaucoup de mérite et plus encore d’utilité. Surtout lorsque, de simples résistants, ils deviennent des militants, ad majorem sapientiae gloriam.

Tel est le cas de la belle association L’Écriture prend le large, de Thénac. Rien ne lui échappe de ce qui constitue le domaine de l’écriture, de la création à la transmission, de la citoyenneté au partage. Car elle a compris depuis longtemps que l’accès à la lecture est un enjeu social essentiel, ce trésor qui offre à tous enrichissement de la réflexion, intelligence des idées et des choses, et finalement construction de soi.

Voilà un groupe de passionnés qui anime des ateliers d’écriture et de lecture dans les écoles et les quartiers difficiles ; qui invite auteurs et conteurs dans collèges et lycées ; qui force pacifiquement la porte des prisons et va jusqu’à proposer des lectures aux tout-petits et à leurs nounous… Qui, apothéose de l’année, organise un festival à la renommée désormais plus que régionale. Ici, au mois de mars, – quelle surprise pour Thénac, 1 800 habitants ! – l’on côtoie les plus grands noms et jusqu’au prix Nobel, avec cette ambition d’ouvrir le monde à la Saintonge et la Saintonge au monde, le voyage en étendard.

Leur présidente, Françoise Souan, inlassable et généreuse activiste de la culture, représente ici cette digne association à laquelle l’académie de Saintonge, en grande sœur, est fière d’apporter sa reconnaissance et son soutien.

Gérard Moitrieux et Pierre Tronche, pour « Saintes, la cité des Santons et Angoulême »

Prix de la Ville de Saintes

Gérard Moitrieux et Pierre Tronche, pour leur livre sur la sculpture antique : « Saintes, la cité des Santons et Angoulême »

Rapport : Alain Michaud

Gérard Moitrieux et Pierre Tronche On n’a aujourd’hui qu’une idée imparfaite et fragmentaire des étonnantes richesses retirées du sol et du rempart gallo-romain de Saintes ; faute d’un véritable musée archéologique, celles-ci étaient présentées de façon spectaculaire mais incommode et peu didactique dans le lapidaire du quai de la Charente, entassées voire empilées dans les hangars de la Sncf, ou, pour certaines, déposées sur des ronds-points de la ville. Actuellement, l’état inquiétant du musée a nécessité le déménagement des collections qu’il renfermait dans un entrepôt qu’on espère provisoire.

En contrepoint, deux archéologues, Gérard Moitrieux, professeur émérite de l’université de Brest et Pierre Tronche, enseignant chercheur retraité, élève du professeur d’antiquités Louis Maurin, et qui a dirigé les sondages du camp romain d’Aulnay de Saintonge, ont mené pendant trois ans de scrupuleuses investigations jusqu’aux États-Unis pour nous livrer dans un très beau tome, le cinquième du Recueil général des sculptures sur pierre de la Gaule, l’inventaire et l’étude exhaustive des productions gallo-romaines de ces deux cités. Encore que de l’avis même des auteurs, ⅓ environ des œuvres aient été vendues, dispersées ou perdues.

L’ouvrage qui comprend plus de 200 pages et 186 planches, paraît dans une collection éditée par la prestigieuse Académie des inscriptions et belles lettres, gage du grand sérieux de ce travail.

En attendant le futur musée archéologique saintais que l’on espère depuis si longtemps, ces deux chercheurs nous livrent, dans un musée imaginaire que n’aurait pas désavoué André Malraux, le panthéon de la cité saintaise, avec ses dieux et ses déesses mères, les scènes de la vie quotidienne sculptées sur les stèles funéraires, en fait toute une partie du visage ressurgi de Mediolanum. Espérons que nous n’aurons plus longtemps à attendre avant d’admirer toutes ces œuvres, enfin réunies sous nos yeux et présentées dans des locaux dignes d’elles.

