{"id":666,"date":"2015-08-05T11:29:13","date_gmt":"2015-08-05T10:29:13","guid":{"rendered":"http:\/\/academie-saintonge.org\/?p=666"},"modified":"2016-02-12T10:26:54","modified_gmt":"2016-02-12T09:26:54","slug":"seance-publique-annuelle-du-dimanche-3-octobre-2005","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/academie-saintonge.org\/?p=666","title":{"rendered":"Panorama de la vie culturelle Saintongeaise en 2005"},"content":{"rendered":"<p>S\u00e9ance publique annuelle du dimanche 3 octobre 2005<\/p>\n<p>Par Fran\u00e7ois Julien-Labruy\u00e8re, directeur en exercice.<\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, durant l\u2019\u00e9t\u00e9, le directeur de l\u2019Acad\u00e9mie de Saintonge se sent rong\u00e9 par l\u2019inqui\u00e9tude. L\u2019air de rien, il pose des questions qui doivent sembler bizarres aux gens qu\u2019il rencontre. Pensez, un directeur de l\u2019Acad\u00e9mie de Saintonge se comportant en vulgaire enqu\u00eateur ! Mais plus il pose de questions, moins lui vient l\u2019inspiration (syndrome classique de l\u2019enqu\u00eateur !). Que lui faut-il donc dire sous ce titre ambitieux, parce qu\u2019il rel\u00e8ve d\u2019une tradition, de Panorama de la culture saintongeaise ?<\/p>\n<p>Cet \u00e9t\u00e9 donc, j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 cette angoisse de la page blanche. Jusqu\u2019au jour o\u00f9, avec toute ma famille, je suis all\u00e9 au Pal\u00e9osite de Saint-C\u00e9saire\u2026 C\u2019est la premi\u00e8re fois que je visite quelque chose dans la r\u00e9gion qui v\u00e9ritablement m\u2019impressionne, me bluffe, me frappe, au point d\u2019en sortir avec un sentiment de fiert\u00e9 d\u2019\u00eatre Charentais. Et de me fournir une introduction \u00e0 mon devoir de vacances !<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions douze, six enfants, six adultes. Tous enchant\u00e9s de la visite. Cela n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 facile de convaincre tout le monde d\u2019aller \u00e0 Saint-C\u00e9saire : il fait beau, la plage c\u2019est mieux, les outils dans des vitrines on d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9\u2026 Apr\u00e8s ces in\u00e9vitables ronchonnements, nous sommes tous ressortis avec notre portrait en poche, devenus en quelques secondes d\u2019interactivit\u00e9 de v\u00e9ritables N\u00e9andertaliens, les arcades sourcili\u00e8res grossies, la bouche et les pommettes \u00e9largies, le cheveu en bataille ! Je peux vous dire que le directeur n\u00e9andertalien de votre Acad\u00e9mie ressemble \u00e0 un ancien rocker transform\u00e9 en clochard. Je peux aussi vous dire que tant les enfants que les adultes ont beaucoup appris durant la visite, pas forc\u00e9ment les m\u00eames choses, et qu\u2019ils l\u2019ont fait avec un r\u00e9el plaisir gr\u00e2ce \u00e0 une sc\u00e9nographie exceptionnelle. Nous n\u2019avons vu aucune vitrine fastidieuse et avons termin\u00e9 la visite avec plusieurs d\u00e9monstrations de comment faire du feu en chauffant le bois ou en frappant du silex contre du minerai de fer. Un m\u00e9lange r\u00e9ussi de ludique et de scientifique\u2026<\/p>\n<p>Si vous ne l\u2019avez pas d\u00e9j\u00e0 fait, je vous encourage vivement \u00e0 d\u00e9couvrir le Pal\u00e9osite de Saint-C\u00e9saire, c\u2019est une splendeur : on y voit des hologrammes qui chassent le renne, on y voit des N\u00e9andertaliens assaillis par une culture plus \u00e9volu\u00e9e que la leur, on y voit surtout de vrais savants qu\u2019on a oblig\u00e9s de sortir de leurs tics \u00e9rudits ; ainsi plac\u00e9s dans le grand vent du