Historique


Retour en images sur la Cérémonie des Prix 2020

Introduction

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Grand Prix

2 Grand Prix1
2 Grand Prix2
2 Grand Prix3
2 Grand Prix4

Prix de la Ville de Royan

3 Prix Ville de Royan1
3 Prix Ville de Royan2
3 Prix Ville de Royan3
3 Prix Ville de Royan4

Prix de la Haute-Saintonge

4 Prix de la Haute Saintonge1
4 Prix de la Haute Saintonge2
4 Prix de la Haute Saintonge3

Prix de l’île de Ré

5 Prix de l Ile de Re 1
5 Prix de l Ile de Re 2
5 Prix de l Ile de Re 3

Prix de la Ville de Saintes

6 Prix de la Ville de Saintes1
6 Prix de la Ville de Saintes2
6 Prix de la Ville de Saintes3
6 Prix de la Ville de Saintes4

Prix de la Ville de Marennes

7 Prix de la Ville de Marennes1

Prix du Roman

8 Prix du Roman1
8 Prix du Roman2

Prix Jehan de Latour de Geay

9 Prix Jehan De Latour de Geay1
9 Prix Jehan De Latour de Geay2

Prix Madeleine La Bruyère

10 Prix Madeleine La Bruyere1
10 Prix Madeleine La Bruyere2

Prix Jacques et Marie-Jeanne Badois

11 Prix Jacques et Marie Jeanne Badois1
11 Prix Jacques et Marie Jeanne Badois2
11 Prix Jacques et Marie Jeanne Badois3

Prix Champlain

12 Prix Champlain1
12 Prix Champlain2

Prix de l’agglomération Royan-Atlantique

13 Prix de l Agglomeration Royan Atlantique1
13 Prix de l Agglomeration Royan Atlantique2
13 Prix de l Agglomeration Royan Atlantique3
13 Prix de l Agglomeration Royan Atlantique4

Séance photo des lauréats

3 Prix Ville de Royan5 Philippe Malgouyres
Philippe Malgouyres
(Prix de la Ville de Royan)
4 Prix de la Haute Saintonge4 Yannis Suire
Yannis Suire
(Prix de la Haute-Saintonge)
5 Prix de l Ile de Re 4 Didier Yung
Didier Yung
(Prix de l’île de Ré)
6 Prix de la Ville de Saintes5 Alain Michaud  Michelle Le Brozec
Alain Michaud, académicien, et Michelle Le Brozec
(Prix de la Ville de Saintes)
7 Prix de la ville de Marennes2 Patrice Desenne Patrick Colin
Patrice Desenne et Patrick Colin
(Prix de la Ville de Marennes)
8 Prix du Roman3 Marc Villemain
Marc Villemain
(Prix du Roman)
14 Marie Dominique Montel et Marc Villemain
Marie Dominique Montel, directrice de l’Académie de Saintonge, et Marc Villemain
(Prix du Roman)
9 Prix Jehan De Latour de Geay3 Laurent Vidal
Laurent Vidal
(Prix Jehan de Latour de Geay)
10 Prix Madeleine La Bruyere3 Jacques Edmond Machefert
Jacques-Edmond Machefert
(Prix Madeleine La Bruyère)
11 Prix Jacques et Marie Jeanne Badois4 Alain Braastad Guillaume de Jarnac
Alain Braastad, académicien, et Guillaume de Jarnac, au nom des Amis de l’abbaye de Châtres
(Prix Jacques et Marie-Jeanne Badois)
12 Prix Champlain4 Marc Fardet au nom de Gilles Havard
Marc Fardet, au nom de Gilles Havard
(Prix Champlain)
13 Prix de l Agglomeration Royan Atlantique5 Didier Colus et Emmanuelle Piaud
Didier Colus, académicien, et Emmanuelle Piaud
(Prix de l’agglomération Royan-Atlantique)

Photos : Philippe Sébert

Le palmarès 2020 de l’Académie de Saintonge

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  • Grand Prix de l’Académie de Saintonge : Henri Gaudin, architecte
  • Prix de la Ville de Royan : Philippe Malgouyres pour La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires
  • Prix de la Haute-Saintonge : Yannis Suire pour L’Estuaire de la Gironde, Bordeaux et le Bordelais vers 1700
  • Prix de l’île de Ré : Didier Jung pour l’ensemble de son œuvre biographique
  • Prix de la Ville de Saintes : Michelle Le Brozec, présidente de la Société d’Archéologie et d’Histoire de Charente-Maritime
  • Prix de la Ville de Marennes : Patrice Desenne et Patrick Colin pour leur film Apocalypse eau
  • Prix du Roman : Marc Villemain pour Il y avait des rivières infranchissables et Mado
  • Prix Jehan de Latour de Geay : Laurent Vidal pour Les Hommes lents
  • Prix Madeleine La Bruyère : Jacques-Edmond Machefert pour Saintes Frayeurs
  • Prix Jacques et Marie-Jeanne Badois : Amis de l’Abbaye de Châtres
  • Prix Champlain : Gilles Havard pour L’Amérique fantôme
  • Prix de l’agglomération Royan-Atlantique : Emmanuelle Piaud, organiste et chef de chœur
  • Panorama de l’année culturelle Saintongeaise en 2020

    Discours d’ouverture des Prix de l’Académie de Saintonge 2020 : Marie-Dominique Montel

    Directrice de l’Académie de Saintonge

    01 montel Je vous propose d’échapper à la pesanteur. Après avoir été cloués sur place pendant des mois lourds d’inquiétude, j’ai pensé que nous aimerions tous prendre un peu d’altitude avec une histoire aérienne : celle d’une célébrité de notre région, une jeune femme née aux Trois Canons, aujourd’hui commune d’Yves, entre Fouras et Châtelaillon. Elle est illustre dans le monde entier. Aux États-Unis ou en Angleterre, des livres lui sont consacrés et même des albums pour enfants. Car cette Charentaise intrépide a été, en son temps, aussi fameuse que les frères Montgolfier. Ils avaient inventé le principe du « plus léger que l’air ». Elle a été la première femme du monde à piloter un ballon.

    Elle s’appelait Sophie Blanchard et elle a été une vraie star, aussi connue que Blériot, Gagarine ou Neil Armstrong aujourd’hui. Née sur nos côtes, au joli temps des aérostiers, elle éblouit la France et l’Europe avant de disparaître, en pleine gloire, il y a deux cents ans, dans un accident de ballon.

    Sophie a cinq ans quand les frères Montgolfier font décoller, à Versailles, leur extraordinaire invention et que le roi – après avoir hésité – autorise Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes à réaliser le premier vol habité de l’histoire de l’humanité. On est en 1783. L’événement a un retentissement considérable. La mode des ballons déferle sur la France. Les « pilotes » sont les héros du jour et, parmi ceux-ci, la renommée distingue rapidement un jeune Normand casse-cou, Jean-Pierre Blanchard, qui entreprend la première traversée de la Manche en 1785. Parti d’Angleterre, parce que les vents sont meilleurs dans ce sens-là, son ballon flanche au beau milieu de la Manche et se met à descendre de façon alarmante. Blanchard et son équipier jettent à la mer leurs sacs de sable. Rien n’y fait. Ils envoient alors tout leur équipement par-dessus bord. Ils retiennent leur souffle. Doucement, la nacelle allégée recommence à s’élever et le danger s’éloigne. Mais le vol n’est pas terminé et ils perdent à nouveau de l’altitude. Et cette fois, ils n’ont presque plus rien pour délester. Ils sont contraints de se débarrasser du moindre objet, jusqu’à leurs chaussures et tous leurs vêtements. C’est finalement entièrement nus qu’ils vont faire une arrivée (très remarquée !) dans le Pas-de-Calais, deux heures un quart après avoir décollé. Jean-Pierre Blanchard part ensuite pour les États-Unis où il effectue le premier « vol habité » américain et où il reste quelques années.

    C’est l’homme que Sophie va épouser. Non sans mal, même si ses parents l’apprécient. Vingt ans plus tôt, quand le roi l’avait expédié en mission à Rochefort, le jeune inventeur Blanchard avait fréquenté l’auberge des Trois Canons. Il s’était lié d’amitié avec l’aubergiste et sa femme qui attendaient leur premier enfant. Selon la légende familiale, Jean-Pierre aurait dit « si c’est une fille, je l’épouserai ». Quoi qu’il en soit, lorsqu’il revient en 1798, c’est le coup de foudre. Elle est vive, jolie, petite (1m45), elle est protestante, elle a dix-neuf ans. Lui en a quarante-trois, il est catholique et surtout… il a oublié un détail : il est déjà marié. La jeune Sophie ne s’embarrasse pas pour si peu et choisit de partir avec lui. (L’histoire ne dit pas si elle s’est enfuie ou si ses parents ont fini par céder). Officiellement, elle sera son assistante. Pendant cinq ans, sa vie s’organise autour des ballons et de la conquête de l’air. Elle suit partout son mari (qui ne l’est pas encore), apprend « sur le tas » comment fabriquer, réparer les enveloppes et les nacelles, produire ou chauffer l’hydrogène et… pour le moment reste au sol car elle n’est pas encore très téméraire !