Raphaël Musseau, CNRS, pour ses travaux de surveillance de la faune de l’estuaire

Prix Royan-Atlantique

Raphaël Musseau, CNRS, pour ses travaux de surveillance de la faune de l’estuaire

Rapport : Bernard Mounier

Raphaël Musseau Raphaël Musseau est ingénieur de recherche en écologie. Chargé d’Enseignement à l’Université Jean Monnet (Saint Etienne), il dirige BioSphère Environnement, institut de recherche associatif basé à Mortagne-sur-Gironde. Cet organisme pilote différents programmes de recherche dans le domaine de la biologie et développe un travail de médiation scientifique sur la conservation des écosystèmes. En Charente-Maritime, BioSphère Environnement porte un intérêt aux zones humides estuariennes, dans le contexte du changement global (réchauffement climatique, élévation du niveau marin…).

Ces travaux font l’objet de publications dans différentes revues scientifiques internationales et sont développés en partenariat avec des organismes tels que le Muséum National d’Histoire Naturelle, le Conservatoire du Littoral, le Conseil Départemental de la Charente Maritime, le CNRS ou encore l’INRA. Ces travaux, qui portent en particulier sur la question de l’importance des zones humides du littoral atlantique pour les oiseaux migrateurs, sont mis en place avec la collaboration d’équipes scientifiques européennes ou africaines.

C’est par exemple à ce titre que Raphaël Musseau a mis en évidence comment les marais littoraux de l’estuaire de la Gironde constituaient l’une des plus importantes escales migratoires connues à ce jour pour une espèce mondialement menacée : le Phragmite aquatique, petit oiseau dont il reste moins d’individus sur la planète que d’Ours polaires. Rien que pour nous avoir fait connaitre le nom de cette espèce, Raphaël Musseau eut mérité un Prix de notre Académie !

Véronique Bergonzoni, pour la mise en valeur de l’Abbaye de Trizay

Prix Jacques et Marie-Jeanne Badois

Véronique Bergonzoni, pour la mise en valeur de l’Abbaye de Trizay

Rapport : Christine de Ponchalon

Véronique Bergonzoni Il y a trente ans, le prieuré de Trizay était une exploitation agricole. En 1989, la commune l’achète et entreprend de restaurer les bâtiments encore existants. De ce qui a été détruit, restent tout de même des hypothèses permettant de se faire une idée assez précise de la beauté et de l’ampleur du site ayant appartenu à la puissante abbaye de La Chaise Dieu dans le département de la Haute-Loire. Ce vaste chantier a duré quinze ans. Restait à faire connaître et vivre ce patrimoine roman emblématique de la Saintonge. Cette lourde tâche continue avec un important programme de valorisation du site.

De 2 300 visiteurs en 2014, la fréquentation est passée aujourd’hui à 9 000. Un service pédagogique propose des programmes éducatifs à destination des élèves et des expositions.

Trizay est membre du réseau Abbatia regroupant seize abbayes de Nouvelle Aquitaine et travaille en lien avec ses universités.
Reste encore beaucoup de travail, mais l’équipe de l’abbaye n’est pas avare de projets…

Guy Martinière et Jean-Bernard Vaultier pour le livre « Les Voyageurs charentais et la redécouverte des Amériques »

Prix Champlain

Guy Martinière et Jean-Bernard Vaultier pour le livre « Les Voyageurs charentais et la redécouverte des Amériques » (Le Croit vif / Indes savantes)

Rapport : Alain Quella-Villéger

Guy Martinière et Jean-Bernard Vaultier Ce prix est en quelque sorte une suite logique à celui remis l’an passé à Olivier Desgranges pour sa publication autour des papiers Lesson et s’inscrit dans la vision d’une région ouverte sur le vaste monde, poreuse et curieuse. Cette année, nous récompensons la direction jumelle d’un ouvrage collectif par Guy Martinière et Jean-Bernard Vaultier : le doyen et le doctorant, en quelque sorte ! Le premier, qui a grandement porté la naissance de l’Université de La Rochelle, est devenu définitivement rochelais ; le second a passé à l’Astrolabe comme au muséum de cette ville de nombreuses années professionnelles et soutenu en 2009 une thèse précieuse pour la connaissance des sociétés savantes de notre département au XIXe siècle.

