{"id":844,"date":"2015-08-05T14:59:10","date_gmt":"2015-08-05T13:59:10","guid":{"rendered":"http:\/\/academie-saintonge.org\/?p=844"},"modified":"2016-01-28T12:05:14","modified_gmt":"2016-01-28T11:05:14","slug":"844","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/academie-saintonge.org\/?p=844","title":{"rendered":"R\u00e9ception de Jean-Louis Lucet"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/lucet1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-860 alignleft\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/lucet1.jpg\" alt=\"lucet\" width=\"170\" height=\"210\" \/><\/a>21\u00e8me si\u00e8ge, second titulaire.<\/p>\n<p>Ancien ambassadeur de France au S\u00e9n\u00e9gal, en Isra\u00ebl, en Italie, et aupr\u00e8s du Saint-Si\u00e8ge, vice-pr\u00e9sident du Secours catholique \/ Caritas France, membre du conseil d\u2019administration de la Villa Medicis \u00e0 Rome et de l\u2019\u0152uvre d\u2019Orient \u00e0 J\u00e9rusalem, gendre de Pierre-Henri Simon dont, avec sa femme Jacotte, il sert l\u2019\u0153uvre \u00e0 travers expositions, colloques, conf\u00e9rences et pr\u00e9sentations d\u2019ouvrages.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Julien-Labruyere-Lucet-w.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-845 alignleft\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Julien-Labruyere-Lucet-w.jpg\" alt=\"Julien-Labruyere-Lucet-w\" width=\"250\" height=\"194\" \/><\/a>R\u00e9ception de Jean-Louis Lucet par Fran\u00e7ois Julien Labruy\u00e8re<\/p>\n<p>Il est une question que l\u2019Acad\u00e9mie de Saintonge ne se pose quasiment jamais : celle de savoir comment on devient saintongeais. Question pourtant \u00e0 la mode depuis que le concept d\u2019identit\u00e9 gouverne les esprits au-del\u00e0 m\u00eame de l\u2019action culturelle, puisqu\u2019il d\u00e9borde maintenant \u2013 avec toute l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 qui lui est attach\u00e9e \u2013 jusque dans le champ des id\u00e9es politiques. Il suffit de consulter la liste des acad\u00e9miciens de Saintonge pour comprendre pourquoi cette question n\u2019est que rarement d\u00e9battue.<\/p>\n<p>Sur les soixante-seize acad\u00e9miciens qu\u2019elle comporte depuis ses d\u00e9buts, quinze ne sont pas de naissance ou d\u2019origine saintongeaise et, parmi ceux-ci, cinq seulement n\u2019y ont pas fait carri\u00e8re et trois de ces derniers ne s\u2019y sont m\u00eame jamais install\u00e9s. Autrement dit, ce que les Allemands appellent le \u00ab droit du sang \u00bb domine largement le recrutement de l\u2019Acad\u00e9mie de Saintonge, le \u00ab droit du sol \u00bb cher la tradition fran\u00e7aise n\u2019y repr\u00e9sentant qu\u2019un petit 20%, pourcentage qui n\u2019a fait que diminuer avec le temps, puisqu\u2019il \u00e9tait de 30% en 1959, date \u00e0 laquelle notre compagnie prend v\u00e9ritablement son envol gr\u00e2ce \u00e0 sa fusion avec le jury du prix de Saintonge.<br \/>\nLe seul acad\u00e9micien \u00e0 s\u2019\u00eatre officiellement pos\u00e9 la question du caract\u00e8re saintongeais des membres de l\u2019Acad\u00e9mie est Roger Bonniot lorsqu\u2019il en modifia les statuts en 1971. \u00c0 l\u2019\u00e9vidence, il ne s\u2019agit pas d\u2019un hasard : les nouveaux statuts, plus ouverts pour notre compagnie en termes de droit du sol, ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s sous l\u2019impulsion d\u2019un acad\u00e9micien d\u2019origine savoyarde qui avait termin\u00e9 sa carri\u00e8re de professeur d\u2019histoire au lyc\u00e9e de Saint-Jean-d\u2019Ang\u00e9ly. La r\u00e9cente exposition Courbet, joliment organis\u00e9e par le mus\u00e9e de l\u2019\u00c9chevinage, doit beaucoup \u00e0 son ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence sur Courbet en Saintonge, on peut seulement regretter que nulle part il n\u2019y est fait mention de l\u2019appartenance de Roger Bonniot \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie de Saintonge \u00e0 laquelle il contribua si fortement et \u00e0 laquelle il \u00e9tait si attach\u00e9.