Maryse Guedeau, pour les albums « Tintin » en saintongeais

Maryse Guedeau, pour les albums « Tintin » en saintongeais

Prix de l’agglomération Royan Atlantique

Maryse Guedeau, pour les albums « Tintin » en saintongeais

Rapport : Jacques Bouineau

Maryse Guedeau Il y a parfois des défis qui semblent impossibles à relever. La traduction, chacun le sait, est à la fois un art et un danger (traduttore traditore). Il ne s’agit pas simplement de transporter des mots, il faut faire circuler un esprit et, sans le dire, faire imaginer tous les non-dits qui dimensionnent le texte dont les mots ne sont que la partie émergée. Un peu comme dans les icebergs.

Quand les systèmes linguistiques sont proches, l’exercice n’est que délicat. Mais quand ils divergent profondément, quand il faut se mettre la tête à l’envers pour retrouver l’ordre inverse qui devient l’ordre juste, seul le strabisme peut donner sa trajectoire à l’exercice.

Mais quand il faut passer d’un système linguistique à l’autre, on se trouve en face d’une sorte de quadrature du cercle. Tel est le cas quand on transpose une langue littéraire en patois. Tel est le défi que Maryse Guédeau a remporté avec brio. Car non content de donner des lettres de noblesse à notre patois, elle en affirme tout à la fois la singularité et la richesse.

Elle permet simplement à tous de constater que le talent ne connaît pas de frontière, pas même celle de la langue, que la facétie est aussi une prouesse et que, décidément, le rire est le propre de l’homme.