{"id":543,"date":"2015-08-05T10:09:52","date_gmt":"2015-08-05T09:09:52","guid":{"rendered":"http:\/\/academie-saintonge.org\/?p=543"},"modified":"2016-01-27T17:20:50","modified_gmt":"2016-01-27T16:20:50","slug":"reception-de-marie-dominique-montel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/academie-saintonge.org\/?p=543","title":{"rendered":"R\u00e9ception de Marie-Dominique Montel"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/montel.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-150 alignleft\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/montel.jpg\" alt=\"montel\" width=\"170\" height=\"210\" \/><\/a>7\u00e8me si\u00e8ge, troisi\u00e8me titulaire.<\/p>\n<p>Cin\u00e9aste (Neuilly 1950 &#8211; ). Sa famille est de Saujon o\u00f9 son grand-p\u00e8re, Paul Montel, fils d&rsquo;un sabotier, s&rsquo;est install\u00e9 marchand de chaussures, apr\u00e8s avoir \u00e9pous\u00e9 Germaine Lavigne, la fille d&rsquo;un fabricant de charentaises \u00e0 Saint-Jean-d&rsquo;Ang\u00e9ly. Leur fils, Michel (Saujon 1921 &#8211; Bordeaux 1958), devient professeur de lettres et critique litt\u00e9raire \u00e0 la Nation fran\u00e7aise. Marie-Dominique est sa fille, rest\u00e9e tr\u00e8s attach\u00e9e au pays charentais gr\u00e2ce \u00e0 sa villa de Fouras. Elle est d&rsquo;abord journaliste de radio, notamment \u00ab Madame Europe 1 \u00bb pendant de nombreuses ann\u00e9es, puis devient l&rsquo;auteur et la r\u00e9alisatrice de plusieurs films. Ses documentaires diffus\u00e9s par France 3 dans la s\u00e9rie Un Si\u00e8cle d&rsquo;\u00e9crivains font autorit\u00e9 : Graham Greene, Thomas Edward Lawrence dit Lawrence d&rsquo;Arabie, Aim\u00e9 C\u00e9saire et surtout Conan Doyle sont tous remarqu\u00e9s comme d&rsquo;excellents portraits. Par atavisme charentais, son Chardonne (France 3, 2000) se r\u00e9v\u00e8le un film d&rsquo;une particuli\u00e8re qualit\u00e9 utilisant des documents familiaux in\u00e9dits; il re\u00e7oit le prix de l&rsquo;Acad\u00e9mie de Saintonge en 2001. On lui doit aussi d&rsquo;autres documentaires : Histoires d&rsquo;hu\u00eetres (National Geographic et France 3, 2000), Une Le\u00e7on de com\u00e9die (France 3), A la recherche du son perdu (\u00e0 propos du festival de musique baroque de Versailles (France 3, 2003) ou La Grande Travers\u00e9e du Canada (2004). Elle revient \u00e0 la radio en 2005 avec une \u00e9mission sur France-musique destin\u00e9e \u00e0 illuster les go\u00fbts musicaux des \u00e9crivains. En 2004, elle est \u00e9lue membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie de Saintonge. Elle est \u00e9galement la fondatrice de l&rsquo;association des Amis d&rsquo;Andr\u00e9 P\u00e9coud, un c\u00e9l\u00e8bre illustrateur de la Belle \u00c9poque.<br \/>\nR\u00e9ception de Marie-Dominique Montel par Jean-Claude Dubois<\/p>\n<p>En quelques mots, je vais faire \u00e9tat des attaches saintongeaises de Marie-Dominique Montel et des liens d\u2019amiti\u00e9 entre sa famille et la mienne. Le grand-p\u00e8re de Marie-Dominique et mon p\u00e8re \u00e9taient des amis d\u2019enfance. Mon grand-p\u00e8re avait donn\u00e9 un cheval \u00e0 mon p\u00e8re pour l\u2019initier \u00e0 l\u2019\u00e9quitation ; ce qu\u2019il fit avec son ami Montel pour qui cette discipline devint une passion qu\u2019il garda toute sa vie. Il monta une \u00e9curie de course. Les Saujonnais \u00e9taient tr\u00e8s fiers qu\u2019un des leurs se livre \u00e0 une si brillante activit\u00e9, d\u2019autant que ses chevaux participaient chaque ann\u00e9e aux courses qui avaient lieu avant-guerre \u00e0 Saujon.<br \/>\nJ\u2019ai moi-m\u00eame bien connu le p\u00e8re de Marie-Dominique qui \u00e9tait mon contemporain. Apr\u00e8s de brillantes \u00e9tudes, il entreprit \u00e0 Paris une carri\u00e8re de journaliste et de critique litt\u00e9raire dans laquelle il acquit tr\u00e8s vite une grande r\u00e9putation.<br \/>\nSa famille passait ses vacances \u00e0 Saujon ; Marie-Dominique et sa s\u0153ur venaient r\u00e9guli\u00e8rement jouer avec mes enfants. Malheureusement, le p\u00e8re de Marie-Dominique mourut jeune en 1958. Son enterrement fut un \u00e9v\u00e9nement car d\u2019\u00e9minents journalistes et \u00e9crivains y assist\u00e8rent.