    Ce n’est qu’en 1803, après la mort de la première madame Blanchard, qu’elle épouse enfin son Jean-Pierre et qu’il la convainc de venir fêter l’événement en ballon. Quand Sophie vole avec lui, pour la première fois, ses craintes et ses doutes font place, dit-elle, à « une incomparable sensation ». Bientôt il va lui apprendre à piloter !

    Une aérostière professionnelle, c’est du jamais vu et c’est un argument publicitaire formidable. Le public paye sa place pour applaudir les ascensions des époux Blanchard. Leur histoire d’amour au niveau des oiseaux connaît un succès qui leur permet de vivre confortablement. Jusqu’au jour où Jean-Pierre est victime d’un malaise cardiaque, seul pour une fois, dans son ballon ; il fait une chute de 18 mètres et survivra seulement quelques mois à ses blessures. Sophie est dévastée. Mais, à trente ans, la jeune veuve Blanchard, qui devait être agréable à regarder si l’on en croit les portraits, possède une vraie force de caractère. Sans autres ressources, elle décide de reprendre le métier et de voler en solo. C’est une activité très athlétique, et elle est toute petite. Les atterrissages sont souvent sportifs. C’est aussi dangereux qu’exaltant. Et Sophie fait sensation. On vient par milliers admirer « la première femme pilote ». Toute la France la réclame, et puis l’Europe. On la baptise la femme oiseau, elle est la coqueluche du public, bientôt celle de Napoléon 1er qui demande à la rencontrer et la nomme « ministre des ballons ». Il lui confie la mission d’examiner si des aérostiers ne pourraient pas surveiller les mouvements des armées ennemies (ce qui sera fait, bien plus tard pendant la Première Guerre mondiale). Plus pacifiquement, elle rythme de ses ascensions les grandes fêtes de l’époque impériale.

    Et Sophie innove, elle est la première à effectuer un vol de nuit, la première à franchir les Alpes, à lancer des feux d’artifice de son ballon. Elle se produit en Allemagne, en Italie… Par exemple, en 1811, elle vole de Rome à Naples avec une seule escale et une ascension à plus de 3600 mètres. Elle vole par tous les temps et partout. Au-dessus des Alpes, le froid est tel qu’elle se met à saigner du nez et, à son arrivée, a le visage couvert de stalactites roses. Un autre jour, non loin d’ici, dans sa province natale, une tempête fait tomber son ballon dans les marais et elle est à deux doigts de se noyer. Une autre fois encore, pour échapper à un orage de grêle, elle monte si haut qu’elle manque d’oxygène et perd connaissance dans la nacelle. On la croit morte. Elle atterrit 14 heures plus tard avec le sourire et elle explique qu’elle a fait « une plaisante petite sieste ».

    Quand Napoléon fête son anniversaire, quand il épouse Marie-Louise, Sophie lance du haut du ciel des feux d’artifice à couper le souffle. À la naissance du roi de Rome, elle fait pleuvoir des milliers de faire-part sur les Parisiens éberlués. Même la fin de l’Empire se passe sans encombre pour elle. Louis XVIII lui demande de survoler son entrée solennelle à Paris et la nomme aérostière officielle.

    En 1819, Sophie a quarante et un ans. Elle va voler de nuit, en robe blanche avec des plumes blanches sur son chapeau, pour lancer un spectacle pyrotechnique au-dessus des jardins de Tivoli (où se trouve aujourd’hui la place Clichy à Paris). Pour la première fois de sa vie, elle s’est sentie un peu nerveuse au moment de décoller. Au milieu du feu d’artifice, une fusée repoussée par le vent a mis le feu à son ballon. C´était sa 68e ascension. La dernière : en robe blanche et chapeau de plumes blanches, Sophie Blanchard, la femme oiseau, s’est envolée pour toujours…

    Nous devrions célébrer cette héroïne aérienne et charentaise. Une jeune femme d’ici qui pensait que le ciel était à portée de la main et… qui avait raison.

    Henri Gaudin, architecte

    Grand prix 2020 de l’Académie de Saintonge

    Henri Gaudin, architecte

    Rapport : Jean-François Girard

    Henri Gaudin Certains ont parlé de la lumière de nos pertuis dans leurs écrits comme Eugène Fromentin, d’autres dans la peinture comme Claude Joseph Vernet ou Jean Gaborit (lauréat en 2019), d’autres encore dans l’architecture comme Henri Gaudin.

    Fuyant les plaines du Nord sous les bombardements, Henri Gaudin arrive à La Rochelle à l’âge d’entrer au lycée : au lycée Eugène-Fromentin, bien sûr. Il y fait de solides études, épaulé par des parents soucieux de son éducation artistique et culturelle. Sa mère, dont les aïeux étaient dès le début du XIXe siècle, issus de l’École Polytechnique, lui inculque la rigueur des mathématiques et son père, employé de bureau à la compagnie Delmas-Vieljeux lui fait partager le goût de la littérature. À La Rochelle, dès cette époque, il comprend le jeu de la lumière sur les pierres des quais du port, les voiles et les vagues et les traduit par des centaines de dessins. La ville lui apprend le raffinement dans cette lumière océanique. Il s’embarque au long cours deux fois six mois avant de décider de monter à Paris pour entrer à l’École des Beaux-Arts et choisit de devenir architecte, art qui séduit son goût pour l’expression des volumes, qui se nourrit de rigueur et d’une éducation précise du trait prenant sa source dans la géométrie.

    Après avoir complété sa formation aux États-Unis, il se fait remarquer par des projets de développement urbain (Maurepas, St-Quentin-en-Yvelines) et sera au cours d’une longue carrière l’auteur de près d’une vingtaine de réalisations en France dont la Cité de la Musique et de la Danse à Soissons, les Archives diplomatiques à La Courneuve et parmi les plus connues : l’actuel stade Charlety à Paris, l’École normale supérieure de Lyon, le Musée Guimet à Paris et le pôle scientifique de l’Université d’Amiens. Il reçoit en 1994 la médaille d’Or de l’Académie d’Architecture, est lauréat de l’Équerre d’Argent en 1986 pour la construction de 100 logements à Évry dans l’Essonne puis en 1994 pour le stade Charlety. Tout au long de ce parcours, il est revenu régulièrement à La Rochelle sur le Vieux-Port pour retrouver cette lumière qui l’a tant marqué.

    Philippe Malgouyres, pour « La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires »

    Prix de la Ville de Royan

    Philippe Malgouyres, pour La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires (RMN-Grand Palais, 2019)

    Rapport : Bernard Mounier

    Philippe Malgouyres Philippe Malgouyres, né à Royan en 1965, est un historien de l’art français, conservateur en chef du département des objets d’Art au Musée du Louvre. Avec Alexia Fabre, il assura, en 2019, le commissariat général de l’exposition, au Grand Palais, La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires, qui fit affluer les foules, dans le pas des premiers hommes ayant marché sur la Lune, il y a 50 ans, une nuit de juillet 1969.

    Aux visiteurs de l’exposition fut proposé un catalogue magnifique, aujourd’hui en librairie. Le contenu en est vertigineux, allant chercher au plus profond les écrits, les images et les songes provoqués chez les hommes par la fréquentation universelle de notre astre voisin. Depuis le grec Lucien de Samosate au IIe siècle av. J.-C., jusqu’à Cyrano de Bergerac, Dürer, Jules Verne, Méliès, Hergé, Pétrarque, Ronsard, Dali, Verlaine, Chagall, Rodin ou Prévert, le catalogue est une anthologie fantastique de récits, poèmes, tableaux, sculptures, venant à la suite des photos inédites de la NASA rapportées par Neil Armstrong et la mission Apollo 11.

