{"id":460,"date":"2015-08-04T11:14:00","date_gmt":"2015-08-04T10:14:00","guid":{"rendered":"http:\/\/academie-saintonge.org\/?p=460"},"modified":"2016-02-03T12:37:24","modified_gmt":"2016-02-03T11:37:24","slug":"reception-dalain-braastad-par-michel-danglade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/academie-saintonge.org\/?p=460","title":{"rendered":"R\u00e9ception d&rsquo;Alain Braastad"},"content":{"rendered":"<table border=\"0\" width=\"100%\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"10\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p class=\"text\" align=\"justify\">L&rsquo;honneur me revient d&rsquo;accueillir Alain Braastad, notre nouvel acad\u00e9micien. Qui est Alain Braastaad?<br \/>\nPour faire bref, je dirais qu&rsquo;Alain Braastad est un nez. Si je pr\u00e9tends que c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il se pr\u00e9senta dans sa lettre de candidature adress\u00e9e au directeur de notre docte assembl\u00e9e, vous allez me rire au nez. Vous auriez tort. Je le cite: \u00abJe suis un simple nez des confins de l&rsquo;Angoumois et de la Saintonge. Nez je le suis, car n\u00e9gociant en cognac.\u00bb Et croyez-moi, en v\u00e9rit\u00e9 je vous le dis, il n&rsquo;est pas n&rsquo;importe quel nez, n&rsquo;importe quel n\u00e9gociant. Ni Cyrano, ni Cl\u00e9op\u00e2tre, Alain Braastad est jarnacais. Ce n&rsquo;est pas rien. Car il dirige la tr\u00e8s r\u00e9put\u00e9e maison Delamain, maison familiale de par sa m\u00e8re, n\u00e9e Delamain. Son nom exotique, Alain Braastad le tient de son p\u00e8re, issu de la deuxi\u00e8me vague de ces envahisseurs vikings venus pointer leur nez en Charente, attir\u00e9s par l&rsquo;odeur du cognac. Ils n&rsquo;en sont jamais repartis, pris dans les rets des charmantes demoiselles de ces doux rivages parfum\u00e9s, qui ont su les mener par le bout du nez. Mais, non content de plonger son nez dans un verre pour faire du bon cognac, Alain Braastad n&rsquo;a pas r\u00e9sist\u00e9 au virus familial, victime d&rsquo;une h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 lourde de quatre g\u00e9n\u00e9rations de Delamain, tous artistes passionn\u00e9s qui nous ont livr\u00e9 pour notre plus grand plaisir leurs pr\u00e9cieuses recherches, leurs po\u00e9tiques \u00e9critures. L&rsquo;Histoire du cognac de Robert Delamamin reste l&rsquo;ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence pour notre beau produit. Jacques Delamain nous r\u00e9galera toujours \u00e0 la lecture de ses livres merveilleux sur les oiseaux. Et n&rsquo;oublions pas que ce sont les Delamain, avec la complicit\u00e9 de leur cousin Jacques Chardonne, qui ont fond\u00e9 la librairie Stock. On voit par l\u00e0 qu&rsquo;Alain Braastad ne pouvait \u00e9chapper \u00e0 son destin. Le sien \u00e9tait destin d&rsquo;historien. Fourrer son nez dans les vieux papiers, \u00e7a lui pendait au nez! Le voil\u00e0 pris dans l&rsquo;engrenage infernal des registres, des actes, des archives. Cet homme, pourtant discret, avoue complaisamment avoir pouss\u00e9 le vice avec jouissance -ce sont ses propres termes- \u00e0 forcer les portes, \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans l&rsquo;intimit\u00e9 des familles, s&#8217;employant avec d\u00e9lectation \u00e0 leur tirer les vers du nez. Il a certes particip\u00e9 \u00e0 de nombreux ouvrages, mais il est aussi l&rsquo;auteur, parmi d&rsquo;autres parutions, d&rsquo;un remarquable Jarnac en 1789, et d&rsquo;un non moins \u00e9tonnant Jarnac de 1700 \u00e0 1792, \u00e9tude de tous les Jarnacais ayant v\u00e9cu pendant le si\u00e8cle. Sans compter qu&rsquo;il s&rsquo;est attaqu\u00e9 aux Chabot qui ont r\u00e9gn\u00e9 sur la ville avant de se casser le nez \u00e0 la r\u00e9volution, aux r\u00e9form\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;\u00e9dit de Nantes&#8230;<br \/>\nDans un tout autre registre, on le d\u00e9couvre amoureux des gracieux p\u00e9pillements, roucoulades, gazouillis des oiseaux de nos campagnes, ce qui montre amplement l&rsquo;\u00e9clectisme de ses passions. Conf\u00e9rencier, membre des soci\u00e9t\u00e9s savantes de la r\u00e9gion, il est bien ici chez lui, car il a maintes fois collabor\u00e9 avec plusieurs de nos distingu\u00e9s acad\u00e9miciens. En accueillant parmi ses membres, \u00e0 la fois l&rsquo;\u00e9rudit et l&rsquo;artiste en cognac, on peut affirmer que l&rsquo;Acad\u00e9mie de Saintonge a eu le nez creux !