<br \/>\nUlt\u00e9rieurement, la m\u00e8re de Marie-Dominique ne revint pratiquement plus \u00e0 Saujon, ce qui mit fin \u00e0 nos relations.<br \/>\nJe remercie mes coll\u00e8gues de l\u2019Acad\u00e9mie de m\u2019avoir permis d\u2019\u00e9voquer ces souvenirs et de dire \u00e0 Marie-Dominique la joie que m\u2019a faite son \u00e9lection tr\u00e8s m\u00e9rit\u00e9e qui, en outre, me procure l\u2019occasion de renouer nos anciennes amiti\u00e9s.<\/p>\n<p>R\u00e9ception de Marie-Dominique Montel par Bernnard Mounier<\/p>\n<p>Nous avons compris, en \u00e9coutant Jean-Claude Dubois, que Marie-Dominique Montel est une authentique saintongeaise de Saujon, semblant tenir de son p\u00e8re son penchant pour le journalisme et l\u2019\u00e9criture, aussi bien que de son grand-p\u00e8re le d\u00e9sir de la course en t\u00eate&#8230; Afin de parfaire l\u2019expos\u00e9 de ses ascendances intellectuelles, on pourrait \u00e9galement supposer qu\u2019elle doit un peu sa d\u00e9couverte du pouvoir de l\u2019image \u00e0 l\u2019influence du peintre Gaston Balande, un autre Saujonnais \u00e9minent. Car Marie-Dominique Montel \u00e9crit avec les images. Elle entre dans la cat\u00e9gorie cin\u00e9matographique des \u00ab documentaristes \u00bb, o\u00f9 elle s\u2019est impos\u00e9e depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Auparavant, ce furent dix ans de journalisme \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, avec, entre autres, la pr\u00e9sentation d\u2019une \u00e9mission quotidienne, La Justice de tous les jours sur France 3, ou bien des \u00e9missions th\u00e9matiques hebdomadaires, sur l\u2019\u00e9conomie et la sant\u00e9, pour France 2 et Canal Sant\u00e9. Un \u00e9clectisme de bon aloi lui fit \u00e9galement produire une chronique sur le march\u00e9 de l\u2019art et les ventes aux ench\u00e8res, pour Match TV.<br \/>\nLa liste des \u00e9missions qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9es ou anim\u00e9es serait fastidieuse, sauf \u00e0 dire qu\u2019elle effectua un parcours exemplaire, illustrant, \u00e0 elle seule, ce que fut, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, l\u2019ouverture radicale de la radio et de la t\u00e9l\u00e9vision aux faits de soci\u00e9t\u00e9. Elle se fit un devoir de rendre compte de ces derniers tout en s\u2019effor\u00e7ant d\u2019influer positivement sur leur cours, avec l\u2019aide d\u2019\u00e9minents sp\u00e9cialistes, m\u00e9decins, sociologues, chercheurs&#8230;<br \/>\nElle venait alors de la radio. Entre 1980 et 1991, elle tint, sur Europe 1, la chronique Madame Europe 1, devenant chef du service Soci\u00e9t\u00e9, tout en pr\u00e9sentant les journaux du matin et en intervenant souvent sur la BBC, avec des interviews en anglais. Elle avait en effet suivi un cursus aux USA entre 1974 et 1976 avant d\u2019int\u00e9grer le Centre de formation des journalistes et d\u2019effectuer un passage dans la presse \u00e9crite. Elle fut le chef du service \u00e9tranger du Quotidien du m\u00e9decin et r\u00e9dactrice en chef adjointe de Elle, dans les pas de Jean Duch\u00e9 qui, comme on le sait, fut membre de l\u2019Acad\u00e9mie de Saintonge jusqu\u2019en 2000.<br \/>\nAujourd\u2019hui, les titres des films que Marie-Dominique a r\u00e9alis\u00e9s entre 1994 et 2004 nous \u00e9clairent sur l\u2019actualit\u00e9 de ses envies et de son inspiration au regard des cr\u00e9ateurs. Pour la s\u00e9rie des \u00c9crivains du si\u00e8cle de France 3, elle r\u00e9alisa les portraits de Conan Doyle, Lawrence d\u2019Arabie et Graham Greene. Elle marqua son int\u00e9r\u00eat aux marges de la litt\u00e9rature avec la Biographie musicale d\u2019Aim\u00e9 C\u00e9saire, pour France 2, film prim\u00e9 au Canada. Int\u00e9r\u00eat aussi pour le th\u00e9\u00e2tre, avec une s\u00e9rie de six Le\u00e7ons de com\u00e9die, par Francis Huster, Francis Perrin, Annie Girardot, St\u00e9phane Freiss, Georges Wilson et Jacques Weber. Pour les arts plastiques : un portrait de Botero pour la cha\u00eene am\u00e9ricaine CBS et un film sur Les Miniatures du Moyen \u00c2ge pour France 2. Pour la musique : \u00c0 la recherche du son perdu, une r\u00e9flexion sur la red\u00e9couverte de la musique baroque fran\u00e7aise. Ce dernier film referme provisoirement un cycle, qui classe notre nouvelle coll\u00e8gue parmi les r\u00e9alisatrices de t\u00e9l\u00e9vision les plus en vue, pour le talent avec lequel elle porte \u00e0 l\u2019\u00e9cran les gestes de la cr\u00e9ation artistique.