<br \/>\nCette petite introduction vous est destin\u00e9e, mon cher Jean-Louis Lucet, car vous \u00eates aussi un Saintongeais atypique ; vous \u00eates en effet d\u2019origine bretonne par votre m\u00e8re et normande par votre p\u00e8re, devenu saintongeais par votre mariage et l\u2019adoption que vous avez faite du village de votre belle-famille, Saint-Fort-sur-Gironde. \u00ab C\u2019est en rachetant une vieille propri\u00e9t\u00e9 de famille \u00e0 une tante de ma femme que je me suis senti int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la Saintonge \u00bb, m\u2019avez-vous dit quand je vous ai parl\u00e9 pour la premi\u00e8re fois de notre Acad\u00e9mie. Puis vous avez ajout\u00e9 : \u00ab C\u2019\u00e9tait en 1968, mais d\u00e9j\u00e0 depuis mon mariage, je n\u2019y manquais jamais un \u00e9t\u00e9. \u00bb Enfin, avec cette retenue qui vous caract\u00e9rise et rend votre contact si agr\u00e9able, si engageant, je dirais m\u00eame si s\u00e9duisant, car la discr\u00e9tion est une vertu bien peu pratiqu\u00e9e, vous avez termin\u00e9 votre r\u00e9ponse en insistant sur le fait que vous n\u2019\u00e9tiez qu\u2019une pi\u00e8ce rapport\u00e9e par rapport \u00e0 la Saintonge.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Lucet-Mme-01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-848 alignleft\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Lucet-Mme-01.jpg\" alt=\"Lucet-Mme-01\" width=\"200\" height=\"245\" \/><\/a>Pi\u00e8ce rapport\u00e9e, certes\u2026 Mais n\u2019est-ce pas d\u00e9j\u00e0 faire partie d\u2019une famille que d\u2019en \u00eatre une pi\u00e8ce rapport\u00e9e ? C\u2019est en tout cas comme cela que vous le vivez. En 1956, \u00e0 Saint-Fort-sur-Gironde, vous avez \u00e9pous\u00e9 Jacotte Simon ; Jacotte, la fille a\u00een\u00e9e de Pierre-Henri Simon, qui fut directeur de notre Acad\u00e9mie de 1967 \u00e0 sa mort en 1972, et qui en demeure la figure tut\u00e9laire, parce que la part la plus sensible de son \u0153uvre, celle de ses romans o\u00f9 il livre sa personnalit\u00e9, lui aussi avec pudeur, concerne presque exclusivement le pays saintongeais. Permettez-moi de rappeler une seule phrase de lui qui le caract\u00e9rise au plus profond. Ce sont ses derniers mots de directeur de l\u2019Acad\u00e9mie de Saintonge, prononc\u00e9s \u00e0 l\u2019abbaye aux Dames de Saintes, quelques semaines avant sa mort : \u00ab La Saintonge est l\u2019endroit o\u00f9, mieux qu\u2019ailleurs, je fixe mes souvenirs et mes songes. \u00bb Sans que vous ne me l\u2019ayez jamais dit, je sais que cette petite phrase si charg\u00e9e d\u2019\u00e9motion vous convient parfaitement.<br \/>\nL\u2019attachement que vous manifestez pour la Saintonge ne pouvait que se nourrir du contact avec votre beau-p\u00e8re. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, gr\u00e2ce aussi \u00e0 Jacotte qui est une fervente de son clocher, au sens o\u00f9 chaque village poss\u00e8de en lui une part d\u2019universel, vous vous \u00eates vite senti en connivence avec ce pays. Peut-\u00eatre parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un pays mod\u00e9r\u00e9, tranquille, qui se marie bien avec votre caract\u00e8re pond\u00e9r\u00e9. Savez-vous ce que dit de vous votre fils Christophe, une des meilleures plumes du journal Sud-Ouest : \u00ab Ce n\u2019est nullement lui faire injure que de mentionner la lenteur proverbiale des \u00ab\u00a0cagouillards\u00a0\u00bb et de constater que sur ce point, mon p\u00e8re s\u2019est parfaitement accord\u00e9 avec son pays d\u2019adoption : il prend son temps, et ce pays s\u2019y pr\u00eate. \u00bb<br \/>\nPour pr\u00e9parer ce discours de r\u00e9ception, je vous avais demand\u00e9 quelques renseignements sur vous et, votre discr\u00e9tion aidant, vous m\u2019avez envoy\u00e9 un simple curriculum vitae. Tout y est, bien s\u00fbr : vos \u00e9tudes brillantes, votre carri\u00e8re brillante, votre retraite brillante\u2026 Et