Quant aux Voyageurs charentais et la redécouverte des Amériques, au XVIIIe et XIXe siècles, voilà un livre qui offre un beau programme de voyage. Nous y retrouvons des explorateurs déjà bien visibles dans notre histoire régionale, comme Lesson justement, ou bien Aimé Bonpland auquel Guy Martinière s’est par ailleurs beaucoup intéressé, Alcide d’Orbigny aussi, et d’autres moins connus du grand public dont Jean-René Quoy, Henri Coudreau, Élisée Trivier. Ce livre nous emmène avec eux sur les rives du rio de La Plata, en Amazonie, à Cayenne, à Lima, au Cap Horn.

Quel rapport avec un prix dédié à Champlain ? Cette publication fait partie d’un programme de recherches lancé à la fin des années 90 à l’Université de La Rochelle, sur les découvertes et explorations du Nouveau Monde, de l’Amérique latine à la Nouvelle-France, du Mississipi au Québec. C’est donc aussi cette présence française sur le sol américain, dans sa couleur saintongeaise, qui est ici saluée grâce à ces travaux passionnants.

Jean-Paul Lagardère, pour ses travaux scientifiques

Prix de la mer / Aquarium de La Rochelle

Jean-Paul Lagardère, l’homme qui écoute les poissons, pour ses travaux scientifiques

Rapport : Roselyne Coutant-Bénier

Jean-Paul Lagardère Jean Paul Lagardère obtient un D.E.A. en Océanographie biologique à l’université de Marseille en 1966 puis un Doctorat és Sciences Naturelles en 1976. Ses recherches sur sa thèse D’État, ont concerné le peuplement de l’étage bathyal ou pente continentale s’étageant entre 200 et 1100m de profondeur. L’étude des populations de crustacés très denses qui colonisent cette pente sous-marine obscure posait la question de savoir qu’elle était le fondement énergétique d’un tel dynamisme.
Après avoir mis en évidence un accès à l’énergie solaire grâce à l’utilisation des algues phyto-planctoniques de la couche de surface océanique par des populations de crevettes translucides.

Mais comment ces prédateurs parviennent-ils à localiser leurs proies dans l’obscurité ? la signature acoustique (sonore et vibratoire) du déplacement de ces proies apparaissait comme le signal probable, capable d’être détecté par le prédateur.
Cette probabilité ouvrait un champ de recherches beaucoup plus vaste sur l’importance des signaux sonores et vibratoire dans le milieu sous-marin catalogué alors de « Monde du silence ».

Jean Paul Lagardère mis ainsi sur pied en France une recherche bioacoustique dans les années 80 (ce qui relevait de l’utopie surtout de la part d’un biologiste). Il participe à la création du Centre de Recherche en Écologie Marine (CREMA) de l’Houmeau en 1985, Enseigne à l’Université de Pierre et Marie Curie, et devient Directeur de Recherches au CNRS. Enfin, c’est la communication sonore des poissons qui a fait l’objet de ses dernières années de recherche, elle a débuté par l’analyse des sons émis par le poisson clown, enregistrés dans l’Aquarium La Rochelle.

Fabrice Rousselot, pour le site « Conversation France »

Prix de la Ville de Marennes

Fabrice Rousselot, pour le site « Conversation France »

Rapport : Jacques Bouineau

Fabrice Rousselot Fils d’ostréiculteur, né en 1964 à La Tremblade, marié à une Américaine et père de trois enfants, Fabrice Rousselot n’a jamais oublié sa patrie d’origine, ni ses racines, ni la marque de fabrique de l’estuaire de la Seudre : l’huître. Il fait d’abord des études au CELSA (Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées), c’est-à-dire en fait l’école des hautes études en sciences de l’information et de la communication (département de la faculté de lettres de Sorbonne Université, situé à Neuilly). Entré à Libération à l’âge de 23 ans au service international, il devient correspondant à New York, à Londres, puis directeur de la rédaction du journal. Il est par ailleurs auteur de deux ouvrages sur l’actualité internationale et d’un roman.

