Jean-Michel Bénier pour l’exposition et le livre L’Arte contro la morte

Jean-Michel Bénier pour l’exposition et le livre L’Arte contro la morte

contro-la-morteRapport de François Julien Labruyère

Jean-Michel Bénier« Il n’y a plus rien. Le vide d’un ciel blanc sur les collines piémontaises, le vol d’un merle qui s’enfuit d’un buisson de buis. Et ces mots assemblés sur mon carnet : L’arte contro la morte. L’art, la mort. Dire le vide à venir. Exprimer la vie, quand on voit la mort ? L’animal se fait homme. Le rite sacralisé. J’ai vu la mort dans les yeux de chiens aimés et leur incommensurable détresse de savoir qu’ils ne pourront plus jamais exprimer leur affection. Dernières secondes « ensemble », face à l’incompréhensible. Et le dernier homme sera semblable au premier. Vaines tentatives de créer un passage. Ouvrir les portes vers l’inconnu. L’art pour conjurer la mort. Il n’y a pas d’art sans sacré, le reste n’est qu’agencement de matières. L’artiste précède le prêtre. Qu’allons-nous chercher par delà l’horizon, sinon la guérison d’être vivants ? » Ce texte de Jean-Michel Bénier est tiré d’une brochure qui « illustre » l’exposition, L’arte contro la morte. Cette brochure, comme l’exposition, est un carnet de voyage d’Anvers à Venise. Un voyage en compagnie de Pieter Bruegel. Ce qui n’est pas rien car un compagnon aussi prestigieux invite au dépassement de soi. On y rencontre des paysages de montagne car Jean-Michel Bénier, en bon pèlerin jurassien, aime les sentiers qui longent les buissons de buis , on y rencontre des affiches en collages exprimant la richesse du dessillement des yeux que procure le voyage, on y rencontre des femmes voilées sur une grande fresque de fin de monde inspirée d’un poème de

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Rainer Maria Rilke (je dis bien fresque, c’est-à-dire travail a fresco, comme au temps de la Renaissance), on y rencontre des notes de musique inspirées d’une cantate de Bach. Jean-Michel Bénier est un artiste secret qui aime se cacher derrière son œuvre. Une œuvre majeure, à la fois puissante, profonde et sensible, allant au-delà de l’émotion et suscitant la réflexion sur ce qu’il appelle la guérison des êtres vivants. De toutes les expositions, officielles ou privées, que j’ai visitées en Charentes, L’arte contro la morte est la plus belle, la plus poignante, la plus actuelle. J’espère que ce prix lui ouvrira d’autres opportunités d’être présentée au public. Elle le mérite…