j\u2019aurais pu me contenter d\u2019en reprendre tels quels les paragraphes : vous avez \u00e9t\u00e9 un diplomate de renom alternant les directions au Quai d\u2019Orsay et les ambassades les plus prestigieuses puisqu\u2019on vous voit successivement secr\u00e9taire \u00e0 Washington et \u00e0 Londres, conseiller au Caire et \u00e0 Rome, charg\u00e9 d\u2019affaires \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, ambassadeur \u00e0 Dakar et \u00e0 Tel-Aviv pour terminer ambassadeur de France \u00e0 Rome, d\u2019abord aupr\u00e8s du Quirinal, puis aupr\u00e8s du Vatican. Une fois \u00e0 la retraite, vous avez, dites-vous, \u00ab quelques petites occupations diverses \u00bb parmi lesquelles je retiendrais seulement la vice-pr\u00e9sidence du Secours catholique dont vous \u00eates le responsable des affaires internationales et, \u00e0 ce titre, amen\u00e9 \u00e0 si\u00e9ger \u00e0 de nombreux conseils d\u2019administration, notamment celui de l\u2019\u0152uvre d\u2019Orient (et je peux t\u00e9moigner du fait que vous avez pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00eatre aujourd\u2019hui des n\u00f4tres plut\u00f4t que d\u2019assister \u00e0 son conseil \u00e0 J\u00e9rusalem !).<br \/>\nJean-Louis Lucet, vous \u00eates le premier \u00e9narque \u00e0 entrer \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie de Saintonge. Comme chacun sait, toute bonne r\u00e9ception acad\u00e9mique poss\u00e8de sa part de bizuthage. Et l\u2019ENA pourrait se montrer fertile en la mati\u00e8re : ne dit-on pas qu\u2019un \u00e9narque est quelqu\u2019un qui sait tout mais rien d\u2019autre, ou que son vade-mecum se r\u00e9sume \u00e0 \u00ab th\u00e8se, antith\u00e8se, foutaise \u00bb ! Vous ne me verrez pas \u00e9piloguer l\u00e0-dessus car rien n\u2019est plus oppos\u00e9 \u00e0 cette image de l\u2019ENA que votre fa\u00e7on d\u2019\u00eatre, celle d\u2019un homme de culture, sans clich\u00e9s faciles et sans a priori. D\u2019ailleurs, dans votre curriculum vit\u00e6, vous citez l\u2019ENA en un tiers de ligne alors que vous vous attardez \u00e0 d\u00e9tailler vos ann\u00e9es de lyc\u00e9e chez les j\u00e9suites de Beyrouth et chez les oratoriens de Pontoise, puis votre hypokh\u00e2gne \u00e0 Henri IV. Et en fin de page, vous n\u2019oubliez pas de mentionner qu\u2019en classe de seconde, vous avez eu Georges Dum\u00e9zil comme professeur de latin-grec. C\u2019est dire l\u2019\u00e9merveillement qui vous en reste et qui marqua votre horizon intellectuel : avec Dum\u00e9zil, vous d\u00e9couvrez les mythes et les civilisations anciennes, plus tard et de fa\u00e7on encore plus ancr\u00e9e, avec Pierre-Henri Simon, vous impr\u00e9gnez votre action, votre morale personnelle, en fait votre vie enti\u00e8re, d\u2019un humanisme chr\u00e9tien ouvert sur le monde. Vos deux ma\u00eetres, celui de votre adolescence et celui de votre \u00e2ge adulte, celui de votre lyc\u00e9e et celui de votre famille, vous ont montr\u00e9 votre chemin, un chemin o\u00f9 souffle l\u2019esprit, un chemin fait de compr\u00e9hension du monde, dans toutes ses nuances et m\u00eame ses discordances, un chemin fait aussi d\u2019int\u00e9r\u00eat, d\u2019attention et de sympathie aux autres.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Lucet-Apamee.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-847 alignleft\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Lucet-Apamee.jpg\" alt=\"Lucet-Apamee\" width=\"200\" height=\"150\" \/><\/a>Le grand diplomate est celui qui bien s\u00fbr repr\u00e9sente intelligemment son pays, il est aussi, et peut-\u00eatre surtout, celui qui comprend le lieu dans lequel il se trouve. Il suffit de vous entendre parler des nombreuses villes dans lesquelles vous avez \u00e9t\u00e9 en poste puis, \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un contrepoint, de ce village unique de Saint-Fort-sur-Gironde dans lequel vous retournez chaque \u00e9t\u00e9, pour comprendre \u00e0 quel point votre personnalit\u00e9 s\u2019est enrichie