Il est aussi un énorme travailleur. Cette dernière qualité lui a permis de créer un journal électronique, The Conversation France, original dans sa conception, la diversité des sujets abordés et son intelligence portée sur le monde. Au départ un désir : placer l’expertise au cœur de l’information. D’où l’idée de faire appel à des universitaires, pour qu’ils viennent offrir leur regard, inciter au débat, lancer des débats. De l’autre côté de la terre, quelque chose pouvait ressembler à un modèle : en Australie, Andrew Jaspan avait lancé The Conversation. Et si les universitaires français acceptaient de jouer ce jeu-là ? Fabrice Rousselot a donc prospecté par sondages, réuni une équipe de journalistes expérimentés pour animer le site et veiller à sa qualité. The Conversation France était née. Sa lettre électronique peut tomber chaque matin sur vos écrans, et c’est un bonheur. Bientôt, elle s’appellera La Conversation et ce sera un plus grand bonheur encore.

Mais bien sûr, la presse papier vit toujours. Cela fait des lustres qu’elle s’adapte : tenez, à Libération, Fabrice Rousselot a même écrit un jour un article sur les ostréiculteurs et le rugby. Et puis, en 2007, pour les moins sportifs, il osait poser cette question essentielle – et y apporter réponse – dans les colonnes de Libération : « Comment peut-on ouvrir une huître sans finir sa journée aux urgences ? »

Jean-Jacques Bernard et Olivier Doat, pour leur film « André Bazin, le grand critique de cinéma charentais »

Prix Jehan Delatour de Geay

Jean-Jacques Bernard et Olivier Doat, pour leur film « André Bazin, le grand critique de cinéma charentais »

Rapport : Bernard Mounier

Jean-Jacques Bernard et Olivier Doat Jean-Jacques Bernard et Olivier Doat ont réalisé un film documentaire de 52’, vibrant hommage à André Bazin, un des plus grands critiques de cinéma de l’époque contemporaine, inspirateur des cinéastes de la Nouvelle Vague, co-fondateur des Cahiers du Cinéma.

Arrivé à La Rochelle à l’âge de 5 ans, Bazin y passe son bac et suit les cours à l’Ecole Normale où il échoue au concours. Dégouté, il monte à Paris. Passionné de cinéma, il multiplie, à partir de 1943, les critiques de films que les grands journaux s’arrachent bientôt, tant elles sont acérées, justes, réelles et convaincantes (plus de 2 500 lui sont attribuées). Il revient souvent à La Rochelle où son père, employé de banque, avait créé, dès 1947, l’un des premiers ciné-clubs de France, La Lanterne magique, dont il devient le parrain d’honneur. En 1949, Le journaliste rochelais Jean-Louis Rieupeyrout écrit dans Sud-Ouest : « J’allais le saluer dans la maison de ses parents, près du Dragon, à son retour de Biarritz où venait de se dérouler le festival du film maudit présidé par Jean Cocteau. Je le trouvais en famille, accompagné d’un adolescent qu’il me présenta : François Truffaut… ». Car Bazin s’était pris d’amitié pour ce dernier et pour ses amis : Rohmer, Chabrol, Godard, Rivette…

Sans avoir eu le temps de réaliser son documentaire sur les églises romanes d’Aunis-Saintonge, Bazin meurt d’une leucémie à 40 ans, en 1958, le premier jour du tournage des 400 coups . Le film de Bernard et Doat, parsemé d’extraits de films dont Bazin a parlé, lui redonne justement la vie.