<\/p>\n<p>(Merci Michel Danglade, votre humour m&rsquo;a toujours enchant\u00e9 et \u00e0 vue de nez, je ne suis pas le seul \u00e0 le ressentir&#8230; Et bienvenue \u00e0 vous, Monsieur le nez, nous sommes tr\u00e8s heureux de vous compter dor\u00e9navant parmi nos coll\u00e8gues. Votre message sur les dangers que court l&rsquo;identit\u00e9 charentaise \u00e0 travers les abandons que subit son cognac a \u00e9t\u00e9, j&rsquo;en suis s\u00fbr, parfaitement entendu. J&rsquo;ignorais que Saintes avait eu avant Cognac l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un classement des crus dont elle aurait \u00e9t\u00e9 le centre. Vous nous avez brillamment parl\u00e9 des fronti\u00e8res de la Saintonge, de cette Guirlande que vous aimez tant, vous auriez pu tout autant nous vanter le N\u00e9 qui s\u00e9pare les deux d\u00e9partements de la Charente! Pour nous, vous le savez bien, la Saintonge poss\u00e8de une fronti\u00e8re \u00e9lastique : plus on l&rsquo;\u00e9tend en s&rsquo;y rattachant comme vous avec le cceur et la passion, plus nous en sommes fiers&#8230; Monsieur le Saintongeais de bordure, monsieur le Saintongeais de la Guirlande, je suis certain que vous aiderez l&rsquo;Acad\u00e9mie \u00e0 avoir du nez dans le choix de ses distinctions. \u00c9tablir un palmar\u00e8s ne n\u00e9cessite certes pas que du nez, mais pour le pays charentais, se tremper \u00e0 l&rsquo;odorat du cognac est toujours signe de talent. Fran\u00e7ois Julien-Labruy\u00e8re)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"0\" width=\"100%\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"10\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div><span class=\"textgras\">Hommage au Chanoine Julien SALA\u00dcN<\/span> <span class=\"text\"> par Alain Braastad<\/span><\/div>\n<div class=\"text\" align=\"justify\">(II est temps de passer au second acte de notre r\u00e9union, un acte empreint de tradition, puisqu&rsquo;il consiste en la r\u00e9ception d&rsquo;un nouveau membre. C&rsquo;est chaque fois une \u00e9motion pour nous que d&rsquo;\u00e9lire un nouveau coll\u00e8gue, bien s\u00fbr parce que cela signifie qu&rsquo;un de nos anciens a disparu, mais aussi parce que chaque acad\u00e9micien repr\u00e9sente une partie de l&rsquo;ensemble et que, comme un corps, nous ne sommes nullement indiff\u00e9rents \u00e0 chacune de nos parties. Recevoir un nouveau est donc un moment important. Un moment public qui fait suite \u00e0 une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9changes priv\u00e9s destin\u00e9s \u00e0 s&rsquo;assurer que le futur acad\u00e9micien fera honneur \u00e0 la compagnie. Avec Alain Braastad, c&rsquo;est toute la l\u00e9gende du cognac qui vient \u00e0 nous. Nous en sommes \u00e9videmment tr\u00e8s fiers. Monsieur des chais, monsieur du verre tulipe, monsieur de l&rsquo;acquit jaune d&rsquo;or, monsieur de la part des anges, Michel Danglade dira tout \u00e0 l&rsquo;heure le grand plaisir que nous avons \u00e0 vous accueillir, mais il vous reste un dernier pas avant d&rsquo;\u00eatre officiellement re\u00e7u, l&rsquo;hommage \u00e0 votre pr\u00e9decesseur.F. Julien-Labruy\u00e8re)Puis-je commencer par remercier Michel Danglade d&rsquo;avoir pens\u00e9 \u00e0 moi comme \u00e0 un \u00e9ventuel candidat puis d&rsquo;avoir, avec je ne sais quels arguments, su vous convaincre, vous ses amis, que j&rsquo;\u00e9tais digne d&rsquo;entrer dans votre Acad\u00e9mie. J&rsquo;en suis touch\u00e9 et extr\u00eamement honor\u00e9 mais je me demande si j&rsquo;ai vraiment les qualit\u00e9s requises et ce que je vais pouvoir vous apporter. Je ferai naturellement mon possible pour occuper dignement ce fauteuil, celui de Pierre-Henri Simon puis du p\u00e8re Julien Sala\u00fcn.