    Philippe Malgouyres cite le philosophe Carl Jung à propos des relations que l’humanité a entretenu de tout temps avec la Lune : « Elle en a fait son miroir, où elle s’imagine comme elle pourrait ou voudrait être, et une page blanche où elle peut écrire toutes les histoires possibles »…

    Yannis Suire, pour « L’Estuaire de la Gironde, Bordeaux et le Bordelais vers 1700 » et l’édition critique des cartes, plans et mémoires de Claude Masse

    Prix de la Haute Saintonge

    Yannis Suire, pour L’Estuaire de la Gironde, Bordeaux et le Bordelais vers 1700 (La Geste, 2017) et l’édition critique des cartes, plans et mémoires de Claude Masse, ingénieur du Roi

    Rapport : Bernard Mounier

    Yannis Suire De 1688 à 1774, un homme arpente sans relâche les côtes atlantiques entre les Pyrénées et l’estuaire de la Gironde. C’est Claude Masse, ingénieur du roi, qui a pour mission d’en dresser les cartes les plus précises et de noter les fortifications existantes, afin d’en organiser les défenses contre un possible débarquement ennemi, pour tout dire celui des Anglais… Claude Masse, qui dort souvent chez les habitants, se passionne pour leur vie, leur mœurs, leur histoire.
    Chaque relevé de cartes, extraordinairement précises, est donc accompagné d’un mémoire détaillé historique et sociétal.

    Nul plus que Yannis Suire était susceptible de suivre les pas de Claude Masse, comme il l’a fait pour l’inventaire des villes et villages de la rive saintongeaise de la Gironde, lorsqu’il était Conservateur du Patrimoine à la Région Poitou-Charentes, ayant eu soin de restituer ensuite publiquement aux habitants les résultats de ses recherches.

    Pour Claude Masse, son travail se présente sous la forme d’un somptueux ouvrage de 470 pages et autant de cartes et de mémoires. Deux autres volumes concernent, l’un le Médoc et Arcachon, l’autre le Bas Poitou. Yannis Suire est aujourd’hui directeur du Centre Vendéen de Recherches Historiques à La Roche-sur-Yon.

    Didier Jung, pour l’ensemble de son œuvre biographique

    Prix de l’île de Ré

    Didier Jung, pour l’ensemble de son œuvre biographique

    Rapport : Christine de Ponchalon

    Didier Jung Nous connaissions Didier Jung depuis longtemps. Ses ouvrages sur les anarchistes de l’île de Ré et leur fondateur Élisée Reclus, fils d’un pasteur calviniste girondin, avait suscité un grand intérêt et avaient été, pour beaucoup, une découverte. Sa biographie de Jean-Daniel Coudein, commandant du radeau de La Méduse, natif de La Tremblade, né dans une famille protestante représentative de Saintonge maritime, avait aussi attiré l’attention.

    Didier Jung passe une grande partie de sa vie de retraité sur l’île de Ré et le lieu l’inspire. De l’autre côté du pont, se trouve La Rochelle et Didier Jung vient de consacrer son dernier ouvrage à Léonce Vieljeux.

    Issu d’une lignée de protestants cévenols, saint-cyrien, il a marqué l’histoire de La Rochelle et des Rochelais par sa forte personnalité. Allié aux armateurs Delmas, il a développé la compagnie qui portait leurs deux noms et a terminé courageusement sa vie au camp de concentration du Struthof. Un bel ouvrage en hommage à un grand homme droit et visionnaire.

    Michelle Le Brozec, présidente de la Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime

    Prix de la Ville de Saintes

    Michelle Le Brozec, présidente de la Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime

    Rapport : Alain Michaud

    Michelle Le Brozec 2019-2020 : deux années durant lesquelles la Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime a vécu des moments importants et émouvants de sa longue existence : elle a fêté brillamment les 180 ans de sa naissance (âge canonique, pour ne pas dire archéologique !) sous le roi Louis-Philippe en 1839. Et l’année 2020 correspond au passage de témoin de Michelle Le Brozec, après dix ans d’une présidence étonnement remplie.

    Originaire de Charente, Michelle Le Brozec est l’ancienne présidente de la Fédération départementale de tourisme des Côtes d’Armor. « Échanger, dit-elle, travailler ensemble, permet d’avancer, d’enrichir les travaux respectifs de chacun… grâce aux passionnés de l’histoire et du patrimoine qui constituent un maillage essentiel pour la protection et la mise en valeur des sites et des monuments ». D’où l’ouverture vers d’autres sociétés, l’impulsion, la création, le maillage de toutes sortes de manifestations et d’activités, comme celle d’un Observatoire du patrimoine de Saintonge, en liaison avec les sociétés des Amis des musées et Médiactions, comme encore le rattachement à l’association de l’atelier de sculpture de l’Atelier du patrimoine de Saintonge et tout cela sans renoncer bien sûr aux visites, fouilles et communications existantes.

    Ainsi, la Société s’est-elle modernisée, a multiplié les partenariats et soutenu l’immense travail de fouilles – plus de douze ans ! – des aqueducs de Mediolanum. Aujourd’hui, la société a en chantier un important ouvrage sur les voies romaines de Saintonge qui prolonge la belle exposition réalisée en 2012 en partenariat avec le musée archéologique et la médiathèque de Saintes, en lien avec le laboratoire Ausonius (CNRS/ Université de Bordeaux-Montaigne).

    Un dernier mot qui dira l’importance de l’œuvre accomplie : le bulletin annuel de la Société est passé d’une trentaine de pages dans les années 70 à environ 200 cette année ! Si Michelle quitte la présidence de la Société, elle continuera de la vivifier au sein du conseil d’administration où nous la maintiendrons : nous pouvons lui faire confiance pour cela.

    Patrick Colin et Patrice Desenne, pour leur film « Apocalypse eau »

    Prix de la Ville de Marennes

    Patrick Colin et Patrice Desenne, pour leur film Apocalypse eau (2019)

    Rapport : Jean-François Girard

    Apocalypse eau « De la Vendée à l’embouchure de la Gironde, la terre et la mer se pénètrent et se mélangent dans un superbe jeu de formes et de lumières. » Dès la première phrase de leur film, Apocalypse eau, Patrick Colin et Patrice Desenne nous plongent au cœur d’un affrontement où l’homme joue un rôle essentiel et dont l’issue est incertaine.

    Partant de la fragilité économique du monde de la production d’huitres et de moules sous la menace du réchauffement climatique, de l’acidification et de pollutions chimiques mais aussi des entreprises de l’homme bâtisseur qui multiplient les activités de déroctage, le film analyse les rapports entre l’eau douce et l’eau de mer dans ces territoires que l’on nomme marais. Mais derrière le marais, les grandes étendues de culture intensive (à partir de semences du catalogue, plus fragiles que les semences traditionnelles) consommant d’énormes quantités d’eau et, soutenues par le recours à des engrais solubles, nécessitent le retour à une agriculture maîtrisée et respectueuse de l’environnement. Des solutions existent pour assurer la qualité préventive de l’eau, l’irrigation parcimonieuse confiée au système racinaire des arbres ou encore l’intervention des acteurs publics comme le Conservatoire du Littoral. Elles ne seront possibles que si un dialogue entre tous les acteurs devient la règle.

    Le film de P. Colin et P. Desenne, rigoureux sans être jamais ennuyeux, séduisant par les images de cette côte qui est la nôtre, vient à son heure : la prise de conscience des risques encourus au cours de ce XXIe s. a besoin d’avocats. Ce film en est un – et un excellent !

    Marc Villemain, pour « Il y avait des rivières infranchissables » et « Mado »

    Prix du roman

    Marc Villemain, pour Il y avait des rivières infranchissables et Mado (J. Losfeld, 2017 et 2019)

    Rapport : Marie-Dominique Montel

    Marc Villemain Il y avait des rivières infranchissables est un recueil de nouvelles très personnelles sur les premiers sentiments amoureux, ces émotions qu’on garde parfois toute sa vie au fond du cœur. Histoires de baisers volés, d’amours fugitives, d’attentes, de fiertés, de chagrins. C’est tendre, quelquefois tragique, ça conserve le gout des marées et des marais, du sable dans les sandales, des frissons anciens et des chardons qui piquent les chevilles. Ça se passe à Châtelaillon où l’auteur a vécu son enfance.

    Marc Villemain est né en 1968, de parents professeurs de lettres : « quand ils ne voulaient pas que l’on comprenne, ils parlaient latin ». En 1981, son père est mort. Il allait entrer en 5e ; tout a basculé. Élève brillant, il décroche, se retrouve dans un lycée technique en section dactylographie.

    Il reprend ses études à vingt-deux ans, entre à Sciences-Po, devient assistant parlementaire et « plume » de plusieurs personnalités socialistes. Et puis, il s’aperçoit qu’il n’a pas le tempérament politique. Ce qu’il aime, c’est écrire. Et plus pour les autres.