grand public, ils s\u2019y r\u00e9v\u00e8lent de merveilleux p\u00e9dagogues, au sens o\u00f9 sans fa\u00e7on, ils savent faire passer leur message, un message extr\u00eamement simple fait de beaucoup d\u2019inconnues et de seulement quelques petites certitudes. On en ressort enrichi, heureux, sans la moindre trace de cet habituel ennui qu\u2019on \u00e9prouve devant l\u2019\u00e9talage d\u2019une science mal expliqu\u00e9e parce que souvent mal dig\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>La Charente-Maritime poss\u00e8de un seul site authentiquement n\u00e9andertalien contre une bonne vingtaine dans le d\u00e9partement voisin de la Charente. Ce site a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un seul squelette contre plus d\u2019une centaine r\u00e9pertori\u00e9s en Charente. Il fallait lire le courrier des lecteurs de Charente-Libre lors de l\u2019ouverture du Pal\u00e9osite : il \u00e9tait plein de ranc\u0153ur contre l\u2019incapacit\u00e9 d\u00e9partementale \u00e0 mettre en valeur son patrimoine pr\u00e9historique, le second de France apr\u00e8s celui de Dordogne et le premier quant aux restes humains n\u00e9andertaliens.<\/p>\n<p>Comment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0 ? L\u2019histoire vaut d\u2019\u00eatre cont\u00e9e. Il y a trente ans, une coupe de quelques m\u00e8tres faite par un champignonniste afin de faciliter le passage de ses camions vers la carri\u00e8re de Saint-C\u00e9saire fait appara\u00eetre quelques silex taill\u00e9s et des ossements d\u2019animaux. Le premier \u00e0 s\u2019en apercevoir est un employ\u00e9 du Cr\u00e9dit agricole passionn\u00e9 de pr\u00e9histoire, Bernard Dubiny. C\u2019est tout \u00e0 fait fortuit, il se rend \u00e0 la p\u00eache \u00e0 la truite et s\u2019arr\u00eate surpris devant la coupe encore toute fra\u00eeche. Il fait dater ses trouvailles par le Mus\u00e9e de la pr\u00e9histoire \u00e0 Saintes o\u00f9 on lui dit qu\u2019ils rel\u00e8vent du pal\u00e9olithique sup\u00e9rieur, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019environ 35000 ans avant notre \u00e8re. Ayant l\u2019intuition qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9couverte importante car situ\u00e9e en terrain vierge, Bernard Dubiny ne suit pas les conseils que certains lui donnent de poursuivre ses pr\u00e9l\u00e8vements sans les d\u00e9clarer ; devant le risque de destruction totale du site dans une nouvelle coupe aveugle, il en parle au propri\u00e9taire de la carri\u00e8re qui est aussi le maire de Saint-C\u00e9saire, Ren\u00e9 Boucher. Ce tout d\u00e9but de l\u2019aventure est souvent ignor\u00e9, je dirais m\u00eame occult\u00e9 par ce que devint ensuite la d\u00e9couverte. Je dois l\u2019information \u00e0 la revue Xaintonge (n\u00b0 5 de juin 1999) qui aime ainsi fouiller dans les recoins cach\u00e9s de la m\u00e9moire locale. Rappelons simplement que si Bernard Dubiny avait pr\u00e9lev\u00e9 sans m\u00e9thode comme c\u2019est souvent le cas dans les fouilles clandestines, le Pal\u00e9osite n\u2019existerait pas !<\/p>\n<p>Ren\u00e9 Boucher arr\u00eate les travaux et fait imm\u00e9diatement appel aux scientifiques. Ren\u00e9 Boucher est d\u2019ailleurs beaucoup plus qu\u2019un maire ordinaire. Ancien instituteur, ancien r\u00e9sistant, ancien membre du comit\u00e9 d\u00e9partemental de Lib\u00e9ration, il est \u00e0 lui seul une l\u00e9gende politique locale. Install\u00e9 \u00e0 Saint-C\u00e9saire, il y d\u00e9veloppe une carri\u00e8re de sable pour alimenter les verreries de Cognac, il y cr\u00e9e une pisciculture en liaison avec les \u00e9levages de cr\u00e9a de la Gironde, il y fonde un mus\u00e9e de la M\u00e9rine \u00e0 Nastasie, autrement dit il poss\u00e8de en lui deux fibres, celle d\u2019un v\u00e9ritable entrepreneur et celle d\u2019un Saintongeais convaincu.