Blandine Merle, pour « Naître et mourir, poèmes »
Prix de la Ville de Saintes
Blandine Merle, pour Naître et mourir, poèmes (Gallimard)
Rapport : Christophe Lucet

L’enseignante avait publié en 2011 son premier recueil de poésies, Par oboles, chez un petit éditeur du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire). Blandine Merle a cette fois eu les honneurs de la prestigieuse Collection blanche de Gallimard pour ce nouveau recueil au titre un peu intimidant. Mais entre le mystère de la naissance et celui de la mort, cette mère de trois enfants qui fut bénévole en unité de soins palliatifs pendant une grossesse élabore avec une sensibilité aussi humble que pénétrante ses passerelles de mots. Ses vers libres, pesés délicatement en écho à d’autres vies que la sienne, font effraction dans l’intime de celle qui surgit et de celle qui vacille.
Professeur agrégée de lettres dans un collège de Poitiers après avoir exercé son métier à Saintes (à Notre-Dame de Recouvrance) et Cognac (lycée Saint-Joseph), cette native de Montmorillon (Vienne) passée par Paris a autant de goût pour la littérature, qu’elle pratique en passion nécessaire, que pour son enseignement, l’une nourrissant l’autre. Lorsqu’elle ne dévoile pas à ses collégiens les arcanes des contes de Charles Perrault, des comédies de Molière ou du Moby Dick d’Herman Melville, Blandine Merle s’adresse en conteuse à ses lectrices et lecteurs avec la même volonté de faire sentir et de transmettre. Sa pédagogie et son écriture ont en commun de donner à lire et d’ouvrir en liberté le champ de l’interprétation.
Il paraît que ses élèves sont fiers de la notoriété de leur professeur. Et notre académie est ravie de leur donner un encore peu plus raison.






