Joël Pierre pour son livre : Les constructions navales à Rochefort

Rapport de Marc Fardet

Joël Pierre est un chercheur inlassable, d’une ténacité exemplaire. En écrivant ce livre, il a voulu rendre hommage à son grand-père Charles Bayet, matelot fusilier qui participa en 1915, à bord du torpilleur l’Oriflamme, à la première victoire navale française contre la flotte allemande. Ayant connu l’arsenal de Rochefort en activité, Charles Bayet confia à son petit-fils combien il regrettait qu’aucun ouvrage n’illustrât l’histoire de la construction navale dans ce port militaire. Joël Pierre fit alors un travail de titan : durant environ douze ans, il dépouilla plus particulièrement les archives du port de Rochefort conservées au Service historique de la Marine, afin d’établir une liste exhaustive de 550 navires construits dans l’arsenal, auxquels il ajouta ceux des ports voisins. Il dépouilla aussi à la médiathèque les Tablettes des Deux Charentes. L’auteur nous donne tous les renseignements utiles : le type, le nombre de canons, l’auteur des plans, le nom des ingénieurs constructeurs, les événements importants (capture, naufrage), le déplacement ; les dates de mise en chantier, de mise à l’eau et de radiation. Il fait revivre deux siècles de constructions navales en illustrant son livre de dessins et gravures de l’arsenal et de photographies de navires, dont les clichés sur verre de la direction des Constructions navales, depuis le vaisseau l’Intrépide mis à l’eau en 1864 et devenu, en 1890, le Borda (École navale flottante de Brest), jusqu’aux sous-marins le Plongeur, premier sous-marin expérimental qui fit ses essais dès 1863, et le Laplace mis à l’eau en 1919. Il n’a pas manqué d’étudier aussi les avisos à roues, les croiseurs cuirassés et les contre-torpilleurs. Rappelons que l’arsenal fut définitivement fermé en 1927. Joël Pierre a demandé diverses contributions : un liminaire à Bernard Grasset, maire de Rochefort, un avant-propos au contre-amiral Maurice Dupont et une importante introduction historique à Martine Acerra, historienne de l’arsenal de Rochefort aux XVIIe et XVIIIe siècles. J’ai eu moi-même le plaisir d’en écrire la préface et je suis très heureux aujourd’hui de lui remettre cette médaille.