<br \/>\nQu&rsquo;attendez-vous d&rsquo;un Jarnacais ? Non je ne vais pas vous raconter l&rsquo;histoire du coup, non je ne vais pas vous parler de la bataille et encore moins du cimeti\u00e8re des Grands&rsquo;Maisons. C&rsquo;est que je ne suis ni \u00e9crivain, ni po\u00e8te, ni homme de lettres, ni journaliste, ni professeur, ni archiviste, ni diplomate, ni eccl\u00e9siastique, bref tout ce qui forme normalement le vivier de toute bonne acad\u00e9mie. On m&rsquo;a dit que la v\u00f4tre se voulait \u00eatre un jury \u00e0 l&rsquo;ouverture d&rsquo;esprit la plus large possible pour promouvoir notre identit\u00e9 r\u00e9gionale et tout ce qui se fait de mieux dans notre r\u00e9gion; puis-je sugg\u00e9rer que nous devrions peut-\u00eatre aussi, pour mieux prot\u00e9ger notre patrimoine, juger et faire savoir ce qui s&rsquo;y fait de plus mauvais et qui est une contre-illustration de notre r\u00e9gion : un \u00ab\u00a0prix d&rsquo;horreur\u00a0\u00bb en quelque sorte.<br \/>\nPremi\u00e8re originalit\u00e9 donc dans cette digne assembl\u00e9e, je suis un commer\u00e7ant ou plus exactement un \u00ab\u00a0n\u00e9gociant\u00a0\u00bb, ce qui dans le Cogna\u00e7ais voulait dire exclusivement le chef d&rsquo;une maison de cognac. C&rsquo;est de nos jours une esp\u00e8ce en voie de disparition et l&rsquo;on nous compterait aujourd&rsquo;hui presque sur les doigts d&rsquo;une main. Je vous en dirai plus tout \u00e0 l&rsquo;heure \u00e0 ce sujet. Mais notons cependant que je dois \u00eatre l&rsquo;un des premiers de cette profession dans votre Acad\u00e9mie malgr\u00e9 la place que tient le cognac dans notre \u00e9conomie r\u00e9gionale. Deuxi\u00e8me originalit\u00e9 dans cette Acad\u00e9mie de Saintonge, je ne suis pas un vrai Saintongeais, tout juste un Saintongeais de bordure. Si, cher directeur, vous acceptez cette appellation non contr\u00f4l\u00e9e qui dans une carte acad\u00e9mique et remani\u00e9e des crus, prenant Saintes pour centre, (ils ont os\u00e9 en faire une au si\u00e8cle dernier, sign\u00e9e Lacroix et dat\u00e9e d&rsquo;avril 1854) j&rsquo;aurais \u00e9t\u00e9 un Saintongeais tout juste \u00ab\u00a0ordinaire\u00a0\u00bb ou m\u00eame \u00ab\u00a0commun\u00a0\u00bb et pour quelqu&rsquo;un qui ne travaille que la Grande Champagne, ce n&rsquo;est pas \u00e9vident \u00e0 accepter.<br \/>\nTroisi\u00e8me originalit\u00e9, je ne travaille pas de mes mains comme vous tous mes nouveaux confr\u00e8res, je ne vis pas de ma plume ou de mon pinceau, ce qui semblerait encore une fois normal pour un acad\u00e9micien. Non je vis principalement de mon nez et \u00e9ventuellement de ma bouche mais qui elle simplement confirme ce qu&rsquo;aura pu m&rsquo;annoncer mon appendice nasal. Pour certains philosophes ancien le toucher, l&rsquo;odorat et le go\u00fbt \u00e9taient des sens bassement mat\u00e9riels raccord\u00e9s au ventre alors que la vue ou l&rsquo;ou\u00efe \u00e9taient plus nobles puisque rattach\u00e9s \u00e0 la t\u00eate, donc \u00e0 l&rsquo;esprit. Ne soyez donc pas \u00e9tonn\u00e9s si vous m&rsquo;en voyez relativement d\u00e9pourvu. Quatri\u00e8me originalit\u00e9, je m&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 de nombreux sujets, mais qui sont bien rarement des sujets de conversation de salons. Ainsi je suis ignare en ce qui concerne les r\u00e8gles, la technique ou les hommes du sport ou des sciences m\u00e9caniques, mais passionn\u00e9 des choses de la nature, je peux vous dire de quel oiseau provient cette coquille d&rsquo;oeuf trouv\u00e9e en bordure du chemin, la diff\u00e9rence entre l&rsquo;ophris abeille et la scolopax qui sont deux de nos petites orchid\u00e9es locales. Autre sp\u00e9cialit\u00e9 plus originale, je connais aussi le nombre d&rsquo;enfants du sieur Pierre Viaud, tonnelier, n\u00e9 \u00e0 Jarnac en 1709 : il en eut 28 en 45 ans avec seulement deux femmes dont 5 Pierre, 5 \u00c9lisabeth et 4 Anne et les autres. Je peux faire d\u00e9filer tout Jarnac comme \u00e7a depuis plus de trois si\u00e8cles. C&rsquo;est de la g\u00e9n\u00e9alogie, de l&rsquo;histoire locale, bref je suis fou de jarnacaiseries et tout ce qui tourne autour.