du contraste. Dans les colloques internationaux auxquels vous participez, rien ne vous \u00e9chappe des complications du monde, notamment des conflits du Proche-Orient dont vous \u00eates devenu un sp\u00e9cialiste ; dans cette Saintonge que vous avez adopt\u00e9e et qui vous a adopt\u00e9, rien ne vous \u00e9chappe de ses valeurs les plus ancr\u00e9es. L\u2019\u0153uvre de votre beau-p\u00e8re en est devenue une initiation exigeante et le magnifique avant-propos que vous venez de consacrer \u00e0 la r\u00e9\u00e9dition de son grand cycle romanesque, Figures \u00e0 Cordouan, en est la parfaite illustration. Vous y \u00e9voquez Pierre-Henri Simon, \u00ab qui, par sa sympathie avec l\u2019autre, t\u00e9moigne de l\u2019\u00e9minente dignit\u00e9 de la personne humaine \u00bb. Personnellement, je trouve que cette d\u00e9finition vous va fort bien ; elle correspond \u00e0 vos qualit\u00e9s d\u2019intelligence et de r\u00e8gle de vie : l\u2019ouverture d\u2019esprit, la culture en toutes choses et le respect d\u2019autrui gr\u00e2ce \u00e0 une rare \u00e9l\u00e9gance de la discr\u00e9tion.<br \/>\nJean-Louis Lucet, en mon nom propre et au nom de tous mes coll\u00e8gues, je tiens \u00e0 vous dire que l\u2019Acad\u00e9mie de Saintonge est fi\u00e8re d\u2019accueillir son premier ambassadeur de France et qu\u2019elle est surtout heureuse d\u2019ouvrir sa famille \u00e0 sa premi\u00e8re pi\u00e8ce rapport\u00e9e. Bienvenue en son sein.<br \/>\nPierre-Henry Simon et la Saintonge par Jean-Louis Lucet<\/p>\n<p>Mesdames, Messieurs et chers amis, tout en mesurant l&rsquo;honneur que vous me faites en m&rsquo;admettant dans votre Compagnie, c&rsquo;est un sentiment de joie mais aussi, l&rsquo;avouerais-je, de confusion qui me saisit. Une phrase de Rivarol, en effet, me vient \u00e0 l&rsquo;esprit : c&rsquo;est un terrible avantage de n&rsquo;avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. Je t\u00e2cherai donc, en me montrant aussi assidu que possible \u00e0 vos travaux, de ne pas abuser du privil\u00e8ge que me conf\u00e8re une tr\u00e8s modeste participation au rayonnement de la Saintonge, ni non plus d&rsquo;abuser de votre patience.<br \/>\nDans les quelques instants qui me sont allou\u00e9s, je voudrais esquisser l&rsquo;itin\u00e9raire saintongeais d&rsquo;un grand \u00e9crivain et penseur chr\u00e9tien, Pierre-Henri Simon. Avec au premier chef mon \u00e9pouse, il a contribu\u00e9 \u00e0 faire conna\u00eetre et aimer cette province au parisien que je suis. La Saintonge a nourri ses \u00e9crits, occup\u00e9 son coeur et servi de support et d&rsquo;inspiratrice \u00e0 ses cr\u00e9ations les plus tendues vers l&rsquo;universel. Dans la phase de purgatoire que traverse encore maintenant son oeuvre, il est heureux que les \u00e9ditions du Cro\u00eet Vif permettent \u00e0 sa grande voix, si n\u00e9cessaire \u00e0 notre temps, de retentir \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Maison-Saint-Fort-7643.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-849 alignleft\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Maison-Saint-Fort-7643.jpg\" alt=\"Maison-Saint-Fort-7643\" width=\"250\" height=\"167\" \/><\/a>Si vos pas vous portent \u00e0 Saint-Fort-sur-Gironde, vous ne pouvez manquer une place de belle dimension dont une vaste maison bourgeoise de la fin du XIX e si\u00e8cle occupe tout le fond. C&rsquo;\u00e9tait la maison de Pierre Henri Simon et la place porte son nom. On peut y lire l&rsquo;inscription : Pierre-Henri Simon, \u00e9crivain Saint-Fortais, membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie de Saintonge, membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise. Il eut aim\u00e9 l&rsquo;ordre de cette titulature, tant il \u00e9tait attach\u00e9 \u00e0 Saint-Fort, o\u00f9 il est n\u00e9, et \u00e0 la petite pi\u00e8ce orient\u00e9e vers le Sud, tout en haut de la maison \u2013 son \u00ab\u00a0pigeonnier\u00a0\u00bb disait-il &#8211; o\u00f9 il r\u00e9digea une grande partie de son oeuvre, loin