Jean-Marc Brillouet pour son musée des alambics et de l’imprimerie

Rapport de Jean-Claude Dubois

 

C’est à partir du Musée des alambics qu’il a fondé en 1988 que Jean-Marc Brillouet a créé le centre d’animation culturelle du hameau de Pirelonge qui dépend de la commune de Saint-Romain-de-Benêt et qui n’est plus actuellement habité que par la famille Brillouet. L’idée qui sous-tend cette animation est le maintien d’activités traditionnelles saintongeaises menacées de disparition. C’est en effet pour éviter que tombent dans l’oubli les alambics utilisés par les distillateurs ambulants pour distiller l’alcool pur auquel avaient droit les bénéficiaires du privilège de bouilleur de cru supprimé en 1960 que Jean-Marie Brillouet a récupéré quelques exemplaires de différents modèles d’alambics. Il a ensuite étendu cette sauvegarde aux alambics des huiles essentielles, telles le lavandin et la menthe, et chaque année il organise la « Journée des alambics » au cours de laquelle un public nombreux vient assister au fonctionnement de ces divers appareils.
Puis, dans le même esprit, il s’est intéressé à d’autres activités dont l’ensemble est à la base de l’animation culturelle de Pirelonge : le tissage, tel qu’il se pratiquait autrefois, plus spécialement celui de la lirette ; l’imprimerie par la récupération de presses du XIXe siècle et du début du XXe avec lesquelles il réalise une imprimerie d’art selon les méthodes de cette époque ; la broderie au fil d’or et d’argent, et notamment celle des chasubles, vêtements qui ne sont plus utilisés dans le culte et que Jean-Marc Brillouet récupère pour leur épargner d’être détruits ; enfin les billets de papier-monnaie qui ont connu des aventures particulières qu’il aime rapporter à ses visiteurs. Il pense, en effet, qu’un musée doit être non seulement intéressant mais encore distrayant et vivant.
C’est pourquoi il tient à ce que le public qui vient contempler les instruments qu’il présente les voit fonctionner comme ils le faisaient jadis. L’Académie de Saintonge, consciente du mérite qu’il y a à redonner vie à un hameau menacé par l’évolution actuelle et à sauver de l’oubli des métiers qui ont été parmi les plus beaux fleurons de la France profonde, a estimé justifié d’attribuer une médaille à Jean-Marc Brillouet.