<br \/>\nSans pour autant oublier son pays d\u2019Aunis et Saintonge dans le panel de ses travaux\u2026 D\u00e9j\u00e0 nous connaissions le beau portrait, sensible et d\u00e9licat, de l\u2019\u00e9crivain de Barbezieux Jacques Chardonne, qui fut projet\u00e9 dans cette salle lors de notre s\u00e9ance publique de 2001 au cours de laquelle elle re\u00e7ut le prix de l\u2019Acad\u00e9mie. Elle poursuit toujours sa qu\u00eate du caract\u00e8re secret de cet \u00e9crivain paradoxal, en pr\u00e9parant, pour les \u00e9ditions du Cro\u00eet vif, un album des \u00ab Photos retrouv\u00e9es de Jacques Chardonne \u00bb. Tout en aimant souligner, en toute occasion, comment, en 2001, elle prit un plaisir extr\u00eame \u00e0 tourner, dans le bassin de Marennes-Oleron Histoires d\u2019hu\u00eetres, pour National Geographic. Elle poussa le souci d\u2019afficher son appartenance identitaire \u00e0 notre petit espace g\u00e9ographique, jusqu\u2019\u00e0 \u00e9pouser l\u2019\u00e9crivain australien John Baxter, bien connu des milieux cin\u00e9matographiques mondiaux pour ses biographies de Spielberg, Fellini, Bunuel, Stanley Kubrick \u2013 auxquelles elle a parfois collabor\u00e9 \u2013 et d\u2019autres ouvrages de filmologie qui font autorit\u00e9. Or, chacun sait ici que l\u2019Australie fut positivement invent\u00e9e, en 1805, par un explorateur charentais-maritime n\u00e9 en 1754 \u00e0 Saint-Martin-de-R\u00e9 : Nicolas Baudin. Merci \u00e0 Marie-Dominique de nous permettre d\u2019\u00e9voquer cet \u00e9pisode glorieux de notre histoire locale, h\u00e9las plus connu en Oc\u00e9anie qu\u2019en France. De fait, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une r\u00e9cente exp\u00e9dition sur les traces de Nicolas Baudin (et de John Baxter), elle a tourn\u00e9 plusieurs films sur Les Nouveaux Aborig\u00e8nes d\u2019Australie pour Odyss\u00e9e et pour Faut pas r\u00eaver. Apr\u00e8s quoi, elle s\u2019en fut se reposer dans sa maison de Fouras, pensant \u00e0 son prochain film, En cano\u00eb \u00e0 travers le Canada. Il ne serait pas autrement surprenant que cette navigation se fasse dans le sillage de Dugua de Mons et surtout de Champlain dont sa s\u0153ur Caroline Montel-Gl\u00e9nisson vient d\u2019\u00e9crire une biographie particuli\u00e8rement riche de documents connus jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent de quelques \u00e9rudits sur l\u2019exploration et la colonisation du Canada&#8230;<br \/>\nIl m\u2019est particuli\u00e8rement agr\u00e9able d\u2019accueillir parmi nous une cons\u0153ur en t\u00e9l\u00e9vision, exploratrice avis\u00e9e des secrets de la vie, de la pens\u00e9e et de l\u2019imagination humaine, et dont la personnalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuse se nourrit au hasard de ses d\u00e9sirs ainsi que de ses rencontres charentaises et plan\u00e9taires. Nous avons parfois \u0153uvr\u00e9 en m\u00eame temps sur les m\u00eames terrains, comme par exemple celui des \u00c9crivains du si\u00e8cle de France 3, cependant sans jamais nous croiser. Il fallut l\u2019opportunit\u00e9 pr\u00e9sente pour que nous puissions nous reconna\u00eetre. Cette r\u00e9ception, ouverte par Jean-Claude Dubois sur le mode d\u2019une affaire de famille, se referme donc sur un hommage confraternel \u00e0 une femme dont le si\u00e8ge qu\u2019elle occupe d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie semble lui avoir \u00e9t\u00e9 destin\u00e9, par h\u00e9ritage&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>7\u00e8me si\u00e8ge, troisi\u00e8me titulaire. Cin\u00e9aste (Neuilly 1950 &#8211; ). 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