des modes parisiennes qui lui ont toujours inspir\u00e9 une certaine r\u00e9ticence. Lui qui, en 1915, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 12 ans, \u00e9crivait \u00e0 son p\u00e8re une lettre qu&rsquo;il signait \u00a0\u00bb Henri Simon, de l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e9lait certes une ambition pr\u00e9coce et un sens pr\u00e9monitoire ; mais l&rsquo;\u00e9crivain, au fa\u00eete de sa gloire, r\u00e9servait dans son coeur une place particuli\u00e8re \u00e0 la \u00ab\u00a0petite Acad\u00e9mie\u00a0\u00bbdont il fut, avec le chanoine Paul Tonnellier, membre fondateur et devant laquelle il pronon\u00e7a, lors de la s\u00e9ance du 27 ao\u00fbt 1972, sa toute derni\u00e8re allocution.<br \/>\nJe reviens \u00e0 la grande maison de Saint-Fort. Elle joua un r\u00f4le essentiel dans l&rsquo;oeuvre de notre auteur, tant sur le plan narratif que symbolique. Dans Les Raisins Verts, compte tenu bien s\u00fbr de la transposition romanesque, c&rsquo;est la propri\u00e9t\u00e9 de campagne de Gilbert d&rsquo;Aurignac, \u00ab\u00a0Les Cormiers\u00a0\u00bb, proche de Royan. C&rsquo;est surtout la maison de M. Emery \u00e0 Corme-Royal et peut-\u00eatre <a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Plaque-Place-P-H-Simon-7637.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-850 alignleft\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Plaque-Place-P-H-Simon-7637.jpg\" alt=\"Plaque-Place-P-H-Simon-7637\" width=\"250\" height=\"167\" \/><\/a>aussi la Brizarderie, situ\u00e9e sur la colline, entre Saint-Fort et Floirac, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9crivain aimait porter ses pas m\u00e9ditatifs. La maison est l&rsquo;espace relativement clos qui permet l&rsquo;accueil des proches comme des amis ; un lieu d&rsquo;affections et de froissements, o\u00f9 se fa\u00e7onnent les \u00e2mes et dont le po\u00e8te et le romancier tirent leur miel. \u00c9t\u00e9 apr\u00e8s \u00e9t\u00e9, obstin\u00e9ment, Pierre-Henri Simon revenait \u00e0 cette grande maison et y recevait les siens. Il faut dire que c&rsquo;\u00e9tait la maison de sa m\u00e8re et que cette femme tr\u00e8s cultiv\u00e9e, \u00e0 la forte personnalit\u00e9, contribua \u00e0 modeler le coeur et l&rsquo;esprit de son fils, encore plus profond\u00e9ment peut-\u00eatre que le grand-p\u00e8re pharmacien et humaniste que l&rsquo;\u00e9crivain \u00e9voque avec tant de reconnaissance et de tendresse au d\u00e9but de son magnifique essai autobiographique intitul\u00e9 Ce que je crois. Car la maison, li\u00e9e aussi \u00e0 la personne de son \u00e9pouse Genevi\u00e8ve, est un symbole maternel fort dont la puissance b\u00e9n\u00e9fique se fond en celle de la Saintonge toute enti\u00e8re, province elle aussi maternelle. Dans l&rsquo;oeuvre de Pierre-Henri Simon, la Saintonge \u00e9voque en effet un lieu d&rsquo;accueil et de bonheur possible, un refuge sans doute, mais non d\u00e9pourvu d&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9, car c&rsquo;est aussi l&rsquo;espace o\u00f9 surgissent et s&rsquo;affrontent les passions, o\u00f9 s&rsquo;insinuent l&rsquo;inqui\u00e9tude et le doute, o\u00f9 se construisent, \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de la vie, le sens de la responsabilit\u00e9 et l&rsquo;aspiration \u00e0 la justice, un lien de bonheur, mais o\u00f9 se livre un combat spirituel, \u00ab plus rude, disait Rimbaud, que les batailles d&rsquo;homme. \u00bb<br \/>\nJe ne reviendrai pas sur l&rsquo;analyse si pertinente par laquelle Fran\u00e7ois Julien-Labruy\u00e8re, dans sa conf\u00e9rence du mois de juillet 2003, prononc\u00e9e dans le cadre des manifestations organis\u00e9es pour le centenaire de la naissance de l&rsquo;\u00e9crivain, a mis en lumi\u00e8re la forte impr\u00e9gnation saintongeaise dans la personnalit\u00e9 et l&rsquo;oeuvre de Pierre-Henri Simon. Ce conditionnement est ind\u00e9niable et se traduit par un profond besoin d&rsquo;enracinement. Dans l&rsquo;admirable conf\u00e9rence