    Depuis 2006, il publie. Son dernier roman Mado est l’histoire de deux adolescentes, d’une amitié qui se révèle amoureuse et de mensonges que la jeunesse fait tourner au drame. C’est à Châtelaillon aussi que l’histoire se passe, même si le lieu n’est jamais nommé. Le bonheur chez Marc Villemain, dans ses romans comme dans ses nouvelles, c’est que la cruauté s’allie toujours à la tendresse et à la délicatesse de paysages qui nous sont familiers.

    Laurent Vidal, pour « Les Hommes lents »

    Prix Jehan de Latour de Geay

    Laurent Vidal, pour Les Hommes lents. Résister à la modernité XVe-XXe s. (Flammarion, 2019)

    Rapport : Alain Quella-Villéger

    Laurent Vidal Rendre compte d’un livre sur la lenteur en période de confinement donne le sentiment de la vitesse, mais, attention, ce livre nous dit justement qu’elle ne saurait être une vertu sociale ! « La force est du côté des lents », stipule un chapitre et ce serait faire injure à un tel essai que de le prendre par le petit bout de la lorgnette charentaise et cagouillarde tant il annonce une réflexion « déconfinée » de tout entre-soi mesquin. Le sous-titre est : Résister à la modernité XVe-XXe siècles, par « résister », Laurent Vidal entend aussi « réexister »…

    Laurent Vidal, professeur à l’Université de La Rochelle, bien connu pour ses travaux sud-américains, notamment sur le Brésil des temps modernes, s’est nourri ici de sa spécialité pour réfléchir à tous les discours discriminants qui disqualifient depuis le Moyen-Âge certaines populations. Les « hommes lents », ce sont les indigènes, ce sont les autres, ceux qui ne vivent pas au rythme d’une modernité industrielle contente d’elle-même (du temps de Christophe Colomb, déjà, on accusa de paresse les Amérindiens, mais notons qu’on leur emprunta le confortable mot de hamac !). L’histoire coloniale ne s’est pas privée de réduire l’indigène à la fainéantise, quitte pourtant à le faire esclave dédié au travail forcé.

    « La vitesse est devenue notre prison et nous sommes tous atteints du même virus : la fast life », écrit L. Vidal. Comment ne pas s’arrêter ici sur le mot virus quand on sait combien le dernier à la mode a été si rapide pour tous nous immobiliser ? Ce livre ne procède pas du « Droit à la paresse » cher à Lafargue, moins encore il ne formule un nouvel éloge de la nonchalance. Au contraire, entre indolence et insolence, il réclame un effort, une prise de conscience : repenser l’autre sans le critère de la vitesse ou de la performance, sans stéréotypes dévalorisants, bref sans racisme.

    Jacques-Edmond Machefert, pour « Saintes Frayeurs »

    Prix Madeleine La Bruyère

    Jacques-Edmond Machefert, pour Saintes Frayeurs (Les Indes savantes, 2019)

    Rapport : Pierre Dumousseau

    Jacques-Edmond Machefert Né à Saintes en 1946, lauréat du Salon International de la Recherche Photographique, réalisateur vidéo, animateur pendant dix ans d’une émission de jazz, créateur d’un site pour la défense du patrimoine populaire local (son village de Breuillet), Jacques-Edmond Machefert a longtemps « sévi » dans le monde de l’audiovisuel. Une sélection au festival de Biarritz pour un film de formation et un reportage sur les racines du vaudou, constituent les temps forts de cette période.

    En 1996, sans pour autant abandonner sa passion pour l’image, il « entre en littérature » et publie Oh ! Marylou, évocation nostalgique et gourmande des années 60, avec une préface de Jean-Louis Foulquier. Ce premier roman est suivi par un conte fantastique fortement épicé, La Gabiroute, puis par une savoureuse saga familiale et villageoise : Roméo et Scarlatine. Suivront quelques nouvelles et enfin une série de « polars » teinté d’un humour parfois sarcastique, tous localisés en terre saintongeaise (Royan Garden-blues, Les Anges de la Coubre).

    Son dernier roman, Saintes Frayeurs, est directement inspiré d’un fait divers qui, comme on dit, « défraya la chronique » régionale, et même nationale dans les années soixante : l’affaire de « l’assassin de la pleine lune » qui demeure encore présente dans la mémoire de nombreux saintongeais. Mais Jacques-Edmond Machefert reste avant tout un conteur, quelqu’un qui aime raconter des histoires et cherche à les faire vivre. Chaque nouvelle publication est pour lui l’occasion d’une nouvelle conférence-spectacle, avec projection d’images ou diffusion de sources sonores (musiques de jazz entre autres), allant jusqu’à la mise-en-scène d’un procès d’assise avec le public.

    Avec Saintes Frayeurs, il a parcouru quantité de médiathèques et de salles polyvalentes à travers toute la Saintonge, rencontrant à chaque fois un public captivé et souvent personnellement impliqué dans l’histoire réelle. C’est ce lien avec le « spectacle vivant » que je tenais aussi à souligner.

    Les Amis de l’abbaye de Châtres, pour la restauration et l’animation de l’abbaye

    Prix Jacques et Marie-Jeanne Badois

    Les Amis de l’abbaye de Châtres, pour la restauration et l’animation de l’abbaye

    Rapport : Alain Braastad

    Abbaye de Châtres Nous sommes à Saint-Brice, un des plus jolis villages de la Saintonge cognaçaise. Dans les environs, près du vieux logis de Gardépée, mais en bas, perdue dans le vallon solitaire et humide, loin du bruit des hommes, apparaît l’une des merveilles de notre Saintonge romane : l’abbaye de Châtres. Propriété privée depuis la Révolution, l’un des fils du logis d’en haut, Guillaume de Jarnac, a entrepris de la restaurer.

    Il a donc créé une association, forte à ce jour d’une centaine de membres passionnés. Il faut vous dire que l’abbaye a aujourd’hui triste mine. Les moines augustiniens ont cessé d’y prier depuis de nombreux siècles. Jusqu’à la Révolution, seul le fermier de l’abbé commendataire se chargeait de soutirer des paysans des alentours les rentes et cens dont il avait pu retrouver la trace. Il rangeait son foin et ses vaches dans la nef, ses poules dans la sacristie sans toiture.
    Aujourd’hui, la nudité est totale et l’on se demande comment la file de coupoles de la nef et du chœur a pu tenir jusqu’à nous.

    L’abbaye a été classée monument historique en 1948, sa façade a été ravalée en 2016, le transept sud et son absidiole en 2019 ; en 2021 sont prévues la mise en œuvre et la pose des vitraux et la restauration des peintures murales du XIIIe du chœur. Des fouilles préliminaires en 2018 ont été riches de renseignements et de vraies fouilles vont débuter : la maison de l’abbé et le cimetière des moines au nord, les bâtiments conventuels au sud vont se découvrir. Châtres va revivre !

    Autour de Châtres, les Amis créent des animations culturelles, des conférences, des concerts ou des soirées champêtres. L’acoustique y est d’excellente qualité. Notre Académie est fière d’attribuer son prix Patrimoine 2020 aux Amis de Châtres pour la restauration, la mise valeur de l’abbaye et ses animations. Allez-y par une belle soirée d’été, lorsque la lumière enrichit la façade à arcatures, les frises sculptées, le portail polylobé, vous découvrirez l’exemple de la pureté, de la simplicité et du raffinement de l’art roman charentais.

    Gilles Havard, pour « L’Amérique fantôme, les aventuriers francophones du Nouveau Monde »

    Prix Champlain

    Gilles Havard, pour L’Amérique fantôme, les aventuriers francophones du Nouveau Monde (Flammarion, 2019)

    Rapport : Christine de Ponchalon

    Gilles Havard C’est un ouvrage que tous ceux qui se passionnent pour la conquête du Nouveau Monde devraient lire. L’histoire oubliée, occultée pourrait-on dire, d’une poignée d’hommes aventureux qui ont traversé le continent nord-américain d’est en ouest, d’un océan à l’autre. Ils étaient français. L’imaginaire canadien et américain les a appelés « coureurs des bois », bien vite oubliés et remplacés par les caravanes de pionniers sur lesquels l’Amérique a bâti les mythes de la Conquête de l’ouest.

    L’un d’entre eux, le premier auquel s’attache Gilles Havard, est Étienne Brulé, explorateur des Grands lacs. Il s’embarque le 13 avril 1608, comme membre d’une expédition financée par un gentilhomme saintongeais, Pierre Dugua de Mons, détenteur d’un monopole sur la traite des pelleteries. Sur ce bateau, un autre passager nommé Samuel de Champlain !