<br \/>\nCinqui\u00e8me originalit\u00e9 et non la moindre puis je m&rsquo;arr\u00eaterai l\u00e0. On demande \u00e0 un huguenot de faire l&rsquo;\u00e9loge de son pr\u00e9d\u00e9cesseur \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie et celui-ci se trouve \u00eatre un pr\u00eatre papiste. Un comble ailleurs, normal ici car la tol\u00e9rance se doit d&rsquo;\u00eatre un trait du Saintongeais, un trait pour ainsi dire oblig\u00e9, car toute bonne famille saintongeaise qui se respecte a toujours quelques anc\u00eatres r\u00e9form\u00e9s dans son lignage. Je reprendrai ce que j&rsquo;ai appel\u00e9 mes originalit\u00e9s en souhaitant, ce que je ne doute pas un instant compte tenu de votre civilit\u00e9, qu&rsquo;elles deviennent rapidement, parmi vous mes chers confr\u00e8res, des compl\u00e9mentarit\u00e9s.<br \/>\nJe commencerai par le n\u00e9gociant. On parle actuellement beaucoup d&rsquo;une viticulture en crise, d&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9vidente d&rsquo;\u00e9volution vers plus de professionnalisme, de meilleure gestion, d&rsquo;une surface plant\u00e9e minimale par exploitation, de rentabilit\u00e9, de quota de production, bref d&rsquo;une prise de conscience qu&rsquo;une propri\u00e9t\u00e9 se dirige comme une entreprise, que tout ce qui peut \u00eatre produit n&rsquo;est pas automatiquement vendu, que si l&rsquo;on produit plus que ce qu&rsquo;on peut logiquement vendre il ne faut s&rsquo;en prendre qu&rsquo;\u00e0 soi-m\u00eame et que de toutes fa\u00e7ons seuls les meilleurs et les plus performants survivront. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9vidence, mais qu&rsquo;elle est dure \u00e0 accepter ! On parle donc beaucoup des probl\u00e8mes de la viticulture, mais analysons ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es dans le n\u00e9goce: disparition de presque toutes les maisons de famille, puis disparition de presque tous les services, les centres de d\u00e9cision ont quitt\u00e9 Cognac et sa r\u00e9gion, les multinationales ne laissant \u00e0 Cognac que les seuls organes de production. Mes coll\u00e8gues ne sont plus des chefs de maison mais ils sont devenus de super ma\u00eetres de chai et des organisateurs de visites guid\u00e9es : vive les petits trains ou les bateaux-mouche. Plus de d\u00e9partement marketing, plus de service vente, plus de financiers, ils ne connaissent m\u00eame plus leurs agences dans le monde. On leur demande des \u00e9conomies, des r\u00e9sultats et ce qui est gagn\u00e9 part \u00e0 la maison-m\u00e8re. Imaginez quelle perte en hommes, en intelligence, en argent et en influence pour la r\u00e9gion. Et ce n&rsquo;est pas fini, pour la premi\u00e8re fois une des bases de la d\u00e9ontologie cogna\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9e. Car en plus d&rsquo;une l\u00e9gislation tr\u00e8s contraignante, Cognac s&rsquo;\u00e9tait forg\u00e9 ses r\u00e8gles, plus astreignantes encore que la l\u00e9gislation. Depuis 1791, notre premier commandement \u00e9tait : \u00ab\u00a0Tu ne vendras pas sous ton nom autre chose que du cognac\u00a0\u00bb, le second \u00e9tant \u00ab\u00a0Tu ne m\u00e9langeras pas ton cognac avec autre chose\u00a0\u00bb. Maintenant on vend du cognac mix\u00e9 \u00e0 de la noisette, du raisin, du fruit de la passion, du kiwi, du th\u00e9, du gingembre, de la bi\u00e8re, de la vodka, on vend du cognac blanc qui n&rsquo;a pas vieilli en f\u00fbts de ch\u00eane, de tout et n&rsquo;importe quoi, m\u00eame du whisky mais, et c&rsquo;est ce qui est nouveau, ces produits voudraient \u00eatre vendus sous nos