prononc\u00e9e en 1943, dans un \u00ab\u00a0oflag\u00a0\u00bb, devant ses camarades de captivit\u00e9, Pierre-Henri Simon brosse un portrait nuanc\u00e9 et fort de lui-m\u00eame et de sa terre natale, toute de mesure, d&rsquo;\u00e9quilibre, de scepticisme mais aussi de recherche inqui\u00e8te d&rsquo;une harmonie. Il y exprime surtout une poignante nostalgie des visages et des paysages aim\u00e9s, aviv\u00e9e par les souffrances et les frustrations de la captivit\u00e9. Dans la ferveur d&rsquo;un amour provisoirement contrari\u00e9, il d\u00e9crit avec lyrisme les d\u00e9lices de la gastronomie saintongeaise, lui qui \u00e9tait la sobri\u00e9t\u00e9 m\u00eame. Il livre avec pr\u00e9cision et d\u00e9lectation des impressions de chasse \u00e0 la palombe, lui qui fut toujours un pi\u00e8tre Nemrod. Il \u00e9voque surtout les promenades dans les vignes et les bois et sur les coteaux d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on admire \u00a0\u00bb la grande \u00e9charpe bleue de l&rsquo;estuaire\u00a0\u00bb, le miroitement du soleil sur la mer, la splendeur des soirs et la douce lumi\u00e8re propre \u00e0 la Saintonge. Il n&rsquo;oublie pas d&rsquo;\u00e9voquer les fastes de l&rsquo;art roman saintongeais, dont le mysticisme tr\u00e8s incarn\u00e9 offre l&rsquo;une des cl\u00e9s de sa vision du monde. Il pars\u00e8me son texte de po\u00e8mes o\u00f9 il trouve, admet-il, \u00ab\u00a0l&rsquo;une des plus efficaces consolations\u00a0\u00bb. Son recueil Recours au Po\u00e8me, chants du captif offre un splendide bouquet d&rsquo;images saintongeaises, mais aussi une r\u00eaverie m\u00e9ditative teint\u00e9e de m\u00e9lancolie qui n&rsquo;est pas sans rappeler l&rsquo;univers, tr\u00e8s saintongeais lui aussi, d&rsquo;un Eug\u00e8ne Fromentin.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/henri-simon1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-856 alignleft\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/henri-simon1.jpg\" alt=\"henri-simon\" width=\"170\" height=\"210\" \/><\/a>Si la pens\u00e9e et l&rsquo;oeuvre de Pierre-Henri Simon puisent profond\u00e9ment dans la terre de son enfance, elles ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 je ne sais quel d\u00e9terminisme saintongeais, qui rappellerait par trop le positivisme mat\u00e9rialiste et quelque peu r\u00e9actionnaire du vieil Hippolyte Taine. Tr\u00e8s t\u00f4t, et douloureusement (d\u00e8s l&rsquo;\u00e9cole primaire en fait), cet enfant de Barr\u00e8s s&rsquo;est heurt\u00e9 \u00e0 la France de Combes et de Jaur\u00e8s. Le choc fut salutaire, car il permit au jeune Simon d&rsquo;approfondir le sens de son h\u00e9ritage chr\u00e9tien et, au contact de ses camarades de Louis le Grand et de l&rsquo;\u00c9cole Normale, d&rsquo;op\u00e9rer, par l&rsquo;intercession de certains penseurs et \u00e9crivains, dont Charles P\u00e9guy, une f\u00e9conde synth\u00e8se entre l&rsquo;humanisme la\u00efque et un universalisme chr\u00e9tien revisit\u00e9. Cet itin\u00e9raire intellectuel et moral a \u00e9t\u00e9 magistralement \u00e9voqu\u00e9, par Jean Mesnard, lors de la s\u00e9ance de notre Acad\u00e9mie, le 5 octobre 2003. Je me bornerai, pour ma part, \u00e0 citer un propos qu&rsquo;adressa \u00e0 notre auteur le philosophe personnaliste Emmanuel Mounier, qui fut son ami : \u00ab Simon, je t&rsquo;aime surtout dans tes col\u00e8res. \u00bb On voit que Pierre-Henri Simon, emport\u00e9 par sa passion de la justice et du bien public, pouvait se r\u00e9v\u00e9ler parfois sous un jour assez peu conforme au portrait conventionnel que l&rsquo;on dresse du saintongeais.