<\/p>\n<p>Vite, une \u00e9quipe d\u2019arch\u00e9ologues est constitu\u00e9e autour de Fran\u00e7ois L\u00e9v\u00eaque, un pr\u00e9historien reconnu qui inclut Bernard Dubiny dans ses fouilles. Quatre ans plus tard, c\u2019est la divine d\u00e9couverte : des restes humains que les laboratoires du CNRS datent de N\u00e9andertal, mais d\u2019un N\u00e9andertal r\u00e9cent, donc int\u00e9ressant en soi parce qu\u2019il signifie une possible cohabitation de plusieurs mill\u00e9naires entre N\u00e9andertaliens et Cro-Magnons. La carri\u00e8re o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert s\u2019appelle la Roche \u00e0 Pierrot. Ren\u00e9 Boucher a donc l\u2019id\u00e9e d\u2019appeler Pierrot son N\u00e9andertalien. C\u2019est l\u2019\u00e9poque o\u00f9 fait parler d\u2019elle une Australopith\u00e8que dont les restes ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s dans la Rift Valley \u00e9thiopienne. Si sa c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 commence \u00e0 faire le tour du monde, c\u2019est en grande partie parce que ses inventeurs l\u2019ont appel\u00e9e Lucy, du nom d\u2019une chanson des Beatles. Certes le squelette de Saint-C\u00e9saire est beaucoup plus r\u00e9cent que celui de Lucy, certes la Roche \u00e0 Pierrot ne chante pas le rock, mais elle sonne bien saintongeais, va donc pour Pierrot. Ren\u00e9 Boucher s\u2019agite dans tous les sens, il vend les restes de son N\u00e9andertalien au mus\u00e9e de Saint-Germain-en-Laye, le temple en mati\u00e8re de pr\u00e9histoire, et il confie \u00e0 Jack Bouyer le soin de lui \u00e9lever une statue (aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Pal\u00e9osite). Tandis que les articles scientifiques se multiplient, la presse locale s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ce Pierrot trapu qu\u2019on croirait sorti d\u2019un rang de vigne ou d\u2019un dessin de Barth\u00e9lemy Gautier !<\/p>\n<p>Mais les premiers doutes se font jour concernant son identit\u00e9 : Pierrot ne serait pas un homme mais une femme. Ren\u00e9 Boucher ne se d\u00e9monte pas : bien que les scientifiques soient loin d\u2019\u00eatre unanimes \u00e0 ce propos, Pierrette remplace Pierrot, ce qui d\u2019ailleurs est dans l\u2019air du temps. Qui plus est, son cr\u00e2ne laissant appara\u00eetre des traces de blessure, voil\u00e0 de quoi alimenter toutes les hypoth\u00e8ses\u2026 Pierrette serait-elle la preuve de l\u2019extermination des N\u00e9andertaliens par les Cro-Magnons ? Ou mieux, car cela sort du scientifique toujours sujet \u00e0 controverses pour directement entrer dans le m\u00e9diatique et surtout le sensible, Pierrette aurait-elle \u00e9t\u00e9 une femme battue ? \u00c0 cause des ses consonances de pantomime, Pierrot faisait rustaud ; en revanche, avec son pr\u00e9nom de villageoise et sa cicatrice \u00e0 la t\u00eate, Pierrette se voit toute d\u00e9sign\u00e9e pour attirer la sympathie. Gr\u00e2ce \u00e0 Ren\u00e9 Boucher, Saint-C\u00e9saire poss\u00e8de ainsi deux h\u00e9ro\u00efnes : Nastasie, la Juliette saintongeaise, et Pierrette, l\u2019anc\u00eatre saintongeaise. C\u2019est exactement ce que na\u00efvement et avec les seuls moyens de son village, le petit mus\u00e9e dit de la Maison de la M\u00e9rine tente de montrer (nous l\u2019avions prim\u00e9 en 2001).