    Dans cet ouvrage, tout nous parle, les lieux, les personnages. Pendant deux siècles et demi, ces hommes courageux, parfois gibiers de potence, aux noms bien français de Charbonneau, Provost, Beauchamp, ont été les premiers à vivre avec les Amérindiens et à épouser leurs femmes. Ce livre est un remarquable ouvrage historique et un formidable roman d’aventure.

    Emmanuelle Piaud, organiste et chef de chœur Royan et Saint-Palais

    Prix Royan-Atlantique

    Emmanuelle Piaud, organiste et chef de chœur Royan et Saint-Palais

    Rapport : Didier Colus

    Emmanuelle Piaud « Moi j’veux jouer du piano ! ». On est en 1972, elle a quatre ans, elle est fille d’ostréiculteur, elle n’en démord pas. Elle s’appelle Emmanuelle. Commence alors une belle et longue histoire d’amour avec les claviers…

    Ai-je vraiment besoin, ici, à Royan, de vous la présenter ? Tous la connaissent, notre grande dame de Notre-Dame. Son parcours est celui, difficile, exaltant, de tous ceux qui se vouent aux touches noires et blanches. Beaucoup de candidats, peu d’élus. Très tôt, pourtant, elle rencontre la passion de sa vie, le grand orgue de Notre-Dame et son inamovible titulaire, Jacques Dussouil. Bac musical en poche, elle s’inscrit en musicologie à Poitiers. Le sujet de mémoire est tout trouvé : le grand orgue de Royan, travail qui aboutira à son classement en 2006.
    Conservatoire d’Orléans, de Bordeaux, la voilà professeure et bientôt fondatrice de ce qui deviendra en 1996 le Conservatoire de musique et de danse de St-Palais.

    Lorsque Jacques Dussouil s’éteint, après 50 ans passés au clavier, Emmanuelle Piaud, sa disciple, est nommée titulaire. Concerts en France, à l’étranger et, comme si cela ne suffisait pas, elle s’adonne à son autre passion et devient chef de chœur. Orgue et grand chœur ? Bach, en somme… Emmanuelle se voit assez bien en successeur des maîtres de chapelle d’autrefois.

    À son actif, toute sorte de chœurs. Qui ne l’a vue diriger celui du « Violon sur le sable » devant des dizaines de milliers d’auditeurs ? Merci aussi, Madame, d’avoir avec l’ADER aidé à magnifiquement restaurer l’orgue puis à le sauver des eaux. L’Académie s’honore en vous honorant.

    Contributions : octobre 2019 – octobre 2020

    Contributions personnelles des académiciens depuis octobre 2019

    Nicole Bertin

    • Publication de son blog sur la culture, le patrimoine et l’actualité en Charente-Maritime : http://nicolebertin.blogspot.com
    • Participation à la biographie d’un chef d’entreprise de Charente-Maritime.

    Jacques Bouineau

    • A organisé un colloque international dans un village, Sainte-Eulalie-de-Cernon (http://portailvideo.univ-lr.fr/Domination-et-Antiquité) : l’objectif consistait à montrer comment les nouvelles technologies pouvaient accompagner ce type d’événement.
    • Dans le même ordre d’idées, a dû inventer une nouvelle manière d’encadrer 400 étudiants lors du confinement, en axant son effort sur le dialogue rendu possible par la machine.
    • A aussi participé à un jury d’éloquence à la Centrale de Saint-Martin-de-Ré pour départager des équipes constituées de prisonniers et d’étudiants.
    • On trouvera parailleurs l’ensemble de ses publications sur son site : https://www.jacques-bouineau.fr

    Alain Braastad

    • Étude de l’impact de la disparition du château de Jarnac, de la vente de ses communs et de ses terres à la Révolution sur le développement de Jarnac au XIXe siècle.

    Pierre Collenot

    • Site Histoire Passion, publication en ligne de vingt-deux nouveaux articles.
    • Expositions d’images fractales : deux expositions à Tusson (16) et à Saint-Sauvant (17).

    Didier Colus

    • S’est consacré à la publication annotée des lettres adressées à Pierre de Bremond d’Ars, émigré de 1791 à 1800 : première partie, à paraître courant juillet 2020 aux Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis.

    Pierre Dumousseau

    • Publication du Grand Almanach des Charentes (La Geste, 2020) (anecdotes charentaises patoisantes).
    • Représentations théâtrales des Deux aveugles (conte théâtralisé, d’après J.-M Synge) à Ré, Oléron, divers lieux en Saintonge.
    • Contes de La Fontaine joué au Scénobar (Paris, 02/20).
    • Réception du Prix des Auteurs Charentais de Paris (12/02/20) pour Frissons… Frissons.
    • Participation à l’opération « Les Conteurs Affables » (avec l’Ilot Théâtre) pendant la durée du confinement : fables de La Fontaine lues chaque soir au téléphone par un comédien de la troupe.

    Pascal Even

    • Émotions populaires dans l’île de Ré aux XVIIe et XVIIIe siècles, Revue de la Saintonge et de l’Aunis, 2020, p. 157-172
    • Statut particulier du ministère des Affaires étrangères, dans 1979, Genèse d’une loi sur les archives (Paris, Comité d’histoire du ministère de la Culture, 2019, p. 493-497)
    • Les archives et le droit, dans Un patrimoine vivant, entre nature et culture. Mélanges en l’honneur de Jérôme Fromageau (Ed. Mare et Martin, 2019, p. 305-314)
    • Aperçu des sources écrites sur la Nouvelle-Orléans, dans La Nouvelle-Orléans 1718-2008. Regards sur trois siècles d’histoire partagée, Deuxièmes entretiens d’outre-mer (Maisonneuve et Larose, Hemisphères Ed., 2019, p. 217-230).

    Marc Fardet

    • Comme président du Comité Rochefortais de Documentation Historique de la Marine, organisation de conférences et publication de :
      • Évolution des marines marchandes française et britannique de l’après-guerre (39-45) à nos jours, par Philippe Bouthet du Rivault
      • De la Maison du Roy à l’Hôtel de Commandement : près de 350 ans de continuité, par Hervé Flammant
      • De l’Iroquoisie à Marseille : des galériens iroquois du Roi-Soleil passant par Rochefort (1687-1689), par Laurent Busseau
      • L’Histoire oubliée de la dernière expédition de Cavelier de La Salle, par Bernard Allaire.
    • Comme délégué de Sites et Monuments 17 : étude du PLU et du Site Patrimonial Remarquable de Rochefort, inventaire et remise au Service historique de la Défense des archives concernant la restauration du magasin aux vivres de Rochefort.
    • Membre du Comité du Mémorial de la Nouvelle France et administrateur des Amis du Musée du Bon Pasteur d’Angers.

    Jacqueline Fortin

    • Ouverture de La Maison de Jeannette chaque mercredi avec l’exposition sur « La noce ».
    • Dans L’Angérien libre, tenue de la rubrique « Les moués et les saints de l’année » et « Le confouinement ».
    • Présence au Forum des associations de St-Jean-d’Angély, à des expositions de textile et lors de la Journée « Langue maternelle » dans la Vienne.
    • Présence à la Journée du patrimoine au château de Villeneuve-la-Comtesse pour la présentation du livre en patois de Michel Soulard Aneut chez d’autfoués.
    • Présences aux Matinées patoises.

    Jean-François Girard

    • Activité éditoriale dans le domaine de la Santé publique et son histoire en France au cours des trois dernières décennies : « De la médecine à la santé ».
    • Mandat électif d’adjoint dans une commune littorale de Vendée.

    Francette Joanne

    • Transcription du Registre des Dames de la Foi de Pons (1682-1787).
    • Conférence sur le même sujet aux Archives Départementales, site de Jonzac.

    Alain Michaud

    • Article « Le couvent [des Cordeliers] de Saintes au Moyen Âge », Le Picton, n°253, janvier-février 2019.
    • Article « Saintes médiévale : la ville du XIe au début du XVIe s. », Moyen Âge n°120, février-avril 2020.
    • Contribution à l’exposition « La Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime fête ses 180 ans ».
    • Coordination de l’activité et des recherches du groupe « voies romaines » de la Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime ; participation aux travaux du groupe « Saintes, monuments disparus » (même société), à l’élaboration de son bulletin, et à l’activité de l’Observatoire du patrimoine de Saintonge.
    • Participation et communication à la journée d’études : « Tracer la route, les voies de l’Aquitaine romaine » au musée d’Aquitaine.