<br \/>\nM&rsquo;en tenant au registre de la litt\u00e9rature, je voudrais souligner que Pierre-Henri Simon a toujours r\u00e9cus\u00e9 l&rsquo;\u00e9tiquette d&rsquo;\u00e9crivain r\u00e9gionaliste. Sa Saintonge ne s&rsquo;apparente nullement \u00e0 (disons) l&rsquo;Auvergne d&rsquo;un Henri Pourrat. Elle ne s&rsquo;apparente pas non plus, sauf par quelques traits, \u00e0 celle d&rsquo;un Pierre Loti ou d&rsquo;un Jacques Chardonne, \u00e9crivains qui ont su pourtant transcender le cadre r\u00e9gionaliste. Il appr\u00e9ciait Loti, ce g\u00e9nie mineur et agreste, ainsi qu&rsquo;il le qualifiait dans sa conf\u00e9rence de captivit\u00e9, et le cr\u00e9ditait d&rsquo;avoir su \u00e9voquer avec simplicit\u00e9 les sentiments les plus communs de l&rsquo;humanit\u00e9 ainsi que les multiples splendeurs de la nature. Mais le sensualisme de Loti ne pouvait s&rsquo;accorder \u00e0 l&rsquo;approche intellectualiste et au volontarisme moral de Pierre-Henri Simon : \u00ab C&rsquo;est un fait, \u00e9crit-il dans Les Raisins Verts, par la voix de son h\u00e9ros Gilbert d&rsquo;Aurignac, que je pr\u00e9f\u00e8re le r\u00e9fl\u00e9chi au na\u00eff, la culture \u00e0 la nature, et l&rsquo;affectif ne me concerne que r\u00e9fract\u00e9 par l&rsquo;intellectuel. \u00bb Pierre-Henri Simon se retrouvait sans doute mieux dans les sentiments de bonheur, un peu contemplatif, qu&rsquo;exprime Jacques Chardonne en divers passages de ses \u00e9crits, Le Bonheur de Barbezieux notamment. Comme Chardonne \u00e9galement \u2013 celui des Destin\u00e9es sentimentales- il sort du cadre du roman d&rsquo;analyse psychologique et morale pour inscrire ses personnages dans un destin social et historique. Mais il ne pouvait se satisfaire d&rsquo;une attitude de notable conservateur qui consent \u00e0 la tradition en la nimbant de sagesse. En qu\u00eate d&rsquo;un bonheur vrai, le romancier Pierre-Henri Simon est conduit, par les exigences de sa conscience, \u00e0 porter un tout autre regard sur la Saintonge. Il ne s&rsquo;agit plus de l&rsquo;id\u00e9aliser, ni de la r\u00e9duire \u00e0 sa dimension affective, mais d&rsquo;en faire le th\u00e9\u00e2tre, circonscrit mais universel, d&rsquo;un drame historique et spirituel, o\u00f9 se m\u00ealent les lumi\u00e8res et les ombres, d&rsquo;o\u00f9 surgissent des accents moraux et proph\u00e9tiques qui, de mani\u00e8re plus discursive sans doute, rappellent ceux de Camus et de Malraux, mais aussi, en moins pessimistes, ceux de Bernanos et de Mauriac.<br \/>\nLes grandes oeuvres romanesques de la maturit\u00e9 et des derni\u00e8res ann\u00e9es \u2013 \u00e0 savoir Elsinfor et la trilogie Figures \u00e0 Cordouan &#8211; illustrent avec \u00e9clat cette \u00e9volution. A travers le destin d&rsquo;une famille et le prisme saintongeais, Elsinfor \u00e9voque la d\u00e9composition morale d&rsquo;une certaine bourgeoisie, processus qui conduira aux compromissions de Vichy, mais \u00e9galement au sursaut de la R\u00e9sistance. L&rsquo;ambition du romancier va cependant plus loin. A l&rsquo;exemple de Roger Martin du Gard, dont il admirait Les Thibault, il entreprend un cycle romanesque, une trilogie qui, sous le titre de Figures \u00e0 Cordouan, illustre, dans un cadre presque strictement saintongeais et par le truchement de personnages qui circulent d&rsquo;un roman \u00e0 l&rsquo;autre, les aspects divers de la qu\u00eate d&rsquo;un bonheur fond\u00e9 sur le roc de l&rsquo;esprit et non pas sur les attraits de l&rsquo;illusion. Laurent Seudre \u2013 l&rsquo;anti-h\u00e9ros du Somnambule- \u00e9choue lamentablement dans sa qu\u00eate. Dans Histoire d&rsquo;un Bonheur, No\u00ebl Dussert, maire de la ville de Cordouan, r\u00e9ussit sa vie gr\u00e2ce au mariage, \u00e0 l&rsquo;amiti\u00e9, \u00e0 l&rsquo;engagement et finalement au sacrifice volontairement consenti. Le personnage central de La Sagesse du Soir, l&rsquo;estimable Arthur Emery, parvient enfin \u00e0 un bonheur apais\u00e9 par l&rsquo;acceptation des autres et l&rsquo;ouverture au myst\u00e8re. Dans les trois romans affleure la pr\u00e9sence discr\u00e8te d&rsquo;un souffle divin. Or la profonde unit\u00e9 qui les relie avait pu \u00e9chapper aux lecteurs lors de leur parution, entre 1960 et 1970. La nouvelle \u00e9dition, en un volume unique, r\u00e9v\u00e8le une oeuvre aussi structur\u00e9e qu&rsquo;une \u00e9glise romane de Saintonge, moins \u00e9lanc\u00e9e