Christophe Pincemaille pour La folie Gourgaud ed. Réunion des musées nationaux/Geste

Christophe Pincemaille pour La folie Gourgaud ed. Réunion des musées nationaux/Geste

Rapport Cl. Pajany

gourgaud

Avec ce bel et passionnant ouvrage, Christophe Pincemaille, responsable scientifique des musées nationaux de l’île d’Aix, nous relate, la vie du baron Gourgaud et de sa femme et leur implication dans l’histoire récente de l’île. Aujourd’hui, des milliers d’amoureux du site, s’y promènent tous les ans à pied ou à vélo. Peu savent que l »île d’Aix doit sa métamorphose à la passion pour l’histoire et pour l’architecture du baron Gourgaud. Napoléon Gourgaud (1881-1944) devait son titre de baron à son arrière grand-père, le général Gourgaud, aide de camp de Napoléon. Sa femme, Eva Gebhard (1876-1959) américaine fortunée apporta l’argent nécessaire à leurs projets grandioses. Le baron constitua une importante collection de peintures impressionnistes et modernes qu’il légua à l’État. Napoléon Gourgaud était aussi un des fondateurs de la « Société de l’art français » et à ce titre, il débarqua, en 1925 sur l’île d’Aix et fut tout de suite conquis. Il acheta la maison où avait séjourné l’empereur et la transforma en musée qui fut ouvert au public dès 1928. En 1933, il créa un second musée consacré à l’Afrique. Ce continent, mal connu, passionnait les foules. La chasse n’était pas le seul but du baron Gourgaud qui fit plusieurs expéditions en Afrique de 1913 à 1931. Christophe Pincemaille le considère comme un « explorateur, ethnologue et cinéaste ». Le Tout Paris de l’époque, influencé par le baron et la baronne, débarqua sur l’île d’Aix et en fit, en seulement une dizaine d’années, un lieu très à la mode. Si Eva Gourgaud était connue pour ses excentricités, elle vaporisait ses pigeons en rose, le couple ne fut pas que frivole. Le baron Gourgaud fut maire de l’île, et s’investit pleinement dans son développement. L’île d’Aix doit son renouveau à l’engouement, à la folie d’un aristocrate qui l’aimait passionnément. Dans sa lettre de démission pour raison de santé, du poste de maire, il écrivait : « cette île que ma pensée ne quittait jamais ». Par cet ouvrage extrêmement vivant, proche du récit d’aventures, Christophe Pincemaille rend un vibrant hommage au baron et à la baronne Gourgaud à qui l’île d’Aix et notre région doivent tant.