Claude Margat pour son dernier recueil Matin de silence (L’Escampette) et pour l’ensemble de son œuvre

Claude Margat pour son dernier recueil Matin de silence (L’Escampette) et pour l’ensemble de son œuvre

Claude-Margat Rapport Alain Quella-Villéger

Claude Margat n’est pas un écrivain local ou régional, il est ici un poète ailleurs, pas les ailleurs fugaces des nomades, mais ceux puissants de l’universel, hors temps, hors champ, sans pour autant être absent des lieux qu’il fréquente depuis l’enfance, à Rochefort où il vit toujours, au point d’être si attentif au marais qu’il le peint désormais à la manière asiatique : des calligraphies à l’encre de chine (présentées au palais des congrès de Royan, en 2009).
Cet Orient extrême qui a ressourcé son inspiration, sa manière de penser (il se veut taoïste) et son rapport au monde, son dernier recueil Matin de silence, en témoigne. Silence qui parle et non vacuité, ascèse réceptive qui pose des verbes à l’infinitif, comme en suspension, une écriture nourrie, sinon du grand large, en tout cas des grandes largeurs. Une écriture souple qui plie comme le roseau des marais, mais vigie toujours en instance, « bien venté[e], un regard juste né à l’aile plus longue et le cœur plus clair »…
Claude Margat est un de nos intenses poètes contemporains — adoubé par l’écrivain Bernard Noël, ce qui n’est pas un mince parrainage.

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