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Nom : Commandon
Prénom : Odette
Membre depuis : 1959-1997
La « Jhavasse des Charentes » (Angoulême 1913 - Royan 1996). Petite-nièce par alliance de Jean Comandon, le pionnier du cinéma, fille de Robert Gaschet le professeur de littérature, soeur cadette de Liliane Gaschet la poétesse, nièce d'Adhémar Esmein l'homme de la Vieille Charente, nièce et filleule de Pierre Jobit le prêtre philosophe, « la grande lumière de mon enfance » selon ses propres mots, Odette Comandon est bercée à la fois de Charentes et de culture. Ses vacances d'enfant se passent dans la propriété de Chez Renard près de Condéon où elle se familiarise avec le patois des domestiques et, comme elle est déjà fort drôle, elle s'en fait vite une spécialité qui ravit ses parents et ses condisciples du lycée de Lyon. En 1934, elle épouse Étienne Comandon, héritier et gestionnaire des cognacs Comandon de Jarnac. Dores et déjà, elle se fait connaître à Jarnac comme une bonne diseuse de patois et fait partie d'une troupe de théâtre amateur dans laquelle l'entraîne son mari. Elle se met à composer quelques textes qu'elle réunit sous le titre : Contes et récits de la cagouille (Delmas, 1946) ; c'est son premier livre, il est illustré par Maxime Dunesme. Toujours dans la même veine, elle publie Nouveaux Contes de la cagouille (Delmas, 1948). Entre patois et poèmes, elle se cherche encore, publiant chez Claude Suite Bonheur de Saintonge (Mélusine, 1956). Mais ce qui l'emporte dans sa création et dans sa notoriété est la rubrique hebdomadaire en patois qu'elle tient depuis 1947 à Sud-Ouest sous le nom de Babluches et jhavasseries. Elle commence d'ailleurs à multiplier ses spectacles publics, et ce avec succès. Elle prend d'ailleurs progressivement le pas sur Goulebenéze dans l'estime du public. Son patois, pourtant plus « pointu et bourgeois» que celui de Goulebenéze, passe mieux la rampe. Son bon chic bon genre de « cheftaine » fait alors meilleur effet que le côté vaguement « anar » dans lequel aime à se complaire Goulebenéze. Curieusement, avec le temps et leur disparition à tous deux, l'image de Goulebenéze s'est nettement redressée en celle du grand barde charentais alors que celle d'Odette Comandon tend à s'estomper. En 1952, après la mort de Goulebenéze, elle refonde la troupe du Tréteau saintongeais avec Pierre Machon. C'est l'occasion de donner une nouvelle fois La Mérine à Nastasie. Elle est dès lors l'incontestable chef de file des fêtes saintongeaises, avec un public nettement plus large que celui que réunissait Goulebenéze dans sa dernière période. C'est l'époque (1959) où elle est élue membre de l'Académie de Saintonge (ce à quoi jamais Goulebenéze n'aurait pu prétendre...); en 1965, elle en devient même le directeur, animant avec beaucoup d'humour ses séances publiques. Cette même année, elle entre aussi à l'Académie d'Angoumois. Une de ses caractéristiques est d'ailleurs de savoir varier son registre pour l'adapter à son public : une gouaille policée à l'Académie, des clins d'oeil plus populaires dans ses tournées. Ses pièces de théâtre se multiplient: La Ganipote (1953), Pire Entorse (1957), Feu Célestin et L'Air anatoumique (1958), La Fête à Siméon (1959), L'Ouillette (1962), Le Beurgaud roughe (1965)... Elles obtiennent toutes un franc succès. Conférences, édition de disques, émissions de radio, publication de textes, articles de journaux, animations de galas et de foires, soirées de confréries, les années 1960 et 1970 sont celles de plus grande présence publique et médiatique d'Odette Comandon. Remariée en 1974 à Jacques Faucheux, elle se retire à Royan. Voir C. Genet, Odette Comandon, la ,havasse des Charentes, chez l'auteur, 1998.
Membre de l'Académie de 1959 à 1997.