Panorama de l’année culturelle Saintongeaise en 2017

Panorama de l’année culturelle Saintongeaise en 2017

Discours d’ouverture des Prix de l’Académie de Saintonge 2017 : Marie-Dominique Montel

Directrice de l’Académie de Saintonge

Marie-Dominique Montel

Mes chers collègues, mesdames et messieurs les élus, chers amis,

Nous fêtons cette année, le 60e anniversaire de l’Académie de Saintonge. Née en 1957 composée d’une quinzaine de sièges au départ, elle a grandi jusqu’à compter 25 membres élus. Sa croissance, l’Académie la doit à une succession de directeurs formidables : l’écrivain Pierre-Henri Simon qui se partageait entre l’Académie française et l’Académie de Saintonge, la grande dame du patois saintongeais Odette Commandon, l’archiviste Jean Glenisson qui organisa une exposition sur Agrippa d’Aubigné, inaugurée par le président Mitterrand. Madeleine Chapsal, auteur de romans à succès et l’écrivain éditeur François Julien Labruyère qui sut faire entrer à l’Académie une grande partie des personnalités de talent qui la composent aujourd’hui.

Au cours de ces 60 ans, l’Académie a évolué. Les palmarès successifs le montrent, notre conception de notre région, de ses talents et de sa culture s’est élargie. L’Académie des premiers temps était tournée essentiellement vers la terre, ses hommes et son histoire. Aujourd’hui, la mer qui borde nos côtes et attire les explorateurs, les poètes, les marins et les vacanciers, se reflète davantage dans les travaux que nous primons. Le climat dont on parlait peu, les sciences ou le cinéma ont rejoint nos centres d’intérêt.

Parallèlement, le nombre de prix a augmenté. En 1997, pour le 40e anniversaire de l’Académie, François Julien- Labruyère, jeune directeur de notre assemblée, avait recensé les lauréats primés depuis les débuts : en quarante ans, il y en avait eu 168. En 2007, après avoir mené pendant dix ans une politique très concertée et réussie de développement, il a refait les comptes. On était passé à 122 en dix ans, pas tout à fait autant que pendant les quarante premières années, mais pas loin. L’Académie de Saintonge était bien devenue, comme il l’écrivait, « le jury régional par excellence ». Et nous n’avons pas chômé par la suite puisque nous sommes encore passés de 122 à 155 au cours des dix dernières années.

Examinons ces 155 prix dans le détail. Les ouvrages d’érudition forment la catégorie la plus importante (47 primés en dix ans dont un grand prix), la 2e place revient à la catégorie Patrimoine (27 lauréats) ce qui est dans la tradition de l’Académie. La littérature ne compte que douze primés mais quels primés ! Parmi eux il y a quatre grands prix. La musique et le théâtre : 19 lauréats dont un grand prix. Les beaux-arts au sens large, 13 lauréats dont un grand prix. La nouveauté est venue des sciences qui font une percée remarquable avec 13 primés dont trois grands prix… et du cinéma avec 11 primés dont un grand prix.

Vous le savez, l’Académie de Saintonge est soutenue dans son action par des mécènes publics et privés. Je tiens à remercier le département de Charente-Maritime qui nous épaule depuis toujours. Un très grand merci aussi à la ville de Royan qui nous aide vraiment beaucoup et nous accueille ici, au Palais des Congres, et puis merci aux collectivités locales, associations ou personnes privées qui financent les prix que nous distribuons. Vous allez découvrir, dans ce palmarès 2017, une nouveauté : le Prix de la ville de Marennes, dont je salue la création. C’est encore une ville de Saintonge qui rejoint le cercle des mécènes qui permettent à nos prix d’exister.

J’aime parler des académiciens et de l’Académie devant un public de choix. J’ai de l’entraînement : j’ai été reçue récemment sous la coupole, non pour entrer à l’Académie française mais pour rencontrer sa secrétaire perpétuelle, Hélène Carrère d’Encausse. C’était enrichissant : au-delà des différences de taille, d’ancienneté, de prestige (critères selon lesquels nous sommes évidemment plus modestes), les académies de France partagent un même esprit et un même objectif de défense et d’illustration de la culture. Et de ce côté-là, notre petite Académie de Saintonge n’est pas en reste.

D’ailleurs, nos fonctionnements sont proches. Madame Carrère d’Encausse me disait comment le Grand prix de l’Académie française était choisi parmi les suggestions des académiciens qui soumettent à leurs collègues les lectures qui les ont enthousiasmés, et leurs découvertes de la saison. Eh bien, voyez-vous, l’Académie de Saintonge ne procède pas autrement. Nos réunions de travail consistent en présentations et en discussions des mérites des lauréats potentiels. Être académicien ce n’est pas un métier ; les membres de l’Académie ont, par ailleurs, des activités prenantes et passionnantes. Ce n’est pas un métier mais, croyez-moi, il y a de l’ouvrage ! C’est pourquoi deux nouveaux élus ne seront pas de trop pour nous prêter main forte, Nous sommes heureux d’accueillir Philippe Ravon, et Didier Colus qui sont reçus officiellement aujourd’hui à l’Académie.

Cette année nous récompensons quinze personnalités de talent, quinze « Charentais que le monde nous envie« . Mesdames et messieurs, chers amis, je déclare ouverts ces Prix de l’Académie de Saintonge 2017.