plus grands noms commerciaux, ceux qui ont fait la r\u00e9putation du cognac. Des noms qui n&rsquo;ont dans le pass\u00e9 v\u00e9cu que pour et par le cognac, qui sans le cognac ne seraient pas devenus ce qu&rsquo;ils sont mais sans qui le cognac serait rest\u00e9 au rang d&rsquo;une simple sp\u00e9cialit\u00e9 r\u00e9gionale, sans cet \u00e9norme renom international, fruit de trois si\u00e8cles de labeur incessant. Sous peu, les noms resteront mais le cognac de base sera remplac\u00e9 par un alcool de substitution moins on\u00e9reux. \u00ab\u00a0Notre nom nous appartient et nous en ferons ce que nous voudrons\u00a0\u00bb, disait r\u00e9cemment un dirigeant d&rsquo;une des plus grandes entreprises, j&rsquo;ajouterais qu&rsquo;il aurait d\u00fb dire plus exactement : \u00ab\u00a0Notre nom ne nous appartient plus et nous en ferons ce que l&rsquo;on nous dira d&rsquo;en faire\u00a0\u00bb, car les vrais responsables ne sont plus cogna\u00e7ais. Les grands anc\u00eatres doivent se retourner dans leur tombe. Certes il est bon d&rsquo;innover mais \u00e0 la condition de ne pas toucher \u00e0 la qualit\u00e9 et au prestige du cognac. Diplodocus Compniacensis ou Ajarnaciensis r\u00e9sistera car il est sp\u00e9cialis\u00e9 dans ce que l&rsquo;on fait de mieux dans le cognac, ses clients sont exigeants et il restera toujours de petits march\u00e9s dans le monde pour la tr\u00e8s grande qualit\u00e9. Mais ce n&rsquo;est pas lui qui \u00e9coulera les dix millions d&rsquo;hectolitres de vin produits annuellement dans le plus grand vignoble de vin blanc du monde. Je passe vite car le sujet n&rsquo;est pas sp\u00e9cialement dr\u00f4le, il est m\u00eame dramatique.<br \/>\nSi l&rsquo;un des buts de notre Acad\u00e9mie est la sauvegarde de l&rsquo;identit\u00e9 r\u00e9gionale, du patrimoine et de la culture (je ne parle plus de vigne) de notre r\u00e9gion, alors oui il faut se pencher sans tarder sur notre produit, le cognac est un chef d&rsquo;oeuvre en p\u00e9ril, il a besoin de protection, mais je ne pense pas que la n\u00f4tre suffira. On a souvent dit qu&rsquo;il y avait comme une incompatibilit\u00e9 entre les pr\u00e9occupations intellectuelles et le commerce du cognac, ce qui est naturellement une h\u00e9r\u00e9sie mais il est bien vrai que le n\u00e9goce du cognac n&rsquo;a laiss\u00e9 que peu de trace c\u00f4t\u00e9 \u00e9rudition. Il faut dire que le m\u00e9tier est lui-m\u00eame passionnant et tr\u00e8s accaparant entre la vie de la Maison et les voyages autour du monde. La politique a peut-\u00eatre davantage tent\u00e9 les plus importants. Il est remarquable que ce soit surtout ceux qui cherchaient \u00e0 vendre de la belle qualit\u00e9, plut\u00f4t que de la quantit\u00e9, donc chez les plus petits, que l&rsquo;on retrouve dans ce milieu : chez Les Pellisson ou Marchadier \u00e0 Cognac, Mestreau ou Martineau \u00e0 Saintes, les Delamain \u00e0 Jamac. Saintongeais de bordure ? En effet vous m&rsquo;avez tir\u00e9 du fin fond oriental de l&rsquo;ancien \u00e9v\u00each\u00e9 de Saintes. Jamac a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 \u00e0 votre Acad\u00e9mie l&rsquo;avenante jhavasse Odette Comandon ou l&rsquo;aquarelliste et \u00e9crivain distingu\u00e9 Michel Danglade mais pour me trouver il a fallu remonter encore un peu plus le fleuve, car je vis en amont des moulins de Jarnac. \u00ab\u00a0Le Cogna\u00e7ais, c&rsquo;est une partie de la Saintonge rattach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Angoumois pour former la Charente sous la R\u00e9volution\u00a0\u00bb, lit-on trop souvent. L&rsquo;histoire est beaucoup plus complexe que cela. Religieusement, Jarnac a bien toujours form\u00e9 une paroisse et m\u00eame un archipr\u00eatr\u00e9 de l&rsquo;ancien \u00e9v\u00each\u00e9 de Saintes, bien que son prieur\u00e9 d\u00e9pend\u00eet de Saint-Cybard d&rsquo;Angoul\u00eame. Nos origines profondes sont donc bien saintongeaises. Nous d\u00e9pendions aussi, mais seulement depuis 1694 de