    Marie-Dominique Montel

    • Stierlitz, le James Bond russe, film d’enquête coréalisé avec Christopher Jones (comment un feuilleton de la télévision soviétique a mis la CIA en émoi en révélant des archives du KGB sur les origines de la guerre froide), diffusé en France sur Histoire TV et en Russie.
    • Totalement Toto, également avec C. Jones, documentaire sur le plus grand acteur comique du cinéma italien, pour la chaine Ciné+classic.
    • Plusieurs films déjà sortis ont été rediffusés cette année : Camille Guérin et le BCG sur France 3, Lénine et Marcel sur Histoire TV, Vittorio de Sica sur Ciné+classic.
    • Membre du Comité de surveillance de la SCAM et du jury des films « Mémoires de la mer ».

    Bernard Mounier

    • Réhabilitation du Musée d’Histoire locale de Talmont.
    • Étude pour la restauration de l’édifice patrimonial dit “Le Kiosque” à Talmont.
    • Articles dans L’estuarien (Conservatoire de l’Estuaire de Blaye).
    • Mémoire sur le Centre Culturel Albert-Camus de Antananarivo à Madagascar (1964-1967).

    Didier Néraudeau

    • Publication d’Un récif corallien en Aunis avec R. Vullo, in Climat-Océan : les grands défis, Arcades, n° spécial, novembre 2019.
    • Publication de 100-million-year-old ant-conifer associates inside French amber : a fortuitous or ecological association?, et alii, (2020, Lethaia, doi.org).
    • Participation au Grand Oral de Sciences-Po Bordeaux (Abbaye aux Dames de Saintes, 20/02/2020).

    Christine de Ponchalon

    • Publication d’articles techniques et d’information cynégétique dans le journal Chasseur en Nouvelle-Aquitaine.
    • Secrétaire de l’Académie depuis 2016, en charge de la brochure remise lors de la cérémonie annuelle des prix, le premier dimanche d’octobre.
    • Contribue à la réalisation du diaporama illustrant cette même cérémonie.
    • Elle gère l’organisation pratique des réunions trimestrielles.

    Alain Quella-Villéger

    • A notamment réédité de Pierre Loti : Séoul (Magellan et Cie) ; Mon frère Yves (Bleu autour).
    • Son livre Évadées du harem vient d’être adapté en roman graphique (Steinkis).
    • France Bloch-Sérazin (1913-1943), Une femme en résistance (2019, Des Femmes-A. Fouque), reparu en édition de poche, a été couronné par le Prix littéraire de la Résistance et Pierre Loti. Une vie de roman par le Grand Prix Jules-Verne de l’Académie de Bretagne et des Pays de Loire.

    Philippe Ravon

    • Participation au tome II du Catalogue raisonné de l’oeuvre peint de Gaston Balande.
    • Organisation de conférences pour l’Association les Amis des Musées de Saintes.
    • Rédaction de notices de catalogues de ventes aux enchères.
    • Rencontres avec les responsables du portail mécénat de compétence du ministère de la Culture.

    Christine Sebert-Badois

    • Mise en place d’un observatoire économique et social, regroupant les réseaux Abatia, La Demeure Historique et La Route des Trésors de Saintonge, visant à mesurer leur impact sur le rayonnement de leurs territoires ruraux.
    • En tant qu’administrateur de Charente-Tourisme, participation à la réflexion sur les mesures à apporter pour aider les différents acteurs du tourisme pendant la crise du Covid et le redémarrage de leur activité.
    • Dans ce même cadre, diffusion d’informations sur les aides aux entreprises MH vivant du tourisme.

    Marc Seguin

    • « Émeutes anti-fiscales au ‘‘Pays des isles » en 1498 », Revue de la Saintonge et de l’Aunis, 2020
    • « Paysans et soldats. Un meurtre à Aumagne en 1435 », Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime
    • « Brouage au début des Temps modernes » (ouvrage collectif sur Brouage, à paraître).

    Événements

    Une année de l’Académie, octobre 2019 – septembre 2020

    Les Prix de l’Académie de Saintonge : 7 octobre 2019
    L’Académie de Saintonge, comme chaque année, s’est attachée à repérer, puis sélectionner parmi les acteurs de la vie culturelle charentaise, 14 lauréats qui ont été couronnés lors de la cérémonie des Prix de l’Académie de Saintonge, à Royan. Ce millésime 2019 a attiré un large public et de nombreux élus locaux – maires, député, membres du conseil départemental – dont la présence ajoutait au côté solennel de l’événement.

    Rythmée d’extraits de films et de présentations audio-visuelles des lauréats, la séance s’est achevée en musique, avec un court récital d’Élise Bachour, diplômée de l’École Normale de Musique de Paris et de l’Université de Berlin, sur le piano construit par Rémy Babiaud (prix de l’innovation).

    Enfin, la réception d’une nouvelle académicienne, Christine Sebert-Badois, a été un moment de grande émotion puisqu’elle occupe désormais le 16e siège qui fut celui de son père, Jacques Badois, disparu en 2008. Elle a été reçue officiellement par un discours de notre collègue Philippe Ravon. En clôture, le traditionnel verre de l’amitié a réuni public, académiciens et lauréats tandis que notre collègue Marc Fardet s’essayait à son tour au piano.

    Rappel du Palmarès 2019
    Grand Prix : Jean-Philippe Beaulieu, astrophysicien, pour le projet européen Ariel sur l’atmosphère des exo-planètes
    Prix de la Ville de Royan : Pascal Vimenet, spécialiste des images animées, pour l’Abécédaire de la Fantasmagorie
    Prix Madeleine La Bruyère : Matthieu Garrigou-Lagrange, pour l’émission La compagnie des auteurs (France Culture)
    Prix de la Ville de Saintes : Sébastien Cassen pour le film Le Samaritain de Shanghai
    Prix de l’agglomération Royan-Atlantique : Bernard de Maisonneuve, pour le livre Pierre Garcie : le grand routier
    Prix Louis-Joanne : Association ‘‘Les passeurs de temps » à Fléac s/Seugne
    Prix Champlain : Éric Lem, pour son ouvrage Louisbourg dans l’île royale
    Prix de la Ville de Rochefort : Jean Gaborit, peintre, pour l’ensemble de son oeuvre
    Prix de la Mer : Monique Le Hénaff, pour De l’île de la Réunion à Rochefort, journal de Julie Desgravelles-Bérar
    Prix de la Ville de Marennes : Chloé Henry-Biabaud et Sibylle d’Orgeval pour le film Vents contraires
    Prix de la Haute-Saintonge : Christian Thomas, pour le parc du château de Beaulon à St-Dizant-du-Gua
    Prix Dangibeaud : Lucille Bourroux, pour son ouvrage Jean-Jacques Audubon, dessins de jeunesse
    Prix Jacques et Marie-Jeanne Badois : Association ‘‘Les amis de la Porte royale de La Rochelle »
    Prix de l’innovation René Coutant : Rémy Babiaud, facteur d’un piano de concert entièrement réalisé à la main

    Un bon « audimat »
    Le succès d’une telle manifestation se mesure aux applaudissements, au nombre de sièges occupés mais aussi aux mentions dans la presse. Les Prix de l’Académie de Saintonge ont fait l’objet cette année de deux grands articles dans Sud-Ouest, une interview dans Ouest-France, des papiers dans La Charente libre, La Haute Saintonge, le blog de Nicole Bertin, le journal internet de Royan et celui de Marennes, le bulletin des Journées du patrimoine de La Rochelle, les informations diocésaines de Charente-Maritime. Sur les ondes, Radio-Terre marine a diffusé une interview de M.-D. Montel, la manifestation a été annoncée sur France bleue-La Rochelle et Demoiselles-FM et la liste n’est pas exhaustive.

    La revue, le site internet et maintenant… une page Facebook
    Tirée à 250 exemplaires, la revue annuelle de l’Académie est offerte aux spectateurs. Cette brochure en couleurs de 28 pages présente les lauréats de l’année, les activités de l’Académie et de ses membres. Elle est déposée à la BNF et aux archives de Charente-Maritime à Jonzac. Une page Facebook de l’Académie de Saintonge a été créée par notre collègue Nicole Bertin ; elle s’ajoute au site internet (réactualisé par Christine de Ponchalon), pour nous permettre d’atteindre d’autres publics et d’être plus réactifs.

    Assemblée générale à Pont-l’Abbé d’Arnoult : 9 décembre 2019
    L’Académie poursuit sa politique d’assemblées itinérantes de manière à entretenir ses liens avec les municipalités et les établissements culturels de la région. Ainsi en décembre, à l’initiative de notre directeur adjoint, Alain Quella-Villéger, nous avons effectué une visite privée de l’Abadaire, la demeure de l’explorateur René Caillié, avant de gagner Pont-l’Abbé d’Arnoult pour le traditionnel déjeuner académique, suivi de l’assemblée générale où ont été adoptés le rapport moral et le rapport financier 2019.