Benjamin Caillaud, pour « Fernand Braun, photographe des Charentes »

Prix de la Ville de Royan

Benjamin Caillaud, pour « Fernand Braun, photographe des Charentes » (Presses universitaires de Rennes)

Rapport : Alain Quella-Villéger

Benjamin Caillaud Originaire de la commune de Bourcefranc-Le Chapus, Benjamin Caillaud se définit comme « historien du littoral ». S’il est lui-même photographe, en particulier du monde ostréicole et encore l’été dernier pour une exposition tenue au Château-d’Oléron, c’est comme spécialiste de l’œuvre du photographe et éditeur de cartes postales Fernand Braun (18521948), que nous le recevons aujourd’hui pour ce prix de la Ville de Royan fort justifié.

Fernand Braun (1878-1920), venu d’Angoulême, s’est installé en cette ville balnéaire en 1895 avec un atelier de « photographie artistique et industrielle » (dit sa publicité en 1920). N’a-t-il pas été, dans la lignée de Victor Billaud, l’un des inventeurs, sinon du tourisme sur la Côte d’Argent, en tout cas de son image et de son imaginaire publicitaire grâce à l’âge d’or de la carte postale notamment.

Plus de 4 000 photos d’une rare élégance, d’une juste pertinence documentariste et, aujourd’hui, d’un réel intérêt ethnographique ou esthétique, célèbrent les Charentes, et particulièrement la ‘‘Côte de Beauté » : visages, métiers, paysages, phares, rien n’y manque des pages comme des églises, des villas chics comme des écoles, épave de goélette paimpolaise échouée ou bien château de la Roche Courbon, sans oublier même l’arrière au temps de la Grande Guerre.

Benjamin Caillaud démontre sa grande érudition dans cet ouvrage universitaire essentiel, mais il faut souligner aussi son souci appréciable de toucher le grand public, comme avec l’exposition qui s’est tenue au musée de Royan en 2015. Il faut donc l’en féliciter doublement !

Hortense Dufour pour son roman « Port-des-Vents »

Grand prix 2018 de l’Académie de Saintonge

Hortense Dufour pour son roman « Port-des-Vents »

Rapport : Didier Colus

Hortense Dufour Hortense Dufour fait partie de ces auteurs qui, pour être devenus parisiens, n’en ont pas moins gardé à leurs semelles un peu de terre de la petite patrie d’origine.

Le Port-des-Vents que nous saluons aujourd’hui en est, après bien d’autres de la même plume, une éclatante illustration. On trouve là une sorte de kaléidoscope poétique, homérique presque, où, en un maelström de passions muettes et exaltées, se mêlent et s’entremêlent la vie, la mort, la menace du large et l’effroi de Maumusson, l’acharnement à survivre et à reconstruire. Le tout porté par l’immuable, l’éternel et silencieux courage des femmes, une dynastie de cinq caractères de bonne race.

Cette terre, Port-des-Barques, que je connais si bien, est ici peinte au naturel, mais un naturel vaguement surnaturel, comme hors de l’Histoire et de la marche du temps, peuplé de figures fortes et carrées (le curé Joseph Sauveur, la solide Coco, la lignée des Faucon, la sublime Angéline), mais si pleines d’humanité qu’on en ressort soi-même un peu meilleur.

Sans doute certains hommes se sentiront-ils étranges et étrangers dans l’univers ici dépeint. Beaucoup d’autres y trouveront de ces équivalents, de ces sensualités, de ces fulgurances qui troublent et émeuvent. Comme me l’a écrit notre commune amie Michelle Lallement : « Voilà une peinture audacieuse et mystérieuse d’un rude pays, un univers unique et pittoresque que sait si bien rendre Hortense avec ses mots, des mots forts, imagés, terribles et délicieux ; une société littorale âpre et souvent sans merci, que la dureté des métiers de mer a encore endurcie. ».

Mais tout cela n’est qu’apparence, la trame révèle les failles, l’écheveau ténébreux des sentiments et les inexorables destinées.

L’académie a aimé cet accouchement douloureux, ce feu d’artifice de couleurs, d’odeurs, de sons, de vase sournoise et de vent impitoyable. Cette passion, à tous les sens du terme. Notre vieille terre de Saintonge maritime, en somme…

Pascal FerchaudLe palmarès 2016 de l’Académie de Saintonge

medaille_academie_nb