la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 de La Rochelle alors qu&rsquo;Angoul\u00eame d\u00e9pendait de celle de Limoges. Mais Jarnac jusqu&rsquo;au d\u00e9but du XVIIe si\u00e8cle avait sa propre \u00e9lection rattach\u00e9e \u00e0 Niort en Poitou. Judiciairement, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 dans la s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e de Poitou, Jamac est pass\u00e9e dans la s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e d&rsquo;Angoul\u00eame qui d\u00e9pendait du parlement de Paris, tout comme l&rsquo;Aunis d&rsquo;ailleurs, alors que Saintes d\u00e9pendait de celui de Bordeaux; l\u00e0 nous diff\u00e9rons fortement, car Bordeaux a \u00e9t\u00e9 redoutable, par exemple contre les R\u00e9form\u00e9s. Nous disons que nous sommes de l&rsquo;Angoumois saintongeais, ce qui nous permet de mieux conserver notre personnalit\u00e9 propre tout en assurant une certaine communaut\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat des deux c\u00f4t\u00e9s.<br \/>\nConnaissez-vous la limite orientale de votre Saintonge, la fronti\u00e8re avec l&rsquo;Angoumois sur un vingtaine de kilom\u00e8tres ? C&rsquo;est de nos jours un charmant petit ruisseau d\u00e9nomm\u00e9 la Guirlande qui se jette dans le Bassigeau, petit bras de la Charente \u00e0 quelques kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;est de Bassac. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque du cheval, la Guirlande au joli nom \u00e9tait une vraie fronti\u00e8re naturelle, et jusqu&rsquo;\u00e0 la R\u00e9volution elle est rest\u00e9e la limite orientale du dioc\u00e8se de Saintes, celle de la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 de La Rochelle et celle de l&rsquo;importante seigneurie de Jarnac. C&rsquo;est le long de cette belle guirlande que l&rsquo;arri\u00e8re-garde des troupes du prince de Cond\u00e9 s&rsquo;est fait rattraper et a eu son premier heurt avec les troupes royales en mars 1569. La premi\u00e8re des deux gravures de Tortorel et. Perissin illustrant la bataille de Jarnac nous en rappelle le souvenir. Moi qui ne voulait pas parler de la bataille ! Cette Guirlande encore pour laquelle les topographes ont soulign\u00e9 sa terminaison en \u00ab\u00a0ande\u00a0\u00bb qui indiquait chez les celtes la limite d&rsquo;un territoire. C&rsquo;est donc une bien vieille fronti\u00e8re, nous sommes bien de la Saintonge. Mon outil de travail : le nez. Ainsi tous les matins, lorsque je ne suis pas en voyage, nous nous r\u00e9unissons dans une salle sp\u00e9cialement am\u00e9nag\u00e9e, toujours la m\u00eame, que nous appelons la salle de d\u00e9gustation. Attention, pas d&rsquo;injure, ce n&rsquo;est surtout pas un laboratoire ! Silence, je passe lentement mon nez au dessus d&rsquo;un verre tulipe en cristal qui contient quelques centilitres de cognac, toujours le m\u00eame verre, et j&rsquo;essaie d&rsquo;analyser le contenu du verre, ses composantes, ses caract\u00e9ristiques, son \u00e2ge afin d&rsquo;en d\u00e9terminer le prix, s&rsquo;il a le style que nous recherchons, son \u00e9volution possible, etc. Dix verres maximum. On ne peut pas d\u00e9guster seul non plus, mais les d\u00e9gustateurs doivent \u00eatre toujours les m\u00eames. Notre vocabulaire est beaucoup moins fleuri que celui du vin; chez nous pas de cuisse tendre ou de robe soyeuse. Pourquoi cette constance dans l&rsquo;environnement? Simplement pour bien retrouver nos marques, pour ne pas \u00eatre influenc\u00e9, d\u00e9rang\u00e9 par quelque chose de nouveau, nouvelle odeur, nouvelle lumi\u00e8re, bruit incongru qui viendrait troubler notre concentration. Pourquoi le nez? Simplement parce que l&rsquo;eau-de-vie est \u00e0 pleine force et qu&rsquo;elle ne pourrait pas \u00eatre mise en bouche en l&rsquo;\u00e9tat. On peut certes la r\u00e9duire en ajoutant un peu d&rsquo;eau dans le verre, mais pour nous c&rsquo;est le nez qui est important, nous travaillons l\u00e0 comme des