    Une conférence à Jonzac : 21 décembre 2019
    L’Académie de Saintonge, en partenariat avec la Ville de Jonzac, a organisé une conférence de l’astrophysicien Jean-Philippe Beaulieu, Grand prix de l’Académie 2019, sur les exo-planètes, leur découverte, leur exploration et leur atmosphère, dans le ravissant cadre du théâtre de Jonzac.

    Un arbre au nom de l’Académie dans le parc de Beaulon : janvier 2020
    Christian Thomas (prix Badois pour le parc du château de Beaulon à St-Dizant-du-Gua) a consacré le montant de son prix à l’achat d’un chêne. L’arbre a été planté près des Fontaines Bleues, avec un panonceau mentionnant l’Académie de Saintonge.

    Projection à l’Assemblée Nationale : 4 février 2020
    Parmi les lauréats 2019, le député Didier Quentin avait remarqué le film Vents contraires, une histoire de la pêche en France, réalisé par Chloé Henry-Biabaud et Sibylle d’Orgeval (prix de la Ville de Marennes 2019). Il a organisé à l’Assemblée Nationale une projection du film, suivie d’un débat sur la gestion des ressources en présence de plusieurs députés, de membres de la commission de la pêche, de représentants des organisations professionnelles de pécheurs et de notre directrice.

    « Grand oral » de l’Académie à Saintes : 20 février 2020
    L’Académie de Saintonge était l’invitée du célèbre « Grand oral » organisé par Sciences-Po Bordeaux et le journal Sud-ouest à l’auditorium de l’Abbaye aux Dames de Saintes. Le débat était animé par le journaliste Christophe Lucet. Cinq académiciens – Didier Néraudeau, Christine Sebert-Badois, Alain Quella-Villéger, Odile Pradem-Faure et Marie-Dominique Montel, représentant leurs collègues – ont été soumis deux heures durant un feu roulant de questions sur le rôle de l’Académie et le patrimoine régional.

    Séance de travail à l’île de Ré : 6 mars 2020
    Roselyne Coutant-Bénier avait préparé de longue date cette visite passionnante aux Ateliers Quillet de restauration de documents anciens à Loix-en-Ré. La découverte des techniques employées, la qualité des documents traités et les explications de nos hôtes ont concouru à faire de cette matinée un grand succès. Le déjeuner et la réunion de préparation du futur palmarès se sont tenus à l’hôtel Atalante de Sainte-Marie-de-Ré.

    Un académicien centenaire
    Le docteur Jean-Claude Dubois (22e siège), psychiatre, poète et créateur de la Saintonge littéraire a fêté son 100e anniversaire, en février à Saujon. Les membres de l’Académie réunis à Sainte-Marie-de-Ré n’ont pas manqué d’adresser un message de félicitations accompagnées d’affectueuses pensées à leur collègue, ami et… doyen.

    Décès de notre collègue Jacques Duguet
    L’Académie a eu la tristesse de perdre l’un de ses grands anciens, notre collègue Jacques Duguet, titulaire du 15e siège de 1984 à 1999. Professeur à Rochefort, historien, spécialiste du Moyen Âge et grand connaisseur des langues régionales, Jacques Duguet était membre honoraire depuis 1999. Il est décédé le 25 avril à Rochefort à 97 ans.

    Une séance de l’Académie confinée…
    La séance privée de l’Académie prévue à Saujon début mai ayant dû être annulée pour cause de Coronavirus et de confinement, les académiciens se sont mis au télétravail pour mener à bien les présentations des candidats de l’année 2020. Dossiers et photos ont pu ainsi être soumis par internet à l’appréciation de tous nos collègues.

    Une autre pour la remplacer
    Le 22 juin, finie la période de confinement et de limitation des déplacements, l’Académie a pu enfin se réunir en session extraordinaire à Saintes. C’est notre collègue Philippe Ravon qui a accueilli au bord de la Charente les académiciens dûment masqués venus finaliser par leurs votes l’élaboration du palmarès 2020.

    Un prix de l’île de Ré en 2020
    La Communauté de communes de l’île de Ré finance ce Prix de l’île de Ré qui vient enrichir notre palmarès 2020. Cette nouvelle récompense souligne une fois de plus l’intérêt des collectivités locales pour notre Académie qui compte déjà les prix de Saintes, Royan, Rochefort, Marennes, Haute-Saintonge et de la Communauté d’agglomérations Royan-Atlantique.

    Des académiciens à l’honneur
    Christine Sébert-Badois a reçu les insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres. Alain Quella-Villéger a reçu le prix littéraire 2019 du Comité d’action de la Résistance/Souvenir français pour son livre France Bloch-Sarazin, une femme en résistance (1913-1943).

    2020 : vu dans la presse

     

    Compte rendu des rencontres Sciences Po Bordeaux – Sud-Ouest

    Autour du patrimoine, avec l’Académie de Saintonge

    Saintes, l’Abbaye aux Dames – le 20 février 2020

    Rencontres Sciences Po Bordeaux – Sud-Ouest - Saintes , 20 février 2020

    L’I.E. P. de Bordeaux organise tous les ans, avec le quotidien Sud-Ouest, une dizaine de rendez-vous, dont un décentralisé, afin de permettre aux étudiants qui ne connaissent pas la région de la découvrir. Cette année le choix s’est porté sur la Charente-Maritime, et plus particulièrement le sud du département.
    Le matin, la première visite était pour les sites du Fa, port de Saintes dans l’Antiquité gallo-romaine, et de Barzan. L’étape suivante était Royan. Comment la ville s’était relevée après les bombardement destructeurs, comment elle avait été reconstruite, et les conditions de la résurrection. Ce qui amenait la question de la défense du patrimoine.
    Pour Christophe Lucet, rédacteur en chef de Sud-Ouest et Yves Déloye, directeur de l’IEP, le meilleur interlocuteur local dans l’examen de cette problématique paraissait être l’Académie de Saintonge.

    Rencontres Sciences Po Bordeaux – Sud-Ouest - Saintes , 20 février 2020 : Alain QUELLA-VILLEGER, académicien, et Christophe LUCET, rédacteur en chef de Sud-Ouest
    Alain QUELLA-VILLEGER, académicien, et Christophe LUCET, rédacteur en chef de Sud-Ouest
    Rencontres Sciences Po Bordeaux – Sud-Ouest - Saintes , 20 février 2020 : Yves DELOYE, directeur de l'IEP de Bordeaux, et Marie-Dominique MONTEL, directrice de l’Académie de Saintonge
    Yves DELOYE, directeur de l’IEP de Bordeaux, et Marie-Dominique MONTEL, directrice de l’Académie de Saintonge

    Présentation des invités :

    • Marie-Dominique Montel, réalisatrice de documentaires et directrice de l’Académie
    • Christine Sebert-Badois, propriétaire du château de La Roche Courbon, académicienne
    • Didier Néraudeau, paléontologue, spécialiste des ères jurassique et crétacé « découvreur » de plusieurs sites de fossiles remarquables dans la région, académicien
    • Alain Quella-Villéger, biographe et spécialiste de l’œuvre de Pierre Loti, académicien
    • Odile Pradem-Faure, directrice de l’Abbaye aux Dames, académicienne honoraire
    Face à eux, et au public où l’on reconnaissait plusieurs autres membres de l’Académie, deux étudiants, porte-paroles de leurs collègues, avec qui une série de questions a été préparée : Gladys et Théo.

    Gladys et Théo, porte-paroles de leurs collègues étudiants, entourent Christophe LUCET, rédacteur en chef de Sud-Ouest
    Gladys et Théo, porte-paroles de leurs collègues étudiants, entourent Christophe LUCET, rédacteur en chef de Sud-Ouest

    Pourquoi la Saintonge est-elle rayonnante ?

    (Réponse des académiciens)

    C’est une région côtière où il y a toujours eu des mouvements d’arrivée et de départ. On y est tourné vers ce qui se passe ailleurs, on part et l’on revient : Champlain, Courbet, Loti…
    Chaque académicien raconte sa relation particulière avec le territoire : familiale, professionnelle, musicale, avec les monuments, le sol, le terroir, la langue et l’histoire. Avec la couleur particulière de la pierre et la transparence de la lumière.

    Sur ce qu’apportent la terre et la mer.