<\/p>\n<p>Mais l\u2019int\u00e9r\u00eat et la sympathie suscit\u00e9s par Pierrette valaient mieux. Un grand mus\u00e9e traditionnel avec ses vitrines pleines d\u2019outils et d\u2019\u00e9tiquettes poussi\u00e9reuses ? C\u2019est ce que souhaitent les parrains scientifiques du squelette, all\u00e9ch\u00e9s par les budgets potentiels ! Ce serait faire fi du fait que la Charente-Maritime est un parent particuli\u00e8rement pauvre par rapport \u00e0 la Charente en mati\u00e8re de restes pal\u00e9olithiques et que le squelette n\u00e9andertalien de la r\u00e9gion le plus universellement reconnu, celui fort complet de la Femme de La Quina, mis au jour en 1911 par le docteur Henri-Martin, repose avec sa s\u00e9pulture au mus\u00e9e de Saint-Germain-en-Laye. Surtout, ce serait oublier le caract\u00e8re sensible attach\u00e9 au personnage de Pierrette. Disons les choses franchement : par rapport \u00e0 la Femme de La Quina, Pierrette est un artefact scientifique de moindre qualit\u00e9, ne serait-ce sa r\u00e9cence, bien que certains scientifiques, et non des moindres, mettent en doute la conclusion que certains en tirent d\u2019une cohabitation avec les Cro-Magnons ; en revanche, au plan de l\u2019attachement identitaire, elle l\u2019emporte sans conteste sur sa concurrente charentaise. La Femme de La Quina en est rest\u00e9e au niveau du squelette fossilis\u00e9, Pierrette est devenue un personnage. D\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e d\u00e9velopp\u00e9e par Xavier de Roux de justement s\u2019en servir comme d\u2019un personnage, c\u2019est-\u00e0-dire de lui donner de la chair et de lui associer un projet p\u00e9dagogique sur N\u00e9andertal en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s est au rendez-vous gr\u00e2ce \u00e0 des techniques interactives de toute premi\u00e8re qualit\u00e9. On ressort du Pal\u00e9osite avec le sentiment que Pierrette est une vieille jeune cousine qui sait faire partager sa vie avec passion. Et si on r\u00e9fl\u00e9chit au pourquoi de la chose, on y trouve bien s\u00fbr la magnifique sc\u00e9nographie qui illustre un sujet plut\u00f4t populaire, celui de la pr\u00e9histoire, mais il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un moyen, non d\u2019une cause ; le v\u00e9ritable ferment du succ\u00e8s de Pierrette est son nom m\u00eame, qui lui donne valeur de tendresse et de famille. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intuition de Ren\u00e9 Boucher, nous sommes tous devenus des Pierrette de Saintonge.<\/p>\n<p>Cette importance du nom dans le processus d\u2019h\u00e9ro\u00efsation est essentielle. Elle est le ferment de toute identification. On la retrouve partout, notamment dans le domaine administratif. On le sait, l\u2019\u00e9poque est \u00e0 la red\u00e9finition des territoires et il m\u2019a paru int\u00e9ressant, peut-\u00eatre m\u00eame utile, de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 cette question vue de cette salle Saintonge dont le nom r\u00e9sume \u00e0 lui seul deux id\u00e9es apparemment contraires : l\u2019inexistence administrative, les provinces ayant disparu depuis plus de deux si\u00e8cles, et l\u2019expression d\u2019un attachement qui ressemble \u00e0 celle d\u2019une identit\u00e9. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 un fant\u00f4me administratif, donc quasi rien ; de l\u2019autre une \u00e9motion d\u2019appartenance, donc presque tout\u2026 Comme chez Pierrette : quelques fragments d\u2019os qui auraient pu dispara\u00eetre sous la pelleteuse des d\u00e9coupages d\u00e9partementaux, et un nom qui change tout\u2026<\/p>\n<p>Depuis quelques dizaines d\u2019ann\u00e9es, de nouvelles institutions progressivement se mettent en place. Or on sait que les habitudes administratives aidant, une identit\u00e9 nouvelle peut en sortir. Le d\u00e9bat du nom est donc loin d\u2019\u00eatre clos, il est m\u00eame actuellement tr\u00e8s pr\u00e9sent. La raison en est bien connue : elle s\u2019appelle intercommunalit\u00e9\u2026 Et le fait est que le nom de Saintonge y reprend du service.<br \/>\nSur les vingt communaut\u00e9s de communes et les six pays g\u00e9ographiquement concern\u00e9s, six portent le nom de Saintonge : C\u0153ur de Saintonge autour de l\u2019Arnoult (CDC), Saintonge viticole autour de G\u00e9mozac (CDC), Saintonge romane incluant Saintes (pays, collectivit\u00e9 fortement impliqu\u00e9e dans la cr\u00e9ation du Pal\u00e9osite), Vals de Saintonge autour de Saint-Jean-d\u2019Ang\u00e9ly (pays) et Haute-Saintonge autour de Jonzac (CDC et pays). Ces quatre derniers ensembles sont d\u2019ailleurs les plus importants : le pays de Saintonge romane regroupe 70 communes et celui de Vals de Saintonge 117 ; quant \u00e0 la Haute-Saintonge, elle regroupe 123 communes en tant que CDC et 133 en tant que pays o\u00f9 Pons est associ\u00e9. Autant dire que le nom de Saintonge couvre maintenant la quasi totalit\u00e9 de l\u2019ancien territoire de la province, \u00e0 l\u2019exception de sa fa\u00e7ade maritime.<\/p>\n<p>Saint-Jean-d\u2019Ang\u00e9ly est donc en train de r\u00e9affirmer son r\u00f4le de capitale de la Basse-Saintonge et Jonzac en train de se forger le sien, le concept de Haute-Saintonge \u00e9tant de cr\u00e9ation r\u00e9cente. Il est clair que dans cette reconstruction administrative et mentale qui lentement s\u2019\u00e9tablit depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, Saintes se situe en retrait. Elle est le chef-lieu d\u2019une petite CDC de douze communes, dite du Pays santon, et poss\u00e8de un strapontin au pays de la Saintonge romane. La d\u00e9possession dont elle est l\u2019objet en n\u2019ayant pas r\u00e9ussi \u00e0 implanter le seul concept qui convienne \u00e0 son rang, Saintonge, mais Saintonge tout court, ressemble \u00e0 celle qu\u2019elle v\u00e9cut au XIXe si\u00e8cle avec la perte de son \u00e9v\u00each\u00e9 et de sa pr\u00e9fecture. Il lui reste, exactement comme elle le fit au XIXe si\u00e8cle, \u00e0 r\u00e9tablir son r\u00f4le de capitale culturelle au niveau charentais. Elle en a la tradition qui ne demande qu\u2019\u00e0 revivre, elle en a les fondements avec ses institutions existantes (mus\u00e9es, biblioth\u00e8que, notamment c\u00f4t\u00e9 fonds ancien, abbaye aux Dames, atelier du patrimoine, r\u00e9seau associatif intense et actif\u2026), elle en a aussi les moyens potentiels, elle en a surtout l\u2019avantage de pouvoir \u00eatre plus facilement accept\u00e9e par l\u2019ensemble charentais que ses concurrentes qui, d\u2019ailleurs, s\u2019agitent fort en ce domaine\u2026<\/p>\n<p>Ces quelques r\u00e9flexions me sont venues au Pal\u00e9osite : si de simples restes osseux associ\u00e9s \u00e0 un pr\u00e9nom peuvent g\u00e9n\u00e9rer une telle r\u00e9ussite m\u00ealant tourisme, culture et identit\u00e9 locale, Saintes avec son histoire, son patrimoine et sa Saintonge poss\u00e8de tous les ingr\u00e9dients pour restaurer sa vocation de capitale culturelle r\u00e9gionale. Et Pierrette ne pourra qu\u2019applaudir\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00e9ance publique annuelle du dimanche 3 octobre 2005 Par Fran\u00e7ois Julien-Labruy\u00e8re, directeur en exercice. 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