parfumeurs, \u00e9ventuellement la bouche viendra en confirmation. Nous recherchons \u00e0 d\u00e9velopper la m\u00e9moire du nez, c&rsquo;est un outil formidable que la nature a mis \u00e0 notre disposition et dont nous ne nous servons plus assez. Mais tranquillisez-vous, je n&rsquo;en suis pas encore comme ce voyeur de D\u00e9mocrite qui pouvait, dans les rues d&rsquo;Abd\u00e8re de la Thrace antique, diff\u00e9rencier les vierges des \u00e9pouses qu&rsquo;il croisait par les effluves qu&rsquo;elles d\u00e9gageaient \u00e0 leur passage. Je n&rsquo;insisterai pas sur ce sujet qui pourtant je le sens bien vous int\u00e9resse.<br \/>\nVous savez que pour un vieux cognac, le fut de vieillissement, le chai de vieillissement, le temps de vieillissement sont aussi importants que la jeune eau-de-vie elle-m\u00eame que l&rsquo;on met \u00e0 vieillir, ce sont eux qui entra\u00eenent cette complexit\u00e9 extr\u00eame, cette individualit\u00e9, qu&rsquo;on retrouve dans une vieille eau-de-vie, mais il faut cependant au d\u00e9part que le cognac sortant de l&rsquo;alambic soit parfait. Les d\u00e9fauts ne se corrigent pas, ils ne peuvent que s&rsquo;amplifier avec l&rsquo;\u00e2ge, on m&rsquo;a dit que c&rsquo;\u00e9tait la m\u00eame chose chez les hommes. Je ne d\u00e9velopperai pas davantage les hobbies qui meublent mes loisirs puisqu&rsquo;on pourrait croire qu&rsquo;ils me prennent plus de temps que ceux que je donne \u00e0 mon travail et terminerai en vous parlant de mon pr\u00e9d\u00e9cesseur \u00e0 ce fauteuil, le p\u00e8re Julien Sala\u00fcn qui lui-m\u00eame avait succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Pierre-Henri Simon, membre fondateur puis pr\u00e9sident de notre Acad\u00e9mie.<br \/>\nJulien Sala\u00fcn est n\u00e9 \u00e0 Lorient en 1905 dans une famille profond\u00e9ment catholique; son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, son mod\u00e8le, embrassera lui aussi l&rsquo;\u00e9tat sacerdotal. Il passe sa prime jeunesse en Bretagne puis sa famille vient s&rsquo;installer en Saintonge en 1916. Cette Saintonge, \u00ab\u00a0terre de lumi\u00e8re et de sagesse\u00a0\u00bb qui deviendra sa terre d&rsquo;\u00e9lection et fera de lui un Charentais de coeur. Il fait ses \u00e9tudes secondaires au coll\u00e8ge de Recouvrance, \u00e9poque \u00e0 laquelle il commence \u00e0 se passionner pour l&rsquo;histoire et l&rsquo;arch\u00e9ologie, puis il entre au Grand S\u00e9minaire de La Rochelle. En 1929, il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre. La Charente-Maritime sera son champ de sacerdoce : Rochefort, Geay, Romegoux, La Vall\u00e9e, La Genette \u00e0 La Rochelle, Saint-Laurent-de-la-Pr\u00e9e o\u00f9 il est depuis 1936. Mobilis\u00e9 en 1939, il est fait prisonnier avec son unit\u00e9. Il s&rsquo;\u00e9vade en janvier 1941, rejoint la France Libre puis l&rsquo;Afrique du Nord, Blida en Alg\u00e9rie. De 1942 \u00e0 1945, il participe aux campagnes de Tunisie, d&rsquo;Italie, de France et d&rsquo;Allemagne. En Italie, il est pr\u00e9sent \u00e0 la prise du Mont Cassin, accompagnant ses hommes sous le feu des batteries ennemies. L\u00e0, le sacrifice des jeunes va le marquer pour toute sa vie. Remarqu\u00e9 par la force de ses convictions et par son intelligence, il devient l&rsquo;aum\u00f4nier particulier du g\u00e9n\u00e9ral de Lattre de Tassigny et finit la guerre aum\u00f4nier principal de la Premi\u00e8re Arm\u00e9e. Une vie militaire brillante, r\u00e9compens\u00e9e par la Croix de guerre avec quatre citations pour sa conduite au front, la m\u00e9daille des \u00c9vad\u00e9s, la L\u00e9gion d&rsquo;honneur. Apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, d\u00e9clinant une carri\u00e8re toute pr\u00e9par\u00e9e dans l&rsquo;arm\u00e9e, il revient \u00e0 Saint-Laurent-de-la-Pr\u00e9e. En 1946, il est pr\u00eatre au Ch\u00e2teau-d&rsquo;Oleron, archipr\u00eatre de Marennes de 1949 \u00e0 1958, puis de Saint-Louis de Rochefort dont il d\u00e9missionne en 