    On s’est toujours déplacé d’est en ouest, pour aller vers l’océan et vers l’intérieur. L’axe nord-sud étant récent. C’est aussi la présence du fleuve Charente qui était une importante voie de communication pour les hommes et les marchandises, depuis le haut du pays vers la mer, puis les ports étrangers. Les idées circulaient aussi ainsi.

    À Odile Pradem Faure, sur les relations entre Saintes, Royan et La Rochelle

    Pas de lien direct. Mais des complémentarités pour les festivals lors desquels des concerts et des rencontres sont organisés.

    À Didier Néraudeau, sur les grands sites locaux d’où ont été exhumés des fossiles de dinosaures. Le grand public manifestant aujourd’hui une curiosité croissante pour ces animaux.

    Il se trouve que, par des hasards géologiques, les couches contenant les fossiles sont accessibles dans notre région, alors qu’elles sont profondément enfouies ailleurs. Et jusqu’à présent elles ont été préservées des fouilles sauvages. La chance y est pour beaucoup.

    Sur l’importance de la langue.

    Réponse difficile. Le rayonnement du patois charentais est limité. Nous sommes à la frontière entre la langue d’oc et la langue d’oil. Dans la région il y des spécialistes qui ne sont pas d’accord entre eux. Certains mots se retrouvent aujourd’hui dans le français parlé localement. Mais ce français parlé est encore un beau français classique.

    La région redoute-t-elle une montée des eaux annoncée comme inéluctable par certains ?

    Depuis des dizaines de millions d’années les eaux sont toujours montées puis se sont retirées, avec une amplitude variable. Des centaines d’espèces (présentes bien avant l’homme) ont disparu de ce fait. On en trouve dans les couches explorées. Au XIXe siècle on les nomme souvent du nom de la commune où elles ont été découvertes ou du nom du découvreur.
    Ces flux reflux continueront. Et ce dont est sûr, c’est que l’espèce humaine s’éteindra un jour.

    Pourquoi avoir choisi pour Royan une architecture moderne ?

    Royan est devenue une ville nouvelle, tout comme Rochefort a été une ville nouvelle du XVIIIe siècle. L’urbaniste et un choix politique. Il y avait besoin de logements pour la population et pour les futurs vacanciers nécessitant l’urbanisation du front de mer.
    La spéculation immobilière des années 70 a parfois continué l’œuvre de destruction des bombardements.

    Rencontres Sciences Po Bordeaux – Sud-Ouest - Saintes , 20 février 2020

    DEUXIÈME PARTIE DU DÉBAT : culture et patrimoine, quels financements ?

    L’Académie décerne chaque année des prix distinguant ceux qui œuvrent pour la vitalité de la culture régionale. Ces prix récompensent de acteurs dans tous domaines : restaurateurs de bâtiments, écrivains, musiciens, scientifiques contribuant au rayonnement de la Saintonge par leur personnalité et leurs actions, dans la région, en France et aussi dans le monde. Car les gens bougent et voyagent.

    Sur la propriété du patrimoine et son entretien.

    En France, la moitié du patrimoine bâti est privé. Les propriétaires doivent raisonner à moyen et long terme, mais aussi à court terme, tout simplement pour vivre, et ils ont une obligation de résultat annuelle tout en travaillant pour la génération d’après. Les propriétaires actuels sont héritiers de ce qu’ont fait leurs parents et grands-parents.
    Il y a aussi le patrimoine naturel. Une loi a été votée en 2015, et des inventaires ont été menés. En Saintonge, une centaine de sites naturels ont été ainsi classés. Le classement n’est qu’un point de départ, ensuite il faut de l’argent pour protéger ces lieux tout en les faisant connaître.
    Ils ne sont pas signalés, et, le paradoxe est, qu’en les signalant, ou en les mettant en valeur, on risque dégradations et pillages. Exemple à Saintes avec des couches géologiques du santonien. Uniques et ignorées.
    Autre problème, crucial, celui de l’éducation. On ne protège bien que ce que l’on connaît, c’est à dire ce que l’on nous a appris : c’est l’ignorance qui mène aux dégradations. L’école, les parents, tous les étages de la société devraient pouvoir faire découvrir le patrimoine, au sens le plus large possible, aux jeunes, et leur donner des notions de base. Et aussi expliquer qu’il s’agit de l’héritage commun.

    Quelles alternatives au manque de financement public ?

    L’imagination et l’énergie !
    À La Roche Courbon les décisions sont prises de manière collégiale. Il faut savoir se mettre à la portée de tous les publics et se servir d’un monument comme d’une leçon de choses afin qu’ils se souviennent des fondamentaux. Il faut réussir à faire aimer le monument du public. En 2019 : 35 000 visiteurs, et l’agrément de l’Education Nationale.
    Le château est ouvert au public depuis 70 ans.
    Pour attirer les financements il faut faire partie de réseaux, de regroupements de propriétaires comme La Demeure Historique regroupant trois mille propriétaires. Il faut aussi rechercher des mécènes parmi les entreprises et les collectivités publiques.

    Que penser du Loto du patrimoine ?

    À Rochefort, la visite de son inventeur à la Maison de Pierre Loti a permis de mobiliser les énergies, et les collectivités ont suivi le mouvement. Les 400 000 euros sont consacrés, comme prévu, à la restauration du plafond de la mosquée.
    Entretenir un château est difficile, la preuve en est qu’il y a, en ce moment, mille châteaux, de toutes tailles, à vendre en France. Il est suggéré que, pour le prix d’un appartement ou d’une maison banale, on peut acquérir un monument historique pour le même prix ! Et l’on fera œuvre de préservation.
    Pour mémoire, le Loto du patrimoine a aussi attribué des fonds à l’amphithéatre gallo-romain de Saintes.

    Qu’apportent les documentaires au patrimoine régional ?

    Ils permettent de le faire connaître plus largement, de susciter la curiosité. En ce qui concerne les sites, musées, bâtiments… le problème est tout de même que, par rapport à d’autres pays européens, la France a trop de patrimoine, rendant quasi impossible sa mise ou remise en valeur.
    En région les petits musées ont du mal à survivre. L’Espagne est un exemple à suivre avec des musées de très haut niveau.

    Rencontres Sciences Po Bordeaux – Sud-Ouest - Saintes , 20 février 2020

    TROISIÈME PARTIE DU DÉBAT

    Comment fonctionne l’Académie ?

    Réponses de Marie-Dominique Montel et des académiciens.

    Y a-t-il des échanges entre le festival de musique de Saintes et Le violon sur sable à Royan ?

    La réponse est : peu de perméabilité, pas de concurrence mais partage du public. Les deux manifestations se succèdent, donc il n’y a pas de télescopage, mais complémentarité.

    Questions et réponses sur le musée de La Roche Courbon, le Paléosite, le personnage de Pierre Loti, l’origine du nom « cagouille » la différence entre le cognac et le pineau.

    Fin de la séance aux environs de 17h30.

    Rencontres Sciences Po Bordeaux – Sud-Ouest – Saintes , 20 février 2020
    Christine SEBERT-BADOIS, académicienne, et deux étudiantes
    Christine SEBERT-BADOIS, académicienne, et deux étudiantes
    À gauche, Didier NERAUDEAU, académicien ; au centre, Odile PRADEM-FAURE, directrice de l’Abbaye aux Dames
    À gauche, Didier NERAUDEAU, académicien ; au centre, Odile PRADEM-FAURE, directrice de l’Abbaye aux Dames
    Nicole BERTIN, académicienne
    Nicole BERTIN, académicienne
    Philippe RAVON, académicien
    Philippe RAVON, académicien
    Alain QUELLA-VILLEGER, directeur adjoint de l’Académie ; Alain BRAASTAD, académicien, et son épouse
    Alain QUELLA-VILLEGER, directeur adjoint de l’Académie ; Alain BRAASTAD, académicien, et son épouse
    Les académiciens Christine SEBERT-BADOIS et Alain QUELLA-VILLEGER
    Les académiciens Christine SEBERT-BADOIS et Alain QUELLA-VILLEGER
    Les académiciens Marie-Dominique MONTEL, Alain QUELLA-VILLEGER et Didier NERAUDEAU
    Les académiciens Marie-Dominique MONTEL, Alain QUELLA-VILLEGER et Didier NERAUDEAU
    Les académiciens Marie-Dominique MONTEL, Alain QUELLA-VILLEGER et Didier NERAUDEAU
    Les académiciens Marie-Dominique MONTEL, Alain QUELLA-VILLEGER et Didier NERAUDEAU

    Photos : Christine DE PONCHALON

    Rencontres Sciences Po Bordeaux – Sud-Ouest - Saintes , 20 février 2020Le palmarès 2019 de l’Académie de Saintonge

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