Dominique Chailloleau, pour « Oléron, des racines et des ailes »

Dominique Chailloleau, pour « Oléron, des racines et des ailes »

Prix de l’Île d’Oléron

Dominique Chailloleau, pour Oléron, des racines et des ailes (Ed. Terres de l’Ouest)

Rapport : Christine de Ponchalon

Dominique Chailloleau - Oléron, des racines et des ailes - Tome 1 et 2

C’est une longue histoire que nous raconte Dominique Chailloleau. Elle commence très mal au début du XIXe siècle mais finit très bien, à notre époque. Un drame, une fuite, dans le milieu insulaire des petites gens d’Oléron, des travailleurs de la terre sans avenir et ni autre horizon que l’océan et le dénuement. L’exilé dont Dominique Chailloleau nous conte le très long voyage ne reverra pas son île et mourra dans la lointaine Baie d’Hudson. L’occasion pour l’auteur de décrire l’impressionnante nuit polaire, les saisissantes aurores boréales où rode l’ours blanc affamé.

Ce qu’il y a en commun entre les métayers pauvres de l’Île d’Oléron et les inuits, c’est cette perpétuelle quête de nourriture, et des moyens de survivre. Notre société d’abondance, du moins dans nos modernes contrées en paix, ne peut imaginer cette obsession quotidienne d’assurer le prochain repas.

Dominique Chailloleau part, de très loin, sur le chemin de la quête des origines. Une longue route que l’on imaginait pas, car nous pensons, souvent à tort, que l’on ne s’échappe pas de sa condition. Et que l’ailleurs n’est qu’une autre impasse. Le retour sur l’île de descendants inattendus, inespérés, de l’homme exilé , nous envoie un message d’espoir : bien sûr il y a des voyages dont on ne revient pas, mais le hasard, la ténacité, la quête des origines peuvent amener chacun à se retrouver.

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