et mystique qu&rsquo;une cath\u00e9drale gothique, mais sans doute plus terrienne et plus proche de notre com\u00e9die humaine. A la fin de La Sagesse du Soir, l&rsquo;intense dialogue au bord de la mer, \u00e0 l&rsquo;ombre tut\u00e9laire de l&rsquo;\u00e9glise de Talmont, entre l&rsquo;\u00e9crivain Saint-Fort, le po\u00e8te nihiliste Simplice et le sage M. Emery constitue sans doute l&rsquo;une des interrogations les plus poignantes et les plus profondes que l&rsquo;on puisse lire sur la crise de l&rsquo;humanisme et la mutation spirituelle qui seule pourrait le conjurer. On comprend mieux maintenant, du moins je l&rsquo;esp\u00e8re, la signification de la Saintonge pour Pierre-Henri Simon. \u00ab J&rsquo;ai appel\u00e9 Cordouan, \u00e9crit-il au tout d\u00e9but du Somnambule, l&rsquo;espace de mes r\u00eaves \u00bb. Et l&rsquo;on se souvient d&rsquo;une de ses derni\u00e8res phrases : \u00ab la Saintonge est l&rsquo;endroit o\u00f9 mieux qu&rsquo;ailleurs je fixe mes souvenirs et mes songes. \u00bb Plus qu&rsquo;une ville, plus qu&rsquo;un port, Cordouan, de l&rsquo;aveu de l&rsquo;auteur, est donc la Saintonge elle-m\u00eame, peupl\u00e9e de \u00ab\u00a0figures\u00a0\u00bb, c&rsquo;est \u00e0 dire de personnes, d&rsquo;harmonies et de symboles, tous porteurs d&rsquo;un sens que l&rsquo;auteur nous invite \u00e0 d\u00e9couvrir : la ville, la maison, l&rsquo;arbre, l&rsquo;\u00e9glise battue par les flots, le phare, enfin, qui n&rsquo;est jamais nomm\u00e9 mais qui exprime, on le pressent, la vigilance et la conscience droite de l&rsquo;\u00e9crivain, qui \u00e9claire notre cheminement dans le brouillard et le chaos tragique de l&rsquo;histoire. Plus qu&rsquo;une province, la Saintonge, pour Pierre-Henri Simon, est un message.<br \/>\nAu moment de conclure, il est permis d&rsquo;imaginer, Mesdames, Messieurs, que Pierre-Henri Simon revienne parmi nous. Il s&rsquo;\u00e9merveillerait sans doute du dynamisme de la Saintonge, de la d\u00e9couverte \u00e9mouvante de Pierrette qui repousse notre histoire jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aube de l&rsquo;humanit\u00e9, des beaux travaux de restauration du patrimoine local, du progr\u00e8s \u00e9conomique et technologique partout visible, de la vitalit\u00e9 de sa \u00ab\u00a0petite Acad\u00e9mie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Livre-Pons-7860-4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-846\" src=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Livre-Pons-7860-4-300x50.jpg\" alt=\"Livre-Pons-7860-4\" width=\"300\" height=\"50\" srcset=\"https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Livre-Pons-7860-4-300x50.jpg 300w, https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Livre-Pons-7860-4-714x120.jpg 714w, https:\/\/academie-saintonge.org\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/Livre-Pons-7860-4.jpg 723w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Sans doute s&rsquo;\u00e9tonnerait-il des grands \u00a0\u00bb in folio\u00a0\u00bb factices qui ornent un rond-point, sur la route entre Pons et G\u00e9mozac : ils lui para\u00eetraient un assez plaisant hommage \u00e0 la vocation litt\u00e9raire de la Saintonge ! Cela dit, il discernerait l&rsquo;aggravation de menaces qu&rsquo;il avait d\u00e9j\u00e0 pressenties ; il percevrait \u00e0 l&rsquo;horizon des nuages inqui\u00e9tants ; il analyserait ces dangers in\u00e9dits avec lucidit\u00e9 et perspicacit\u00e9. Mais surtout, il t\u00e9moignerait avec force contre le retour du fanatisme et contre les injustices qui suscitent l&rsquo;exclusion et de nouvelles formes de pauvret\u00e9 ; il trouverait de ce fait les mots et les accents appropri\u00e9s pour revivifier notre confiance dans la destin\u00e9e de la personne humaine et dans l&rsquo;avenir de l&rsquo;humanit\u00e9. C&rsquo;est dire combien il nous manque.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>21\u00e8me si\u00e8ge, second titulaire. 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