1980. Ses dons naturels d&rsquo;orateur et sa grande culture l&rsquo;entra\u00eenent \u00e0 faire de nombreuses conf\u00e9rences sur ses souvenirs militaires ou sur des sujets litt\u00e9raires. Pr\u00e9dicateur \u00e9loquent et recherch\u00e9, il est appel\u00e9 \u00e0 pr\u00eacher \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur : il fera vibrer les vo\u00fbtes de Notre-Dame de Paris, de la chapelle des Invalides ou de Saint-Louis des Fran\u00e7ais \u00e0 Rome. Il pouvait captiver son auditoire sans aucune note, sautant d&rsquo;une anecdote \u00e0 un fait important, cherchant toujours \u00e0 \u00e9lever l&rsquo;esprit de ses auditeurs vers le devoir moral et la perfection. Sans oublier, sa participation \u00e0 la fondation puis \u00e0 la r\u00e9daction de revues religieuses. Membre de la Soci\u00e9t\u00e9 arch\u00e9ologique de France, il \u00e9crit de nombreux articles et collabore \u00e0 des livres d&rsquo;\u00e9rudition locale. Membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie de Saintonge depuis 1973, il a contribu\u00e9 par son autorit\u00e9 morale, sa dignit\u00e9, sa vaste culture \u00e0 donner \u00e0 notre acad\u00e9mie son rayonnement. Tout au long de sa vie, il a \u00e9largi le cercle de ses fid\u00e8les et de ses amis, restant leur confident, leur conseiller et leur guide spirituel. Il aimait la vie de soci\u00e9t\u00e9, invit\u00e9 et re\u00e7u dans les grandes familles, tous ceux qui l&rsquo;ont c\u00f4toy\u00e9 en ont gard\u00e9 un profond souvenir. Dans l&rsquo;hom\u00e9lie de ses fun\u00e9railles, le 31 janvier 1997, le p\u00e8re Pierre Jegou parle de l&rsquo;homme d&rsquo;\u00c9glise rempli du sens du devoir et du sacrifice, de l&rsquo;homme de tradition de la g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;avant le Concile ayant aim\u00e9 les chants gr\u00e9goriens et les grandes messes. Si son caract\u00e8re \u00e9tait tout d&rsquo;une pi\u00e8ce et ces col\u00e8res m\u00e9morables, il ne cessait de travailler \u00e0 d\u00e9velopper ses dons au service et \u00e0 la rencontre des hommes. Il fut reconnu comme \u00ab\u00a0un grand serviteur de Dieu\u00a0\u00bb.<br \/>\nC&rsquo;est dans son hommage \u00e0 la marquise Marie-Louise de Chasseloup-Laubat qu&rsquo;il se r\u00e9v\u00e8le, avec le talent qu&rsquo;il avait coutume de d\u00e9ployer. En effet il exhorte \u00e0 garder avec v\u00e9n\u00e9ration le souvenir et le nom de la marquise car \u00ab\u00a0c&rsquo;est tout un pass\u00e9 de grandeur, d&rsquo;exquise civilisation, d&rsquo;intelligence et de go\u00fbt qui s&rsquo;\u00e9vanouit\u00a0\u00bb. Il rappelle les r\u00e9ceptions au ch\u00e2teau de la Gataudi\u00e8re qui avait retrouv\u00e9 sa splendeur du pass\u00e9. Puis en venant \u00e0 sa personnalit\u00e9, on sent dans l&rsquo;\u00e9loge une admiration et une amiti\u00e9 authentique. Il nous parle de l&rsquo;\u00e9lan de charit\u00e9 que la marquise a suscit\u00e9, de son courage, de sa dignit\u00e9, de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qu&rsquo;elle communiquait envers ses compagnons de captivit\u00e9, de son \u00e9clectisme et de son hospitalit\u00e9. \u00c0 l&rsquo;\u00e9num\u00e9ration de ces qualit\u00e9s, nous pourrions penser que le p\u00e8re Julien, en la d\u00e9crivant, se d\u00e9crivait lui-m\u00eame, ou peut-\u00eatre m\u00eame, s&rsquo;y identifiait-il plus ou moins inconsciemment. Il termine son hommage par cette phrase: \u00ab\u00a0Une grande dame vient de nous quitter mais son esprit demeure\u00a0\u00bb. Il aurait bien aim\u00e9 que l&rsquo;on dise de lui et c&rsquo;est ce que nous dirons aujourd&rsquo;hui : P\u00e8re Julien, votre grande \u00e2me nous a quitt\u00e9, mais votre esprit demeure parmi nous.<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;honneur me revient d&rsquo;accueillir Alain Braastad, notre nouvel acad\u00e9micien. Qui est Alain Braastaad? Pour faire bref, je dirais qu&rsquo;Alain Braastad est un nez. 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