{"id":815,"date":"2015-08-05T14:31:30","date_gmt":"2015-08-05T13:31:30","guid":{"rendered":"http:\/\/academie-saintonge.org\/?p=815"},"modified":"2016-01-29T12:12:38","modified_gmt":"2016-01-29T11:12:38","slug":"georges-bonnet-pour-lensemble-de-son-oeuvre-litteraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/academie-saintonge.org\/?p=815","title":{"rendered":"Georges Bonnet pour l\u2019ensemble de son oeuvre litt\u00e9raire"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Georges-Bonnet.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-816 alignleft\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Georges-Bonnet.jpg\" alt=\"Georges-Bonnet\" width=\"148\" height=\"200\" \/><\/a>Rapport d\u2019Alain Quella Vill\u00e9ger<\/p>\n<p>Georges Bonnet est un Saintongeais de Poitiers qui, depuis juin dernier, a dans cette ville une rue qui porte son nom. Ce n\u2019est pas banal. L\u2019homme ne l\u2019est pas. Fils de paysans originaires d\u2019Aigrefeuille install\u00e9s pr\u00e8s de Pons (un lieudit au nom pittoresque : Tartifume), mis au monde en 1919 par le gendre d\u2019Emile Combes, il a vu Gouleben\u00e8ze en spectacle, ici m\u00eame \u00e0 Saintes. Georges Bonnet garde le souvenir d\u2019une enfance malheureuse et solitaire, mais riche de regard, d\u2019\u00e9coute, d\u2019imaginaire et, paradoxalement, de paradis perdu : \u00ab En ce temps-l\u00e0, j\u2019habitais encore les yeux de la m\u00e8re \u00bb (Un seul moment, 2004). D\u2019o\u00f9 des titres qui annoncent finalement de l\u2019ensoleillement : Un si bel \u00e9t\u00e9 (Flammarion, 2000, Prix du Livre en Poitou-Charentes 2000), Un bref moment de bonheur (Flammarion, 2004). Les plus r\u00e9cents sont un recueil de prose po\u00e9tique, Lointains (Oc\u00e9anes, 2005), un roman, Les Yeux des chiens ont toujours soif (Le Temps qu\u2019il fait, 2006), et un recueil de po\u00e8mes, Un ciel \u00e0 hauteur d\u2019homme (L\u2019Escampette, 2006) ; un \u00e9diteur ol\u00e9ronnais, un autre \u00e0 Cognac, le troisi\u00e8me \u00e0 Chauvigny, bel exemple d\u2019\u00e9quilibre r\u00e9gional !<br \/>\nCertificat en poche, il vient au coll\u00e8ge de Saintes (n\u2019insistons pas : mauvais souvenirs d\u2019internat et de pi\u00e8tre cantine), puis rejoint en Corr\u00e8ze son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, instituteur \u00e0 Tulle, pour quelques ann\u00e9es lyc\u00e9ennes et le bac. Il voulait \u00eatre footballeur, il est devenu professeur d\u2019Education physique (en 1945), fix\u00e9 \u00e0 Poitiers \u00e0 partir de 1954 jusqu\u2019\u00e0 sa retraite en 1979. Il fut un lecteur peu pr\u00e9coce, et attendit d\u2019\u00eatre octog\u00e9naire pour nous livrer des romans. Entre temps, des \u00e9bauches d\u2019adolescent aux recueils publi\u00e9s (une quinzaine ; le premier : en 1965), il fut po\u00e8te. Il a aim\u00e9 Cadou l\u2019homme de Loire, Aragon le Parisien, Malrieu l\u2019Occitan, a connu Guillevic le Breton, fut l\u2019ami de Daniel Reynaud le Charentais, mais a \u00e9crit sans esprit de territoire, de chapelle. Sans gratuit\u00e9, non plus : \u00ab quand j\u2019\u00e9cris les mots me regardent \u00bb (Un ciel \u00e0 hauteur d\u2019homme), rappelle-t-il.<br \/>\nCinquante ans pass\u00e9s \u00e0 Poitiers ne remplacent pas une enfance saintongeaise, dit-il ; elle est l\u00e0 \u00ab encore ti\u00e8de \u00bb, racont\u00e9e de l\u2019ext\u00e9rieur comme par d\u00e9doublement. La chronique autobiographique se nourrit d\u2019un altruisme attentif ; les mots \u00ab p\u00e8sent leur juste poids \u00bb, ils ont une sorte de volatilit\u00e9 et pourtant sont choisis au gramme pr\u00e8s, avec ce qu\u2019il faut d\u2019humidit\u00e9 dans l\u2019air et de lumi\u00e8re. La lenteur des jours, l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, ces \u00ab moments \u00bb qu\u2019on trouve par deux fois dans ses titres (\u00ab bref \u00bb, aussi), sont sauv\u00e9s avec une minutie d\u2019oiseau au rebord d\u2019une fen\u00eatre. Des textes qui ont une beaut\u00e9 et une tendresse telles qu\u2019on voudrait les apprendre par c\u0153ur \u2013 je veux dire, bien s\u00fbr, par le c\u0153ur. Je terminerai sur un souvenir, lorsque le jeune Georges Bonnet arrive au coll\u00e8ge de Saintes, il prend conscience de son nom (\u00ab il n\u2019avait jusqu\u2019alors entendu prononcer que son pr\u00e9nom \u00bb) et des in\u00e9galit\u00e9s sociales. Sc\u00e8ne de r\u00e9cr\u00e9ation : \u00ab Le fils d\u2019un riche commer\u00e7ant partage un citron sous le pr\u00e9au, offre un quartier \u00e0 ceux qui l\u2019entourent, lui tend la peau, \u00e0 lui, le fils de paysans. Bless\u00e9, il ressent une violente amertume. \u00bb Ce prix que nous lui remettons, aujourd\u2019hui, est un citron tout entier.<\/p>\n<p>\u00ab Le temps revenait chaque ann\u00e9e d\u2019\u00e9claircir les betteraves \u00e0 peine n\u00e9es, en des sillons interminables. A genoux sur la terre, d\u2019un coup d\u2019\u0153il il fallait d\u00e9celer la plus vigoureuse et arracher entre pouce et index les ind\u00e9sirables. J\u2019ai appris l\u00e0 l\u2019essentiel de l\u2019\u00e9criture. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rapport d\u2019Alain Quella Vill\u00e9ger Georges Bonnet est un Saintongeais de Poitiers qui, depuis juin dernier, a dans cette ville une rue qui porte son nom. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":816,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[88,4,145],"tags":[],"class_list":["post-815","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-88","category-archives","category-palmares-2007"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/815","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=815"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/815\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1456,"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/815\/revisions\/1456"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/816"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=815"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=815"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/academie-saintonge.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=815"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}